James Baker(Photo : Michael Evans, Wikimedia)

James Baker
Photo  : Michael Evans (Wikimedia)

Il arrive que la politique a causé de tels dégâts, qui présagent de dégâts pires encore, que la Miséricorde doit composer avec le mal pour sortir l’homme de sa bourbe (Signe XLIII/12).
Si le Père nous demande de ne pas en appeler à sa Miséricorde à tout propos (16/15), c’est, entre autres raisons, parce que le genre de miséricorde que l’homme espère est rarement celle que le Père choisit. Ainsi, aujourd’hui, la Miséricorde pourrait-elle survenir au Moyen Orient grâce à un homme, James Baker (photo), d’autant plus inattendu qu’il ne fut pas spécialement bénéfique ou providentiel comme membre du gouvernement Reagan ou du gouvernement Bush père. « Jim » Baker est peut-être le sage qu’écoutera George Bush fils pour dénouer la catastrophique situation en Irak.
Le nombre de victimes civiles de la guerre en Irak entre 2003 et 2006 vient d’être calculé : 600.000 en fait une fourchette entre 400.000 et 760.000 par des organismes humanitaires et médicaux qu’on dit intègres. Énorme au point d’être incroyable ! George W. Bush a déclaré ce chiffre « faux et délirant »; selon lui le chiffre des victimes irakiennes civiles serait de 30.000 tout au plus. Qui a tort ? Qui a raison ?
Nous n’en savons rien. Nous savons seulement que l’Irak a été mis à feu et à sang à tel point qu’on entend quelques « voix autorisées » murmurer qu’il faudrait rappeler Saddam Hussein seul capable de remettre de l’ordre et de sauver entre un million et un million et demi d’Irakiens encore en grand risque de mort.
Par surcroît, les pertes militaires américaines et britanniques (pour ne pas parler des pertes inavouées) s’alourdissent de façon alarmante, de sorte que le général Richard Dannat, chef d’état major de l’armée britannique, déclarait le 13 octobre que le retrait des troupes britanniques devenait urgent, parce qu’elles ne faisaient plus qu’exciter la haine des Irakiens.
Le président Bush fait encore par-ci par-là quelques discours triomphalistes, aux accents sincères : « Nous serons victorieux en Irak. Il nous faut seulement changer de tactique. » Victorieux de quoi ? Du terrorisme ? Mais l’Irak n’était pas engagé dans le terrorisme et n’a jamais donné asile à Al Quaeda et à Ben Laden.
Nous voyons dans cette situation assez d’obscurité et de malheur pour espérer que les pressions qu’exercent, ou tentent d’exercer, maintenant sur George W. Bush des Américains raisonnables deviendront impérieuses.
« Jim » Baker, celui dont la Maison Blanche suivra peut-être les conseils, se range dans l’école réaliste en politique étrangère. Il incarne tout ce que George W. Bush déteste le plus et veut combattre dans le monde et qui se résume en deux mots : « l’ambiguïté constructive. » Cette doctrine de James Baker (photo) signifie ce que le Père lui-même sait : Il y a des moments où il faut parlementer avec le mal pour éviter un mal dix fois plus grand, moments tragiques où il faut tenir compte de la faiblesse immense (Signe 36/5) qu’est la méchanceté chez certains hommes. Encore loin est le temps où notre mission aura assez changé le cœur humain pour lui éviter de composer avec le mal, mais en même temps nous mesurons combien notre mission est capitale.

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© Michel Potay 2006 — Tous droits réservés