Non, le Moyen-Orient n’est pas seul à me tourmenter. Je pleure sur d’autres martyres, comme celui du Darfour, où pour une fois les Occidentaux ne sont pas fauteurs de guerre.
Le Darfour, c’est l’ouest du Soudan. Dans les conversations je constate que peu de gens situent bien le Soudan. Schématiquement, un vaste pays d’Afrique Orientale. Il commence à l’Éthiopie et à la Mer Rouge juste en face de La Mecque. Il longe l’Égypte au nord. Il s’étend à l’ouest jusqu’au Tchad, frontalier du Darfour justement, et jusqu’à la République Centrafricaine. Au sud il longe la République Démocratique du Congo (ex-Zaïre), l’Uganda et le Kenya. Puis il remonte le long de l’Éthiopie et de la Mer Rouge à l’est. Ainsi tourne-t-il sans fin autour du Nil qui le traverse du sud au nord, sa capitale Khartoum, fameuse par quelques épopées hollywoodiennes, plantée au confluent du Nil Blanc et du Nil Bleu.

Domaine public en tant qu’œuvre des employés fédéraux américains (Wikimedia)
Le problème du Soudan est moins sa vasteté (5 fois la France) que sa pauvreté économique et surtout la complexe diversité de sa population. Jadis déjà multi-culturelle mais entièrement noire, la population fut plus ou moins chrétienne du 6e au 13e s. Ensuite, le métissage et l’islamisation par les Arabes atteignirent des proportions telles qu’on peut dire qu’à partir du 15e s. le Soudan a été arabisé et musulman. Néanmoins, une minorité soudanaise non négligeable est restée chrétienne ou animiste (religions africaines), en rebellion presque permanente, surtout au sud, contre le gouvernement musulman depuis des siècles.
L’arabe est la langue officielle, mais 32 langues africaines inintelligibles entre elles y sont également parlées. On imagine facilement les conflits qu’une humanité aussi hétérogène, où les rancunes et les peurs sont ancestrales, peut engendrer. Et pourtant, au Darfour, ce n’est pas une rebellion de non-musulmans contre le gouvernement mulsulman qui cause la désolation, mais une guerre entre tribus musulmanes à laquelle se superpose une guerre entre ambitieux musulmans locaux, ces tribus et ces ambitieux locaux combattant en même temps le pouvoir musulman de Khartoum… Une situation islamo-islamique tellement compliquée qu’elle est indescriptible dans l’espace minuscule d’une entrée de blog. Je ne peux que résumer ce que les témoins, hélas et unanimement, rapportent du Darfour : massacres, ruines et déportations.
J’ajoute, à propos du Soudan en général, que la partie arabe ou arabisée de sa population colonise littéralement la partie noire encore attachée à ses racines africaines. Ainsi Al-Qaeda, dont l’idée-clé est qu’il faut par tous les moyens empêcher l’Occident de procéder à la re-colonisation des pays musulmans, est-elle prise en flagrant délit d’hypocrisie au Soudan, où l’Islam colonise les peuples non-islamisés. L’image de la paille et de la poutre (entrées 0042 et 43) s’applique à l’Islam comme à Rome et partout ailleurs. Pour comble de contradiction, ou peut-être simplement parce qu’il est en panne d’argument pour empêcher un parachutage de casques bleus qui stopperaient (rien n’est moins sûr) le martyre du Darfour, Khartoum accuse l’Occident de vouloir re-coloniser le Soudan. Résultat : l’ONU lui-même, dont le secrétaire général est un noir, Kofi Annan (ghanéen), hésite à intervenir et le Darfour continue d’être ravagé. Khartoum a quand même tenté d’arrêter cette guerre du Darfour, mais n’a pas pu y parvenir. On dit même qu’il arme de kalachnikovs les milices Janjawid (en arabe : cavaliers du diable) qui tuent et persécutent les pauvres civils darfourites. Mais on dit aussi que c’est faux, que la situation est à ce point obscure qu’il est impossible de déterminer d’où viennent armes et munitions et qu’en fait, tout cela arrive simplement et tragiquement du fait de brigands ivres de sang qui s’abritent derrière le Coran. On en a vu d’autres s’abriter derrière la Bible, ou Marx… Le péché parcourt le monde sous des parapluies de toutes les couleurs.
Peut-être cette triste affaire finira-t-elle quand tous les Darfourites seront morts ou retournés à l’esclavage ? Le Soudan comme l’Irak, l’Afghanistan, le Liban, la Palestine, Israël, m’empêche de dormir.
Vous pouvez les consulter en cliquant sur ce lien.
© Michel Potay 2006 — Tous droits réservés


Le Darfour n’empêche pas de dormir les Français
Les candidats à l'élection présidentielle de 2007 ne parlent pas de leurs projets pour le Darfour (l'Irak, la Palestine, etc.) ? La raison, je le devine, est simple : Le Darfour (l'Irak, la Palestine, etc.) n'empêche pas de dormir les Français à peu près exclusivement préoccupés par l'emploi, la retraite, la sécurité, les problèmes franco-français. C'est vrai, aux heures de grande écoute, je n'entends pas parler du Darfour. Certaines chaînes françaises au "13 heures" semblent plus préoccupées par la survie des épiceries-buvettes dans le Berry profond ou des garages de réparation automobile en Lozère que de la survie du Darfour. Il est clair qu'on ne sert aux clients de la télévision française que des sujets auxquels ils ont l'impression de participer ou qui leur font croire qu'on s'intéresse vraiment à eux. Je n'ai rien contre la survie des épiceries-buvettes et des petits garagistes de campagne, bien au contraire (ah ! le petit carillon, l'odeur de vanille et la pénombre des épiceries "Au Bon Accueil" de mon enfance), mais il est vrai que nous ne sommes pas les seules créatures du Créateur sur la planète et qu'il faudrait l'entendre dire de temps en temps sur les chaînes grand public. Heureusement — mais il faut chercher, c'est hélas vrai — on trouve des informations concernant le Darfour (l'Irak, la Palestine, etc.) sur des chaînes spéciales. [46C3*06/10/2006]
Sur la mission
La mission encourage les hommes à faire pénitence, donc à changer en bien, parce que c'est par là que tout commencera. Par-là, nos moissonneurs ont entrepris de rééduquer l'humanité en commençant par se rééduquer eux-mêmes (changer leurs vie 30/11) et par chercher et récolter (gerber) le blé de ceux déjà semés et enclins à devenir des hommes du temps qui vient. [46C10*17/10/2006]
Sur L'école et l'éducation au service du changement des mentalités
Pour ce qui est de "l'école", c'est un sentier auquel nous avons pensé, évidemment, mais qui se heurte à la loi de ce pays qui n'autorise personne à ouvrir une école qui ne suive pas le programme officiel de l'éducation nationale. Nous avons parfaitement conscience que c'est par l'éducation, surtout celle des enfants, que nous changerons les mentalités de la façon la plus efficace, mais pour le moment nous ne pouvons qu'éduquer nos propres enfants à la maison. La route du changement sera donc longue et lente, mais plus nombreux nous serons, moins lentement les choses iront. [46C10*17/10/2006]
Sur la pénitence
La pénitence n'est pas un simple "examen de conscience". Elle est une entreprise effective d'autorecréation, car le pénitent entreprend réellement de cesser d'être pécheur (Signe 30/10) et de changer sa vie en bien actif (30/11). [46C11*20/10/2006]