Nous voilà parvenus à l’entrée 200 de michelpotayblog.net. qui s’est d’abord appelé freesoulblog.net.
Je conçus ce blog en 2006 en langage HTML. L’été 2018, un informaticien alarmiste me dit que l’HTML va disparaître être remplacé par le PHP avec base de données MySQL comme dans WordPress. Je viens d’entrer dans ma quatre-vingt-dixième année. Devrai-je changer mes habitudes ? Je ne sais pas. J’essaierai si c’est vraiment nécessaire. J’espère, en tout cas, que les navigateurs resteront capables d’afficher ce que j’écris en HTML 4 et 5 depuis 2006.
Christiane, mon épouse qui me vit me morfondre pendant les longues années où mes frères et sœurs de foi me tinrent à l’écart, me dit parfois : « Votre idée de créer un blog vous a sauvé de l’isolement. Le blog permet aux pénitents et moissonneurs et à d’autres de comprendre Le Signe comme il faut le comprendre. »

Antigone surprise à enterrer dignement son frère Polynice.
Comme Antigone mon blog s’efforce de sauver le monde de la loi des rats (xix/24) qui le prédestine à une indigne corruption.
Photo : VladoubidoOo (Wikimedia)
Il n’existe pas une seule chose sur terre qui plaise à tous les hommes. Il y a aussi des choses qui, quoique capitales, vitales même — à l’aune du temps (Signe 12/6) le péché des péchés (38/2) pourrait être une atroce fin des hommes —, ne restent connues que d’un très petit nombre. C’est le cas de ce blog.
Au printemps 2018, un dimanche matin, sœur Christiane partie acheter un poulet au rôtisseur du marché de st-Augustin, le téléphone sonne. Je suis seul ; je décroche. Une voix distinguée, un peu lasse d’homme âgé, me dit en substance : « Il y a trois grands livres : ‘L’Idiot’ de Dostoïevski, ‘Robinson Crusoé’ de Defoe et ‘Don Quichotte’ de Cervantes, mais il y a au moins un grand blog, qui vaut un hommage particulier, celui de Michel Potay. Dites-le lui, s’il vous plaît ! Il démasque Dagon l’imposture qui dure encore ; il redresse les colonnes et les murs du temple qui fut philistin [allusion à Juges 16/22-31] et aujourd’hui il le voue au vrai Père. » Moi : « Je suis Michel Potay. Qui êtes-vous ? » Lui : « Je suis heureux de vous entendre. Je ne peux pas me faire reconnaître. Je suis désolé. » Moi : « Mon frère, voilà bien le problème ! On me connaît comme on connaît Antigone. Un type sympa, mais bof ! un type qui donne une digne sépulture au monde spirituel mort. Ça ne sert à rien, pense-t-on, alors on le laisse emmurer vivant derrière les moellons du silence. Mais je n’enterre pas l’homme spirituel ; je le ressuscite au contraire. » Il se tait, puis il raccroche.
Mon blog est mon Antigone. Antigone, moins par tendresse sororale que par amour aigu de la créature sacrée qu’est l’homme, rejeta la loi du roi Créon qui ordonnait que Polynice, son frère mort, fût abandonné aux chiens, aux rats et pourrisse à la vue du monde. Parce qu’elle avait voulu révérer en son frère l’humain, Créon fit emmurer Antigone vivante. Comme Antigone préféra mourir que de renoncer à son amour pour l’homme frère, je préfèrerais mourir que de laisser déchiqueter et pourrir le monde, auquel j’appartiens, et où je pourrais revenir, une fois relevé des morts (Signe 31/11), le Jour (31/8) où les humains auront vaincu le mal. Je lutte pour que ce monde déjà spirituellement mourant, peut-être bientôt mort, ne disparaisse dans le péché des péchés (38/2), pour que je ne reste pas indéfiniment une âme — si ma piètre pénitence me vaut une âme — courant entre les étoiles (vi/1-7), mais pour que je sois un vrai co-créateur du monde, un co-créateur entier, chair, esprit et âme (17/7), pour que je sois Un (xxiv/1) dans l’Un.
Pour l’heure, nous Pèlerins d’Arès ne formons parmi sept milliards d’humains qu’une toute petite paroisse de pénitents sur les rivages de la Mer (Signe 18/4, xxi/12, etc.) qui nous sépare du Père devenu si lointain. Le blog est notre petit bulletin paroissial. Dans ce monde où même les idées sont techniciennes, systémiques, nous sommes des apôtres sans théorie, ni dogmes, ni système, de simples Enfants (Signe 13/5) de la Vie (24/5), rien de plus que des gens de foi. Les gens de foi doutent toujours ; c’est même à cela qu’on les reconnaît, parce qu’ils savent que la Vérité absolue n’est plus accessible au petit cerveau humain — 10 % du cerveau fonctionnent seulement, disent les uns, un peu plus disent d’autres — encombré par les préjugés, les théories. Ne voit-on pas les Catholiques, les Orthodoxes, les Protestants, les Sunnites, les Chiites, les Juifs de cent sujétions, etc., « enfermés dans leurs donjons, incapables de s’écouter mutuellement ? » disait Gœthe. Gœthe ajoutait : « N’est vrai que ce qui féconde. Rejetez les principes et des dogmes stériles, que proclament les puissants ! » Les Français tendent fâcheusement à la modélisation, aux structures, à la sémiologie, aux codes… Nous Pèlerins d’Arès en sommes tout le contraire. Nous, quoique français en majorité, passons ainsi pour ignares et niais, alors que c’est nous qui retrouvons les sentiers libres vers les Hauteurs.
Beaucoup lisent ce blog, parce qu’il dit vrai, mais se gardent d’en parler et de dire qu’ils le croient au fond, voire même au Fond (Signe xxxiv/6). Ce blog lutte, comme Antigone lutta, contre ce respect humain qui fait que tant de gens se cachent derrière la loi écrite et la loi des habitudes, qui sont toujours celles du roi Créon, contre lesquelles ils maugréent, mais dont ils ont peur. Tant de gens n’osent pas avouer qu’il faudrait — ah ! ce conditionnel — ne plus se cacher du Mal qui gère la société.
Alors, ce blog continue. Il finira par être remarqué par beaucoup.
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