Je ne crois pas aux doutes d’Agnès Bojaxhiu, mère Térésa, perle du dévouement à la misère humaine et de la consolation. Je ne crois pas qu’elle doutât jamais de la Lumière.
Une femme qui ne croit pas dans le Créateur, qui ne croit pas dans l’espérance que le Créateur eut, et qu’il garde, que sa créature accepterait enfin d’être heureuse un jour, cette femme-là ne pourrait pas, avec une patience proprement divine, consacrer son amour et sa vie à la créature que seules sa liberté et sa jouissance de pécher rendent souffrante, misérable et mortelle (Signe 2/1-5).

(Photo : Rob Croes for Anefo, Wikimedia)

Photo  : Rob Croes for Anef
(Domaine Public, Wikimedia)

Une femme qui croit en l’homme, croit en l’image de Dieu (Genèse 1/27), croit donc en Dieu d’une façon ou d’une autre, expressément ou non. Cette femme-là, de surcroît, a une vie spirituelle exceptionnelle de beauté (Signe 12/3).
Alors, pourquoi ces lettres, que diffuse la presse, dans lequelles mère Térésa livra ses doutes, son « vide »?
Réponse simple. N’importe qui, découvrant la Vérité la Vérité, c’est que le monde doit changer (28/7) — comme je la découvris en 1974 dans des circonstances totalement différentes, arrive au même dilemme, puis au même vide. N’importe qui, grande dame de charité à Calcuta (Inde) ou petit bonhomme sans mérites fait prophète à Arès (France), rejette le Dieu et le Christ religieux, théologiques, en découvrant le Père et le Jésus téléologiques, le Père et le Jésus vrais des vrais finalités (Signe XXXIV/1-4), des vrais rapports entre moyens et fins, entre les moyens de vaincre le mal et les fins du Bien, dont les hommes du temps qui vient (30/13) devront assurer la Victoire finale.
C’est en femme que mère Térésa découvrit la Vérité. C’est en femme qu’elle parlerait à ses confidents, plusieurs décennies durant, du « vide » — « vide » culturel, rien de plus — que cette découverte avait creusé en elle. En femme, de façon pudique, limitée, parce que, nonne totalement dépendante de l’église catholique socialement et matériellement, elle eut d’instinct la prudence de cacher le Fond de sa pensée. Elle « la boucla, » comme on dit. Elle évoqua son doute, sans plus, de peur (à  tort ou à  raison) de se retrouver dans la mort sociale et matérielle, comme je m’y retrouverais moi-même vingt ans plus tard. Mais homme, et homme dans la force de l’âge, je pus surmonter l’isolement absolu, matériellement désespéré, dans laquelle la Vérité reçue de Jésus m’avait jeté avec ma famille.
Oui, ce « vide » de Térésa, je l’ai connu aussi. Mais ce vide contient plus de Vérité que toutes les idées biscornues ou malhonnêtes dont l’humanité, par la religion, la politique, les bavardages, a cru devoir le combler.
On me demande : Pourquoi l’église catholique canonise-t-elle mère Térésa qui, à  l’évidence, doutait de l’église ? La canonisation est ce mausolée invisible bâti au-dessus d’un mort recommandé à  la piété des vivants. Piété que je dois interdire (Signe 33/35), c’est vrai, mais l’interdiction je l’ai lancée, c’est Le Signe. L’église accepte ou refuse, libre, souveraine d’elle-même comme toute assemblée humaine. Je me dis que, dans ce monde dur, il n’est pas mauvais de rappeler l’image d’une femme qui a allaité des bébés sans mère, vêtu et nourri des miséreux, tenté d’égaler le dévouement des anges comme elle a pu (Signe 11/1-3).

 

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