Récemment, l’Anglais Mark Boyle crut qu’il pourrait aller à pied d’Angleterre en Inde sans avoir un centime sur lui, en recourant à la seule générosité des hommes. Il n’alla pas plus loin que Calais, d’où il dut retourner en Angleterre déclarant : « Mourant de faim et de froid, sans dormir pendant des jours, je dus reconsidérer complètement mon projet. »

(Photo : Christopher Michel, Wikimedia)

Photo  : Christopher Michel (Wikimedia)

Quel rapport entre Mark Boyle et le Dalaï Lama, sinon que l’Inde où est réfugié le Dalaï Lama était le but de Mark Boyle et qu’ils appartiennent tous deux à la race humaine ?
Il y a un rapport. Les bikkhus ou bhikshus bouddhiques peuvent vivre de charité leur vie durant, mais un Occidental ne peut pas faire plus de quarante kilomètres sans que ses coreligionnaires ne le laissent mourir de faim et de froid. Cette histoire montre crûment les perspectives opposées de l’humanité spirituelle et de l’humanité matérialiste.

Des milliards de croyants sont à la croisée de ces deux humanités et souffrent de ne pas pouvoir encore décider pour l’une ou l’autre. Quatre générations ne suffiront pas (Signe 24/2) pour décider, mais Le Signe nous rend plus conscients de la bonne décision. L’homme doit retrouver la vie spirituelle.

J’entends d’ici mes concitoyens : « Oui, mais attention… Attention !.. Mark Boyle cherchait ni plus ni moins qu’à profiter de la bêtise des hommes pour s’offrir un voyage à l’œil, alors que le Dalaï Lama, c’est le chef naturel du Tibet chassé par les Chinois avec ses moines, qui poursuivent un très haut idéal. »

(Photo : Mark Boyle, Wikimedia)

Photo  : Mark Boyle (Wikimedia)

Très bien ! À propos, que sait-on de l’idéal de Mark Boyle ? Quelqu’un lui a-t-il seulement demandé à Calais ? J’en doute. Comme il a une tête d’anglais (voir photo), il n’a pas droit à d’autre idéal que l’idéal de Descarte (ou de Francis Bacon) et des subventions publiques. Aucun droit à la pièce de cuivre (Signe 34/4) réservée à l’inattendu, à l’homme du temps qui vient (30/13). Si encore il était clochard, la casquette collée à la tignasse par deux ans de crasse, l’haleine vineuse, mais non ! Mark Boyle est propre, habillé et équipé de neuf, le crâne rasé avec un bon visage de santé conventionnée (revoir photo). Mais le Dalai Lama aussi a la tête rasée, des vêtements propres… Allons, allons, ne compliquons pas ! Les catégories sont fixées. Mark Boyle n’a droit à rien, surtout pas à avoir des idées non homologuées.

Je le dis sans hésitation : J’aime beaucoup le Dalaï Lama. Il ferait un très bon Pèlerin d’Arès et moi je ferais un très bon Bouddhiste, s’il n’y avait cette histoire de réincarnation — Un point sûrement soluble par l’intelligence (Rév d’Arès 32/5) spirituelle quand elle sera revenue —. Il y a, en tous cas, dans l’idéal bouddhique et l’idéal arésien bien des points communs, notamment celui, essentiel, que « faire » est plus important que « croire », que la bonté, la compassion, le pardon, la paix, la liberté sont les balises sur la route du Bien. Il y a plus de valeurs communes que de différences entre Jésus et Bouddha, même si le premier parlait de Dieu et l’autre non ou, du moins, pas de la même façon. Leurs différences tenaient surtout à leurs environnements culturels, le clergé de Jérusalem pour le premier et les brahmanes pour le second. Comme quoi, la culture entrave l’évolution, est bien un obstacle à la Vérité.
J’aime tout autant Mark Boyle, qui n’est probablement pas Pèlerin d’Arès, parce que sa crise de liberté et sa foi dans les hommes, même frustrées à Calais, sont sûrement très proches des nôtres.
Les idoles de l’esprit (Signe 23/8) cherchent obstinément à diviser et à aveugler les hommes de dépassement, mais nous savons bien reconnaître nos frères dans l’espérance générale d’un monde qui changera (28/7).

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