Le 1er juillet, les Britanniques commémoraient l’énorme prix humain payé sur la Somme le 1er juillet 1916 et je me pris à méditer le prix exorbitant de nos combats socio-politiques.
![Une tranchée anglaise : [photographie de presse] / [Agence Rol]](https://www.michelpotayblog.net/wp-content/uploads/bataille-somme-1916-300x216.jpg)
Une tranchée anglaise : [photographie de presse] / [Agence Rol]
Combien de glorioles, sources de douleurs ou de problèmes, au nom d’idéologies en « isme », allons-nous encore imaginer ? Même si les 35 heures, la grande attaque socialiste sur « le front du travail » n’a pas coûté de vies humaines, elle a dans le même esprit idéologique abîmé notre outil de production et les perspectives de créativité, donc d’emplois — « pour avoir les patrons » comme c’était « pour avoir les boches » (1916), « pour avoir les aristos » (Russie, 1917), « pour avoir les riches » (France, 1936), « pour avoir les juifs » (Allemagne, 1937), « pour avoir les amerlos » (New York, 2001). Aucune de ces fausses gloires, quand elles n’ont pas apporté que des méfaits, dans la brutalité d’armes ou de lois de fer, n’a résolu de problèmes qui ne se seraient tôt ou tard résolus dans la paix ! La seule vraie gloire (Signe 37/9) sera celle d’Éden retrouvé, non retrouvé dans la vengeance sans fin (27/9), mais retrouvé dans l’amour, le pardon, l’intelligence et, ne les oublions pas, la mesure, la patience (35/7) et le travail (37/8).
« Oui, mais nous ne voulons pas d’économie de marché concertée entre riches, » me dirent récemment certains, peut-être bien altermondialistes. Je leur répondis : « Si vous êtes pressés, si vous ne pouvez attendre que le monde en changeant — forcément lentement : plus de quatre générations, 24/2 — fasse disparaître naturellement l’économie de complicité, vos luttes coûteront toujours plus qu’elles n’apporteront. Qu’a gagné la jeunesse émeutière des banlieues par la violence en novembre 2005 ? L’exutoire bref d’un moment de folie, rien de plus (J’ai connu ça dans ma jeunesse). Ç’aurait pu leur apporter le CPE (voir 0014 et 0015), qui fut conçu pour eux, mais d’autres jeunes, les étudiants, qui n’ont pas besoin de CPE pour trouver du boulot, le firent abolir. La folie mène à plus de folie. » J’ajoutai : « Tout comme le système avait les moyens de tuer 20.000 soldats britanniques et d’en envoyer 40.000 à l’hôpital en une seule jounée, le 1er juillet 1916, sans compter les milliers de soldats allemands qui moururent ou souffrirent ce jour-là, le système (par la rue comme par la bureaucracie) aura toujours les moyens de casser tout changement d’allure trop audacieuce. C’est pourquoi le Père par Le Signe nous donne des armes incassables. Celles qu’aucune usine ne forge, qu’aucun marchand de canons ne négocie, qu’aucune compagnie de CRS ne brandit, qu’aucune loi ne peut appliquer : l’amour, la paix, la miséricorde, l’intelligence, la liberté spirituelle absolue, données à l’homme pour la simple peine d’une pénitence personnelle (Signe 28/25). L’avenir heureux est forgé dans le cœur. » Ceux qui m’avaient écouté me regardèrent comme on regarde un vieux baboin s’épouiller, puis ils repartirent errer dans ce monde vide, dont tous les ressorts spirituels et même moraux ont été cassés, sauf leur ressort à eux, croyaient-ils. Moi, je crois qu’ils auront l’occasion de repenser à ce que je leur ai dit.
Commentaires et réponses d’origine
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© Michel Potay 2006 — Tous droits réservés


Sur la guerre et les malheurs engendrés
Il ne faut pas confondre une nécessaire intervention militaire pour se délivrer du nazisme, une idéologie parmi les plus criminelles ou étouffantes, avec une guerre sans nécessité comme 1914-1918, qui n'a causé que de grandes douleurs et de grands malheurs pour la seule "gloire des armes" sans résoudre les problèmes que quelques tables rondes sûrement difficiles, mais pacifiques, pouvaient résoudre. Cette guerre, notamment par l'enchaînement infernal des vengeances (Signe 27/9), a créé de nouveaux problèmes plus redoutables encore comme le nazisme, qui résulta de la guerre de 1914-1918. Fascisme, nazisme, patriotisme guerrier, etc., ces idéologies ont coûté cher pour ne parler que d'elles.
Quant aux protestants dont j'ai dû dire qu’ils avaient "gagné leur droit de cité au prix du sang," ils n'ont pris les armes en France que parce que les catholiques avaient commencé de les massacrer comme hérétiques. C'était de la légitime défense. Mais ces mêmes protestants allaient eux aussi être des sanguinaires ailleurs : Le martyre de l'Irlande sous les mousquets et les sabres de Cromwell. Catholicisme, protestantisme, bref, christianisme, encore des idéologies en "isme" qui ont causé beaucoup de deuils et de douleurs.
C'est aujourd'hui, 11 juillet, mon anniversaire. J'ai 77 ans et quand je me retourne sur ma vie, je revois les marées de sang ou les vagues de malheurs et de spoliations, bref, de glorioles socio-politiques (pour moi une guerre est une gloriole socio-politique, seulement plus violente qu'une autre) de toutes sortes qui ont noyé le monde par moments au cours de mon existence, parce que la violence par les armes, par le bâton ou par les lois encore aujourd'hui sert les ambitieux qui sont toujours pressés d'obtenir leurs "victoires". La seule Victoire qui vaudra la peine de nos pénitences sera celle de l'amour et de la paix (Rév d'Arès 10/7, 37/1, etc). Je ne dis pas que certaines luttes ne sont pas nécessaires, mais pas au prix de sang, de malheur, d'humiliation et de tromperie. C'est évidemment un sujet immensément complexe que je ne vais pas aborder et épuiser en un jour. [34C1*11/07/2006]
Sur mon enfance et les souvenirs de la guerre des adultes
Né en 1929, je n'ai pas connu directement la guerre de 1914-1918, mais dès que je fus en âge de comprendre ce que racontaient mes oncles (mon père, classe 1922, n'avait pas été mobilisé, étant trop jeune) et beaucoup de messieurs en conversation avec mes parents et les pères de mes copains d'école et mes instituteurs, etc., j'entendis abondamment parler de cette guerre-là, c'était un peu comme si je l'avais faite moi-même. Et les morts, qu'on ne cessait d'évoquer. Ma grand-mère maternelle avait perdu tous ses frères, mes grands-oncles, sur le front de 1914-1918 ou des suites de leurs blessures ; elle en parlait souvent. Bref, mon enfance a été quasi littéralement baignée sous "les marées de sang" qui continuaient d'agiter les adultes dans des cauchemars sans fin. [34C3*12/07/2006]
Sur la liberté d’expression de l’anonyme commentateur
Je publie le commentaire de l'anonyme commentateur parce que s'il n'a pas sa liberté d'expression, comment aurais-je la mienne ? Il ne "touche pas à ma dignité." Il exprime son point de vue et il a le droit de ne pas m'aimer. Cela me donne au moins l'opportunité de lui répondre et de lui apporter des informations qu'il n'a apparemment pas. Ceci étant, la guerre est toujours "un désastre humain énorme." [34C11*14/07/2006]
Sur l’effet recréateur des actes de bien
Non seulement toute personne qui change sa vie en bien peut le faire pour changer le monde, mais elle se crée aussi une âme (Signe Veillées 17 et 18) qui lui permettra de s'élever au-dessus des ténèbres glacées de la mort [voir #0028]. De plus, même l'homme quelconque qui ne sait même pas que Le Signe existe, qu'il soit croyant ou incroyant, s'il change en bien, contribue sans le savoir à changer le monde en bien et à accomplir le Dessein du Père. La foi sans les actes d'amour, de pardon, de paix, de libération spirituelle, n'a pas grande utilité, mais les actes d'amour, de pardon, de paix, de libération spirituelle, même sans la foi (Signe 28/11-12), sont des actes d'espérance constructive. S'ils sont faits avec foi, celle-ci multiplie de façon exponentielle l'effet "recréateur" des actes de bien, parce que la foi porte à l'apostolat, à la pénitence et donc à la moisson conscientes, intelligentes. [34C5*12/07/2006]