
© Christiane et Nina Potay
La nuit je me réveille, communiant dans la douleur des peuples du Moyen Orient. D’Irak j’entends les femmes pleurer leurs époux et enfants massacrés et les hommes gémir sur leurs familles mutilées ou disparues. Jésus, d’ailleurs, fut martyrisé dans la région. Jérusalem n’est pas si loin de Bagdad — la distance de Paris à Nice —. L’Islam sanguinaire, cité par le pape à Ratisbonne, n’existait pas alors. Jésus n’avait tué ni menacé personne, mais il avait prêché l’espérance de remplacer la religion et le gouvernement par l’amour, le pardon, la paix et l’intelligence libre. Pour les puissants c’est toujours un terrorisme, une folie contre « l’ordre des choses » passible du pire châtiment qui, pire que la mise à mort, est la privation des droits de la justice humaine — Voir du côté de Guantanamo où doivent bien croupir, parmi de vrais criminels, quelques magnifiques idéalistes.
Mais il peut y avoir pire que la justice déniée à un crucifié vite expédié : La seconde mise à mort que la religion infligerait à Jésus, trois siècles plus tard, en le clouant non à une croix, mais à un énorme mensonge. La religion, bien que d’apparence nouvelle : l’église, n’avait pas pu effacer le souvenir révoltant d’une inique et horrible crucifixion perpétrée par la religion. Des hommes d’église pensèrent qu’il fallait faire croire, par une fable inouïe, que la passion de Jésus n’avait pas été l’énième triomphe du mal, mais avait été bien au contraire le bien extrême, le plan divin pour sauver tous les hommes, sinon le peuple finirait par accomplir le message de Jésus d’amour et de liberté et c’en serait fini des dominateurs (Signe 27/9, 28/21, 29/2), de leurs pouvoirs, richesses et privilèges. Cette fable, qui stoppa l’expansion du vrai christianisme, est celle du Dieu incarné et crucifié pour expier le péché du monde une bonne fois pour toutes, mais des fables similaires à celle-là il y en a bien d’autres dans ce monde, religieuses, politiques, culturelles.
Nous avons accepté la gageure non d’engager une polémique sur ces fables, mais simplement de reprendre l’accomplissement du christianisme au point où le peuple l’avait abandonné au IVe siècle. Nous sommes le toujours tout petit David face au gros Goliath toujours debout, mais notre fronde ne lance pas la dispute et la violence. Elle projette l’amour, le pardon, la paix, la liberté, les armes qui, nous rappelle Le Signe, donnent non le mal et la mort, mais le bien et la Vie.
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© Michel Potay 2006 — Tous droits réservés


Le bien ne vient pas de la foi et des sacrements, mais de la pénitence
Un point rejaillit de maints passages du Signe : Le Père nous demande de reprendre l'accomplissement du christianisme très simple du Sermon de la Montagne et de la prédiction connexe de Jésus au point où l'imposition aux chrétiens du 4ème siècle des dogmes de la trinité et de la rédemption par la croix.
On me dira que nos frères musulmans ignorent ces dogmes de Dieu-trinité et de croix salvatrice et que cela n'empêche pas nombre d'entre eux de faire le mal, surtout actuellement, par exemple en Irak où sunnites et chiites s'entredéchirent. C'est vrai. Je ne prétends pas qu'une foi délivrée de dogmes discutables débouche automatiquement sur une société d'amour et de paix. Je me contente ici de situer notre foi arésienne par rapport à l'évolution historique, parce que, de toute façon, on n'arrivera ni à l'amour ni à la paix sur des termes de foi erronés et obscurs. Je rappelle que le bien ne ressort pas de points de foi ou de sacrements ou de prières de glorification ou de supplication, mais de la pénitence. [45C2*27/09/2006]
Sur l’importance de ne pas se décourager
Bien sûr, nous nous posons tous des questions à longueur de journée : Comment passer au milieu de ce monde ténébreux avec notre petite lumière ? Comment rester calme et aimant au milieu des hommes méchants ou moqueurs ? Comment ne pas se décourager quand ce monde reste sourd à nos appels ? Reste indifférent à notre amour aussi ? Et pourtant, je vous assure que la bonté, l'amour, la paix, qui parfois passent pour perte de temps, finiront par triompher, car rien de tout cela ne passe complètement inaperçu et n'est complètement inopérant, contrairement à ce qu'on tend à croire par désespérance.
Courage et fermeté ! [45C4*29/09/2006]
Le Bien ne vient pas de Dieu, mais de l’homme quand il le restaure en lui
Le Bien ne vient pas "de Dieu et de Lui seul", mais de l'homme qui, certes, peut restaurer en lui le bien comme il restaure en lui l'image et ressemblance du Créateur (Genèse 1/27), mais qui est l'artisan volontaire de cette restauration. Le Bien ne lui est pas donné ; il a le choix et la possibilité de le réintégrer à son existence ; de la nature existentielle de la foi ! Tout Le Signe nous éloigne des légendes, comme celle de la providence, pour nous rappeler les possibilités qu'a l'homme d'accepter ou de refuser le bien, de pécher ou de refuser de pécher, de préparer ou de refuser de préparer le Jour où le Tigre, le Pichône et le Guihône (les fleuves d'Éden) couleront à nouveau en Assour (Signe 35/2), c'est-à-dire le Jour où Éden sera rénové. [45C6*01/10/2006]
Sur la trinité et la rédemption par la croix
Le thème de Jésus-Dieu, de la trinité et de la rédemption par la croix est déjà sensible dans les écrits de Jean et de Paul. Il se répandit au cours des second et troisième siècles, mais il n'était ni réglementaire ni moins encore universel. C'était seulement une inclination de foi qui touchait une partie de la chrétienté, comme le gnosticisme en touchait une autre et différentes interprétations appelées "hérésies" d'autres encore. C'est une période que j'ai beaucoup étudié comme tout le clergé orthodoxe très friand des antiquités chrétiennes, quand je fis ma théologie. Mais ce n'est pas avant le 4ème siècle que cette inclination de foi se changea au concile de Nicée en un dogme avec statut réglementaire, sur ordre de l'empereur Constantin, qui, en politicien aussi autoritaire qu'intelligent, avait bien compris qu'il ne fallait pas laisser la population chrétienne trop longuement tourner et retourner dans sa tête et tirer des conclusions de l'injustice d'une crucifixion ordonnée par la religion et le pouvoir politique. Les évêques réunis à Nicée payèrent par cette compromission leur titre nouveau de religion officielle. [45C9*03/10/2006]