(Photo : Chris Linnett, Unsplash)

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Ô jeunes frères et sœurs, rappelez-vous ma leçon du 21 octobre  : Vous n’êtes pas propagandistes, mais apôtres. La moisson est un acte sacré. Vous vous sacraliserez avant chaque mission par la prière, parce que c’est Le Signe que vous accomplissez et demandez au monde d’accomplir. Vous êtes la lumière (Matthieu 5/16, Signe xxii/7) et j’ajoute ici que vous êtes l’amour. L’amour est la fleur essentielle du sacré. L’amour évangélique.
Comme le français est pauvre  ! Un seul mot  : amour, et son verbe aimer pour parler non seulement d’inclination, d’attirance, de choix, d’envie, de passion, qui ne sont que contingentes ou éventuelles, mais aussi de la volonté d’identification aux autres qu’est l’amour évangélique,.
Si j’aime évangéliquement, c’est parce que par devoir et pour mon salut et le salut du monde je veux m’identifier à l’autre, quel qu’il soit.
Ce « quel qu’il soit » montre qu’en aimant je m’intègre à l’humanité entière, je la retrouve en moi. J’ai pour l’humanité la compréhension, la patience, l’écoute et la compassion que j’ai pour moi-même  : Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Lévitique 19/34).
Mais voilà la difficulté  : L’amour évangélique se commande contrairement aux autres amours, sentimentaux, romantiques, parentaux, filiaux, charnels, qui ne se commandent pas. C’est pourquoi l’amour évangélique, amour pour tous les humains y compris ceux qui ont le pus, le ver et l’hameçon à la lèvre (Signe xxii/8), est un acte de pénitence, acte délibéré, existentiel s’il en est, comme le pardon de toutes les offenses,  comme la paix, comme l’intelligence (32/5) spirituelle contrepoids de l’intelligence intellectuelle, comme la liberté absolue, état de l’être libre (10/10) de tous préjugés et toutes peurs.
Aimer évangéliquement est donc aimer absolument comme le Père aime absolument, de sorte qu’Il se désigne comme Père trop aimant (Signe 12/7), parce qu’Il aime au-delà de ce que l’homme appelle communément aimer. Le Père aime absolument comme Il est absolument libre de tous préjugés et peurs ainsi que Son image et ressemblance, l’homme, doit se rendre libre. C’est assez dire qu’aucun de nous n’atteindra à l’amour idéal avant des générations, mais que dès aujourd’hui nous ferons l’effort maximum d’aimer.
Dans l’état actuel des choses, tout humain d’amour évangélique subira les avanies des méchants et des sots, mais il aura sur eux un énorme avantage, invisible sur le moment, vrai dans l’absolu  : Il ne connaîtra pas l’oubli, ni l’Oubli de Dieu ni l’oubli des hommes, quel que soit le mépris des rationalistes qui répandront sur ses pas le poison subtil de la rumeur méchante. Pour autant l’Assemblée ne fait pas de lui une image pieuse ou un mythe, elle en fait simplement un travailleur du Salut universel. L’humain qui aime évangéliquement dégage de la nuit et de la poussière des millénaires des forces que l’humanité cynique ne voit pas, mais qui sont capables de recréer ce monde. L’amour évangélique est toujours un point de référence.
L’humain trop aimant à l’image du Père trop aimant répare l’horrible schizophrénie du monde, rend possible l’impossible unité, reconstitue l’être dilué dans le système d’Adam (Signe 2/1-5), conjure la malédiction des cités-Babel et des nations-Béhémoth qui étouffent les petites unités humaines restantes, contredit le mensonge qui couvre la terre. Celui qui aime s’engage, esprit, âme, chair et sang dans l’existence de ce monde pour le refaire. Nulle recréation du monde sans amour  !
À l’aléatoire et éphémère de ce monde l’humain trop aimant oppose l’image invisible, mais toujours vivante au fond de lui, inviolable et indissoluble, du jardin à restaurer  : Éden. L’amour seul retissera les liens relâchés ou défaits de l’humanité. C’est cette réfection qu’on appelle Salut, parce qu’aimer, c’est relier, rejoindre.
Oh  ! l’aimant n’ignore rien des angoisses et conflits inapaisés de l’âme, des froids intérieurs, mais il peut les surmonter  ; par l’amour il retrouvera peu (dans cette génération) ou beaucoup (dans les prochaines générations) cette énergie vitale qui recréera la Terre. Il faut tout recoudre entre les hommes et l’amour lui redonne le fil et l’aiguille. Le fil casse souvent, mais l’aimant a commencé la longue reconstruction existentielle du monde. Il devient le héros (Signe xxxv/4-12) aimant.
L’amour
épuise l’orgueil belliqueux et vain des croisés, il remplace le bras d’homme  : bras débile (Signe 33/20), de moumia (de momie xLix/7) de Noir (xviii/11), bras qui pend (xxvii/5), du méchant (36/13), du crucifié (xxxi/2), par le Bras du Créateur  ; alors, par l’amour, l’épée qui tue devient l’épée qui crée (35/14).
L’amour,
fleur du sacré, rose éternelle le long du sentier vers les Hauteurs Saintes permettra de retrouver le Jardin perdu.  Quoi d’autre que l’amour nous permet d’échafauder des projets pour changer le monde (Signe 28/7), pour revisiter l’Éden perdu  ?
L’amour seul armera le sacré et affaiblira le mal. L’amour du prochain, de celui à qui nous nous identifions, ami ou ennemi (Matthieu 5/43), sentant en nous ses joies comme ses douleurs, l’amour seul nous donne une prémonition de notre propre existence. Rien comme l’amour ne fera de votre vie quelque chose de plus cohérent et fort.

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