« La plus grande chose du monde, c’est de sçavoir estre à soy » (Montaigne, Essais).

Ces oiseaux ne peuvent vivre qu’en multitudes et sous la loi de leur espèce.
L’homme pénitent sort de l’animalité, il peut se démultiplier et vivre libre en petites unités.
Photo : uttammullick (Pixabay)
« Être à soi », c’est être individuel et libre.
Dans la masse il n’y a ni individualité ni liberté ; il n’y a que citoyenneté et autorisations.
Or, la Vie (Signe 24/5) sera individuelle et libre.
La pénitence qui mène à la Vie est individuelle et libre. Le salut est individuel et libre. L’homme, étant social, n’a qu’un moyen de retrouver totales individualité et liberté, c’est de vivre au milieu d’un petit nombre d’individus libres.
Le monde a des idées très arrêtées. Il dit : L’homme ne peut pas changer. Quelques uns disent quand même : « Admettons qu’il puisse changer individuellement, mais changer la société non, il ne peut pas ! » Pourtant, le monde doit changer (Signe 28/7) et c’est par la pénitence que l’homme changera le monde en changeant soi-même, dit le Père.
Ainsi nous Pèlerins d’Arès sommes pénitents sans complaire aux idées du monde, qui nous voit comme des hurluberlus.
La Voie Droite est un malentendu avec le monde ; de ce malentendu sortira le miracle d’un monde changé, un beau jour, et le monde ne le voit pas ou, s’il le voit, ne le croit pas. C’est ce gros et long rire ou soupir du monde qui nous permet d’agir inaperçus.
Nous commençons le phénoménal travail — phénoménal parce que réputé irréalisable — d’introduire l’esprit de pénitence (Signe 28/25) dans le monde. Le Créateur étant avec nous, le projet est réalisable ; c’est un acte de foi. Jamais foi ne sera mieux devenue raison.
Nous préparons le monde des états, sans qu’ils s’en doutent, à l’engloutissement comme dans un brouillard, effaçant leurs frontières, dispersant leurs masses et constellant le monde d’innombrables petites unités sociales à l’image de l’espace des âmes. Cela se fera lentement, peu à peu, mais se fera, quand l’homme réalisera, de lieu en lieu, que la vie de masse fait de lui un esclave. Il comprendra que seules des petites unités autogérées de pénitents libres (10/10) hors de la multitude (12/8-9, 26/1, 37/2) peuvent vivre dans le Bien (xxxiii/11).
Seules des petites unités (xLv/19) sociales peuvent vivre à l’image d’Unité du Créateur (Deutéronome 6/4). Le salut personnel est assuré par la pénitence depuis longtemps, mais socialement parlant l’amour, le pardon et la liberté ne sont féconds et créateurs que dans des petites unités. C’est seulement dans des petites unités sociales que l’homme peut vivre sous la Voix et défaire le nœud (xLii/13) de la loi (xix/24).
Alors le monde, quel que soit le nombre, redeviendra un Jardin (xvi/17).
Le mal persiste, s’étend, approche de l’irréversibilité. L’homme est libre (10/10) de s’animaliser et ne s’en prive pas. Mais il est aussi libre de se respiritualiser avant qu’il n’atteigne le péché des péchés (Signe 38/2). C’est pourquoi le Créateur par Le Signe rassemble des humains clairs et blancs (xvii/12), des pénitents (27/7), et les envoie moissonner d’autres pénitents pour changer le monde (28/7) de Mal en Bien. Le Bien est le Feu de la Vie spirituelle, seul capable de vaincre le mal qui peu à peu enténèbre et glace l’humanité (ténèbres glacées, 16/15, 33/33).
Viens prendre le Feu ! (xLi/7) est synonyme de Viens prendre le Bien !
Ayant abandonné la Sagesse qui est dépourvue de science (33/6), la science humaine voit aujourd’hui le mal comme normalité. C’est le point terriblissime de l’Histoire.
Le mal, entre autres nocuités, assujettit tout ce qu’il touche ; notamment il regroupe les multitudes et domine sur elles, les masses. Il les place sous la férule politique des pouvoirs de plus en plus puissants qui systématisent les masses.
Or, le manifeste du Bien qu’est Le Signe rappelle la valeur sacro-sainte de l’individualité libre, l’inverse de la masse. Autour du noyau du petit reste de pénitents la masse se dissoudra en petites unités. Plus développé le petit reste, moins lente la dissolution. Chaque homme redeviendra une personne, un enfant distingué du Père, de génie libre.
Il n’existe pas de pénitence, donc pas de bien, de masse. Seul l’homme libre peut retrouver l’image et ressemblance de son Créateur (Genèse 1/26-27). C’est dans des petites unités humaines que réapparaîtront les sacro-saints ferments du bonheur (36/23), les Jardins (35/2) par milliers, ces nations qui se libéreront et qui reviendront vers le Plan Créateur (28/21).
Les gens qui écoutent nos appel au Bien et au retour du pouvoir de l’individu sur lui-même ne sont pas contre, mais pensent que c’est un rêve, une super-utopie. Ils ne pensent pas ainsi par stupidité ; ils se disent que le monde est manipulé d’une main de fer par quelques cliques religieuses et politiciennes indéboulonnables, fatales.
Les gens avaient cru qu’en abattant la monarchie on érigerait la démocratie et un monde heureux. La démocratie se montrant moins autoritaire mais aussi vicieuse et incompétente que la monarchie, ils crurent qu’en abattant le capitalisme on réaliserait vraiment le rêve d’un bonheur universel. Il n’en fut rien. » L’URSS, une masse, fut un énorme échec, mais l’emprise des puissants demeure sur les masses et devient de plus en plus troublante. Les gens ne croient plus en rien.
Dans « Demain, qui gouvernera le monde ? » Jacques Attali, écrit : « Le monde sera de moins en moins sous le contrôle d’empires et de plus en plus sous celui du marché, » mais Le Signe dit en substance que le marché pas plus que les empires ne peut rendre les hommes bons et heureux. « Il faudra un gouvernement mondial… le monde entier comme état de droit, » ajoute Attali, qui croit cela inévitable et souhaitable. Pour le coup, Attali — que j’aime et estime — ne voit pas l’humanité comme elle est. N’a-t-il pas appris, Attali, que rien que la figue a neuf cent espèces et que chaque espèce de figue a sa mouche spécifique ? Spinoza confondant Dieu et la Nature, sauf que la Nature ne pense ni ne parle pas tandis que Dieu pense et parle, a au moins vu que Dieu est Source d’infinies diversités. Attali, lui, ne voit pas que l’extrême diversité même des humains, de leurs vocations et de leurs besoins montre qu’ils sont des créatures faites pour la liberté, qui ne retrouveront le Bien que libres. La prison des lois a déjà éteint leur bonté et en a rendu mauvais un grand nombre ; elle ne peut que les rendre plus anormaux et dangereux, si on l’internationalise.
Nous ne sommes pas envoyés réveiller un christianisme endormi, parce qu’il n’a pas encore jamais existé socialement ; il n’a existé qu’individuellement de ci de là — le jars (xxxvi/3) — . Nous sommes envoyés fonder le vrai christianisme social, celui préconisé par le Sermon sur la Montagne. Nous savons que la plupart des gens qui nous écoutent ne sont pas prêts à bouleverser leurs points de vue habituels ; ils tiennent pour acquis que les masses augmenteront et qu’augmenteront les lois qui les gouvernent. Nous nous faisons les échos de la Parole du Père qui dit tout le contraire ; nous enseignerons avec patience que les masses se disperseront et que les lois disparaîtront. Nous devons convaincre les hommes qu’ils suivent le spectre du faux rationalisme qui hante le monde actuellement comme ils suivaient le spectre de la religion il y a peu de temps encore, mais qu’ils se trompent !
Il y a vingt-sept siècles, un temps bref dans l’histoire du monde, par la voix de Jérémie (4/7) le Père prévenait déjà du désastre de la massification opérée par les inventeurs de gros pays projetant de conquérir et agglomérer les petites nations ou unités sociales : Un lion est sorti de son repaire, un destructeur de nations, pour faire de ta terre un désastre. C’est le contraire que le Père préconise : Les nations (petites unités sociales) reviendront vers Moi (Signe 28/21). Il faut disperser la masse, redonner à l’homme sa liberté. Beaucoup de nations, petites unités acceptant au fur et à mesure de leur ré-apparition un seul principe, l’autogestion dans l’amour. Ce ne sont pas des lois qui restaureront l’Éden, mais la Vie. Où est-il dit qu’Éden fut un séjour d’un seul tenant ? Nulle part. Mille, dix-mille, cent mille petits Éden ne font qu’un seul Éden, parce que c’est la qualité, non la quantité, qui le fait.
© Michel Potay 2015 — Tous droits réservés


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