Chaque année quand je fais le Pèlerinage, à l’objet essentiel de ma piété — celui commun à tous les Pèlerins d’Arès (voir 0017): le ré-enracinement à la Parole sur le lieu où le Créateur lui-même la replanta — j’ajoute une mortification (Signe 33/26-34) pour nos frères et sœurs défunts, dont je sens l’invisible présence sur ce lieu où ils priaient avec nous. En 2006, j’y surajoute mon aumône à d’autres défunts, une mortification pour les Irakiens morts depuis 2003 des violences de la guerre dans la solitude, sans parents ni amis pour les pleurer (33/34).

[DR] Source et auteurs inconnus

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La seule morgue de Bagdad a enregistré 49.137 morts sous la violence (exécutés par balle, battus à mort, torturés, décapités, etc.) entre le 5 avril 2004 et le 1er juin 2006. Notons au passage qu’il faudrait ajouter à ce chiffre les morts militaires et policiers irakiens, dont le nombre n’est pas révélé. La province d’Al Anbar, entre Bagdad et la Syrie, traverse des troubles (chaos administratif, violence continuelle, téléphone coupé) tels qu’en trois ans le compte des victimes de la guerre n’a jamais été fait. Certains officiels irakiens estiment que, depuis mars 2003, les morts irakiens de la guerre, civils et non-civils confondus, se montent à plus de 100.000 ; d’autres parlent de 200.000, voire davantage. Pour une population de 22 millions, ça représente 1%! Les forces américaines dans la même période ont eu 2520 morts, ce qui est déjà beaucoup pour un envahisseur suréquipé.
Bref, tandis que Saddam Hussein est actuellement traduit en justice pour l’exécution de 148 Irakiens et sera vraisemblablement condamné à mort, nous pourrions, si nous n’étions pas adversaires de la peine de mort et si nous versions dans l’humour noir, nous demander quel châtiment conviendrait à l’administration américaine qui, depuis qu’elle attaqua l’Irak, a causé 1.000 fois plus de morts que celles pour lesquelles on juge Saddam en ce moment.

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© Michel Potay 2006 — Tous droits réservés