Récemment, l’Anglais Mark Boyle crut qu’il pourrait aller à pied d’Angleterre en Inde sans avoir un centime sur lui, en recourant à la seule générosité des hommes. Il n’alla pas plus loin que Calais, d’où il dut retourner en Angleterre déclarant : « Mourant de faim et de froid, sans dormir pendant des jours, je dus reconsidérer complètement mon projet. »

Photo : Christopher Michel (Wikimedia)
Quel rapport entre Mark Boyle et le Dalaï Lama, sinon que l’Inde où est réfugié le Dalaï Lama était le but de Mark Boyle et qu’ils appartiennent tous deux à la race humaine ?
Il y a un rapport. Les bikkhus ou bhikshus bouddhiques peuvent vivre de charité leur vie durant, mais un Occidental ne peut pas faire plus de quarante kilomètres sans que ses coreligionnaires ne le laissent mourir de faim et de froid. Cette histoire montre crûment les perspectives opposées de l’humanité spirituelle et de l’humanité matérialiste.
Des milliards de croyants sont à la croisée de ces deux humanités et souffrent de ne pas pouvoir encore décider pour l’une ou l’autre. Quatre générations ne suffiront pas (Signe 24/2) pour décider, mais Le Signe nous rend plus conscients de la bonne décision. L’homme doit retrouver la vie spirituelle.
J’entends d’ici mes concitoyens : « Oui, mais attention… Attention !.. Mark Boyle cherchait ni plus ni moins qu’à profiter de la bêtise des hommes pour s’offrir un voyage à l’œil, alors que le Dalaï Lama, c’est le chef naturel du Tibet chassé par les Chinois avec ses moines, qui poursuivent un très haut idéal. »

Photo : Mark Boyle (Wikimedia)
Très bien ! À propos, que sait-on de l’idéal de Mark Boyle ? Quelqu’un lui a-t-il seulement demandé à Calais ? J’en doute. Comme il a une tête d’anglais (voir photo), il n’a pas droit à d’autre idéal que l’idéal de Descarte (ou de Francis Bacon) et des subventions publiques. Aucun droit à la pièce de cuivre (Signe 34/4) réservée à l’inattendu, à l’homme du temps qui vient (30/13). Si encore il était clochard, la casquette collée à la tignasse par deux ans de crasse, l’haleine vineuse, mais non ! Mark Boyle est propre, habillé et équipé de neuf, le crâne rasé avec un bon visage de santé conventionnée (revoir photo). Mais le Dalai Lama aussi a la tête rasée, des vêtements propres… Allons, allons, ne compliquons pas ! Les catégories sont fixées. Mark Boyle n’a droit à rien, surtout pas à avoir des idées non homologuées.
Je le dis sans hésitation : J’aime beaucoup le Dalaï Lama. Il ferait un très bon Pèlerin d’Arès et moi je ferais un très bon Bouddhiste, s’il n’y avait cette histoire de réincarnation — Un point sûrement soluble par l’intelligence (Rév d’Arès 32/5) spirituelle quand elle sera revenue —. Il y a, en tous cas, dans l’idéal bouddhique et l’idéal arésien bien des points communs, notamment celui, essentiel, que « faire » est plus important que « croire », que la bonté, la compassion, le pardon, la paix, la liberté sont les balises sur la route du Bien. Il y a plus de valeurs communes que de différences entre Jésus et Bouddha, même si le premier parlait de Dieu et l’autre non ou, du moins, pas de la même façon. Leurs différences tenaient surtout à leurs environnements culturels, le clergé de Jérusalem pour le premier et les brahmanes pour le second. Comme quoi, la culture entrave l’évolution, est bien un obstacle à la Vérité.
J’aime tout autant Mark Boyle, qui n’est probablement pas Pèlerin d’Arès, parce que sa crise de liberté et sa foi dans les hommes, même frustrées à Calais, sont sûrement très proches des nôtres.
Les idoles de l’esprit (Signe 23/8) cherchent obstinément à diviser et à aveugler les hommes de dépassement, mais nous savons bien reconnaître nos frères dans l’espérance générale d’un monde qui changera (28/7).
Vous pouvez les consulter en cliquant sur ce lien.
© Michel Potay 2008 — Tous droits réservés


Sur la promotion du prophète
La question de la promotion de ma personne (ou du prophète) n'a pas manqué d'être débattue dans l'assemblée des Pèlerins d'Arès.
S'ils ne sont pas arrivés à décider quoi que ce fût de publiquement concret avec le témoin comme vecteur, c'est sûrement parce que le problème est très complexe ou, en tout cas, paraît très complexe à des hommes et des femmes qui n'ont ni formation ni expérience dans ce domaine.
Un commentateur a proposé ce qu’il appelle un "schéma de popularisation" à une de nos assemblées qui apparemment ne l’a pas compris et/ou l’a envoyé promener. C'est un réflexe naturel — je dirais "maternel" — des plus anciens de tout groupe humain d'occuper la place et d'accueillir avec méfiance les idées nouvelles et je le regrette beaucoup. Je regrette que ce commentateur ne soit pas resté dans l'assemblée pour y faire accepter ses idées à force de patience.
Une percée publique du Signe ne s'est pas encore faite avec l'éclat qu'aurait mérité l'événement d'Arès, mais elle s'est accomplie d'une autre façon, par des idées qui courent, à la naissance desquelles nous avons beaucoup contribué. [081C07*22/04/2008]
Sur la position de frère Michel à l’égard des pouvoirs religieux
Un commentateur m’écrit : "Vous vous trompez encore sur la vraie nature des pouvoirs religieux que vous devriez affronter sans relâche depuis 1974 — ces mêmes pouvoirs dont une partie inconsciente de vous-même fait peut-être encore partie..." Là, je crains qu’il vive dans une bulle d'idées et d'impressions sûrement sincères, mais non fondées, parce qu'elles ne correspondent pas aux faits.
Depuis 1974-1977, je ne me souviens pas d'avoir jamais cessé de dire et répéter que Le Signe nous invitait à recréer ce monde sans les princes du culte religieux et sans les princes du culte politique, sans le roi blanc et sans le roi noir, dans tous les pouvoirs, les religieux comme les autres. Je n'ai pas cessé "d'affronter sans relâche" les religions, mais évidemment je l'ai fait avec l'amour, le pardon, la paix, la liberté (qui est aussi le respect de leur liberté) et la mesure qui conviennent au pénitent que je suis. C'est peut-être mon manque de moyens pour me faire entendre (pas de presse, pas de radio, pas de télévision) autant que mon manque de violence et de méchanceté (qui vont toujours ensemble), mon refus permanent de la vengeance sans fin, qui lui ont donné l'impression qu'une "partie inconsciente de moi fait encore partie" de la religion. Non, mais une partie très consciente de moi sait que je fais partie de la race humaine, pécheresse, que je suis un pécheur comme eux, religieux, sont des pécheurs, et que, si je dois sans relâche inviter les hommes à changer la religion pour la Vie spirituelle, je ne dois juger personne (Signe 36/16). Je ne peux juger les religieux, donc. Pour autant je n'ai pas montré à la religion la moindre indulgence (Signe 21/4), comme le Père me le demande. J'ai transmis le Message du Père avec cette mesure (Signe 7/6, 25/9, 32/10, etc.) qu'il me demande en toutes choses.
Les religions, elles, ne s'y sont pas trompé ! Pourquoi, croyez-vous, suis-je depuis 34 ans maintenu loin de tous les grands media ? Maintenant dans l'état d'ostracisme où je suis dans le milieu spirituel général (spirituel compris ici au sens commun) ? Pourquoi, croyez-vous, les Pèlerins d'Arès qui n'ont vraiment rien de sectaire ont-ils été classés "secte" ? L'ADFI est une association d'origine catholique. La réponse est simple : Les religions me considèrent toutes comme le danger n°1 contre elles. [081C08*22/04/2008]
Sur l’insurgeance
J'évite d’utiliser le mot révolution à cause de la violence qu'il évoque, auquel je préfère "insurgeance et évolution", et sur ce point j’invite à relire mon article "Insurgeance" (Le Pèlerin d’Arès annuel, 1989) où ma pensée est donnée clairement. [081C08*22/04/2008]
La mort du prophète, non du fait de ses liens à la religion mais du fait de sa constitution biologique de pécheur
Pour ce qui est de mourir avant de voir ce monde changer (comme Moïse avant de voir la Terre Promise), c'est dit dans Le Signe lui-même : Ta tête reposera sur la dalle du tombeau... avant que tu n'aies vu même le petit reste... (Signe 24/1), mais non parce que je serais resté lié à la religion, mais parce que je reste soumis à la loi biologique qui gère le pécheur, j'aurai fait mon temps, et parce que quatre générations ne suffiront pas (Signe 24/2). [081C08*22/04/2008]
Sur la théorie de déresponsabilisation des pécheurs
Un commentateur semble dire qu’un "très grand nombre de pédophiles, criminels, violeurs, pyromanes, etc. ont des concentrations cérébrales de sérotonine très abaissées..." qui, en bref, leur enlèveraient la responsabilité de leurs actes et que, pour cette raison, il ne faut pas avoir de préjugés envers eux. Sauf dans le cas de maladies mentales et débilités graves, je m'inscris en désaccord avec cette théorie de déresponsabilisation du pécheur, car alors, à quoi servirait la pénitence ? Ces gens ont sans doute plus de difficultés qu'on ne croit pour vaincre leurs impulsions, mais c'est aussi le cas des menteurs et des égoïstes invétérés qui courent les rues. Serais-je menteur ou égoïste, parce que ma concentration en quelque humeur en "chosetonine" est basse ? Eh bien, même si c'est le cas, je suis totalement responsable. Et si je ne dois pas avoir de préjugés, si je ne dois pas juger, c'est parce que je suis pécheur moi aussi, ce n'est pas parce que l'autre est pécheur malgré lui et irresponsable. Que faites-vous de la notion d'héroïsme dans la pénitence (Signe xxxv/12) ? Je ne deviens pas bon parce que ma concentration de sérotonine est haute et mais parce que je fais pénitence. [081C17*24/04/2008]
Sur la gloire du petit reste : guérir le monde par la pénitence
Tous les humains, quels qu'ils soient, y compris ceux apparemment considérés comme étant en bonne santé, tous les humains sont malades, malades du péché général chacun à sa façon. La maladie biologique n'est qu'une forme du mal généré par le péché, une forme parmi d'autre formes : égoïsme, violence, haine, guerre, vol, mensonge et beaucoup d'autres maladies de l'homme.
Celui qui souffre d'un déficit en sérotonine est malade à sa façon, moi je le suis à la mienne, Untel l'est à la sienne, Untelle de même, etc.
C'est donc à des malades capables de se rendre compte de leur responsabilité dans cet état pathologique que le Créateur envoie une fois de plus sa Parole à Arès en leur disant : le remède, c'est la pénitence.
Vu sous cet angle Le Signe est un message assez rébarbatif ou rebutant, suggérant une réparation difficile — par l'effort sur soi — du mal causé par le péché, mais ce n'est pas moi qui ai écrit Le Signe.
Ce sera la gloire du petit reste que d'acquérir l'héroïsme (Signe xxxv/4-12) de guérir le monde par la pénitence. [081C39*01/05/2008]
Sur l’effort de surmonter l’excitation, que Le Signe appelle tentation
Concernant l'excitation du cerveau par l'électricité ou la sérotonine ou tout autre agent d'excitation, je rappelle que Le Signe s'adresse à des humains qui subissent un nombre considérable d'excitations qu'il appelle tentations, pas seulement sexuelles et normales entre époux, mais d'autres sortes malfaisantes, criminelles, perverses, malhonnêtes, etc. La pratique du bien, la pénitence, propre à l'homme seul (les animaux en sont incapables), est l'effort, qui peut être très difficile jusqu'à l'héroïsme, de surmonter ces tentations.
C'est cela, la gloire de l'homme. [081C49*06/05/2008]
Sur le triomphe de l'esprit et de l'âme sur le corps animal
Je pense que le Créateur connaît sa créature aussi bien, sinon mieux, que ne la connaît la science.
Si notre maîtrise du bien et du mal était directement dépendante de mouvements d'humeurs et de fonctionnements glandulaires dans le corps, le Créateur nous dirait simplement : Soignez-vous !
Or, ce n'est pas ce qu'il dit. Il dit : Entrez en pénitence ! C'est-à-dire, prenez conscience que vous vivez dans le mal et que vous devez opter lucidement pour une vie de bien, même si cela vous coûte, même si cela vous demande un effort héroïque (Signe xxxv/4-12) pour vaincre vos impulsions, donc votre sang, vos phlegmes, lymphes et autres glandes, qui vous portent à des actes qui vous font tort et qui font tort aux hommes autour de vous.
Il ne faut pas se tromper de causalité.
C'est le péché qui nous a rendus fragiles, changeants, malades, vieillissants, mortels. C'est de vaincre le péché et non d'administrer des remèdes (lesquels de toute façon ne sont pas ponctuellement interdits) qui changera la vie de l'homme et changera le monde (Signe 30/11, 28/7). Le Père nous invite au triomphe de l'esprit et de l'âme sur le corps animal ou plus exactement au retour de l'unité et de l'harmonie entre les trois (Signe 17/7).
Gardons-nous de la tentation de rationaliser ! Cela aussi est une des grandes leçons implicites du Signe. [081C20*25/04/2008]
Une commune direction de certitude par la pénitence
Au Moyen Âge les chrétiens vivaient de façon médiévale, mais ne s'en référaient pas moins en pensée à une espérance puisée aux Évangiles, les mêmes que nous lisons aujourd'hui, pas plus accomplis alors qu'ils ne le sont aujourd'hui.
De même, en Asie des bouddhistes peuvent vivre d'une façon qui peut paraître arriérée, médiévale, mais se réfèrent à une espérance puisée à la Lumière laissée par Bouddha. C'est vrai qu'au moment où la Chine envahit le Tibet il y a cinquante ans, celui-ci vivait (et vit encore dans certains coins) de façon totalement moyenâgeuse, mais le bouddhisme tibétain est une religion syncrétique où l'enseignement supérieur de Bouddha est mêlé à des pratiques païennes et par là profondément gâté, en tout cas voilé.
Justement, vu sous cet angle, il me semble que le Dalaï Lama est un réformateur du bouddhisme superstitieux et arriéré qui avait régné dans son pays d'origine, parce que cet homme ne paraît pas du tout colporter le tantrisme et ses superstitions dans ses discours, mais au contraire un idéal supérieur qui constitue un manifeste retour aux sources. Dans ce sens, l'exil de cet homme semble avoir été un bienfait. Pour en revenir à Bouddha, une des grandes ressemblances entre le bouddhisme tel qu'il l'a prêché — qui, c'est vrai, n'est presque plus pratiqué depuis très longtemps — et Le Signe, c'est la critique des abus et des incohérences du vieil ordre du monde, qu'il avait directement expérimenté ayant été prince. Le vrai bouddhisme comme Le Signe est tourné vers l'avenir, l'avenir du monde, un avenir non encore accompli, mais possible.
Il y a évidemment des différences entre le bouddhisme et la foi réveillée à Arès, mais il y a une commune direction de certitude par la pénitence. S'arrêter à la lumière de Bouddha ne peut être qu'une halte, puisque nous ne sommes pas invités à devenir bouddhistes, mais une halte propice à une réflexion heureuse, réconfortante. [081C21*25/04/2008]
Une spiritualité à accomplir dans la société humaine
Le peu que je sais (et qu'on sait historiquement) de la vie de Bouddha et de son enseignement ou de ce qui en a filtré à travers bien des développements ultérieurs ne me porte pas du tout à penser qu'il était ermite. La tradition, si ma mémoire est bonne, dit qu'il eut vite quatre compagnons, puis six, lesquels dans le Mahāyāna se multiplièrent non seulement de son vivant, mais encore dans les mondes innombrables qui constituent l'Univers. Ce n'est pas là quelqu'un qui fuit la vie des autres, mais au contraire quelqu'un qui fonde une nouvelle société, un monde d'hommes nouveaux, un monde changé, dirions-nous, nous Pèlerins d'Arès. Si je prends une autre référence : la statuaire bouddhique, que vois-je ? Le Bouddha représenté dans ses statues avec le geste de l'absence de crainte — absence de craintes des autres hommes,— ou avec le geste de la charité, ce qui implique une vie sociale puisqu'il n'y a de charité qu'en société, ou avec le geste de l'enseignement, donc de l'enseignement à un entourage humain forcément. Il n'y a que le geste de la méditation qui suggère une certaine solitude, mais quel homme, même très social, ne se retire pas par instants pour méditer ? Quant à l'ascétisme, je ne sais pas comment on peut l'interpréter concernant le Bouddha, puisque d'un côté il n'avait plus d'épouse mais d'un, autre côté, on dit qu'il mourut d'indigestion. Qu'il faille s'éloigner des hommes malfaisants et des tentateurs ou tentatrices de toutes sortes, c'est évident, mais je ne lis nulle part dans Le Signe qu'il faille s'éloigner de la société humaine en général. Bien au contraire, la société est désignée comme le champ où il faut moissonner les hommes de bien ou pénitents. Vu sous cet angle, je ne connais pas assez les écrits bouddhiques pour faire des citations, mais mon impression générale est que le bouddhisme est un sentier de perfection à accomplir dans la société humaine et non dans l'isolement d'un ermitage.
L'idée de collectivité préexistait à la création spirituelle de l'animal pensant, Adame (Signe vii/1-5). Il n'y a dans l'histoire humaine aucune forme de vie qui existerait autrement que socialement. Nulle part des hommes ont apparu autrement qu'en collectivité, en société. On peut en déduire que l'intention que le Créateur met dans sa créature humaine est sociale. D'ailleurs, même un ermite ne vit pas réellement seul, il a toujours besoin qu'on lui apporte quelque chose, par exemple des vêtements, parce que l'homme est trop faible pour supporter toutes les températures et autres intempéries. Le vêtement relie l'ermite à la société, quoi qu'il dise ! Bref, le Père ne parle pas à l'homme idéal comme à un vieil éléphant solitaire, mais comme à une créature faite pour l'amour... et comment aimer autrement qu'au milieu de la société ? [081C22*26/04/2008]
Œuvrer en vue d'un monde meilleur… d’un monde changé
J'ai toujours eu beaucoup de considération pour Bouddha, que j'ai toujours rangé parmi les prophètes.
Mais pour moi le bouddhisme ce n'est pas la divinisation de cet homme telle qu'on la voit dans la plupart des mouvements bouddhiques aujourd'hui, ce n'est pas ce que j'appelle "le bouddhisme du cinéma" : des moines bouddhiques "impassible, se consumant sans un cri dans leur posture de méditation" et ce n'est pas non plus la "méditation transcendantale" ni aucune technique de "méditation extrême-orientale".
Pour ma part je ne fais pas pénitence par ce genre de "technique de méditation", mais par un éveil ou réveil constant et pratique de ma conscience qu'il faut faire le bien et écarter sans cesse les réflexes de faire le mal ou de relativiser le mal. Je médite, bien sûr, mais ma méditation n'est pas une "technique", ce n'est autre qu'une longue réflexion sur ce que je pourrais bien faire ou améliorer dans ce que je fais pour accomplir. C'est tout. C'est tout à fait terre à terre, pratique, pragmatique.
J'aurais fait un bon bouddhiste dans la perspective de la compassion, de l'amour du prochain, du changement de vie (Signe 30/11) et du changement du monde (28/7) en bien. Je me retrouve très bien dans la déclaration de ces bouddhistes réunis à Dharamsala en 1993 : "Notre première responsabilité... est d'œuvrer en vue d'un monde meilleur," et en tant que Pèlerin d'Arès je vais plus loin, je dis "...en vue d'un monde changé (Signe 28/7). [081C24*27/04/2008]
Que la pensée délivre l'homme de lui-même, le rende au monde et à l'Univers !
Ma nature n'est pas mystique et ne l'a jamais été.
Je n'ai pas changé depuis 1974-1977. Je n'étais pas plus mystique avant 1974.
Mon côté concret, qui n'a pas pu s'arranger parce que, dans ma solitude bien involontaire, j'ai été sans cesse forcé à des tâches pratiques (il fallait lancer la mission, éditer et diffuser la Parole, actions très matérielles), ma méfiance des "bohêmes" et des "inspirés", rien de tout cela ne m'a aidé à convaincre le monde que j'avais vu et entendu Jésus et le Créateur, apparemment.
Je dis apparemment, parce que si j'avais été le contraire, un méditant aux yeux fermés ou tournés vers les Ciel, un mystique ne sortant de sa prière que pour prononcer des choses sibyllines ou cabalistiques, comme le rat sort de son égout par brefs instants pour couiner à la lune, on dirait que je ne suis qu'un pauvre illuminé, voire cinglé, qui croit avoir vu, mais qui n'a rien vu. Remarquez, cela n'empêche pas mes détracteurs de considérer le croyant pragmatique que je suis comme cinglé.
Je ne suis pas semblable au Dalaï Lama, aucun doute, mais je persiste à penser que nos missions ont des points communs. Je crois que, comme le pape est tenu de célébrer la messe et de se faire photographier sur son prie-dieu, le chapelet à la main, le Dalaï Lama est tenu d'avoir des gestes mystiques, par exemple allongé à plat ventre dans son sanctuaire bouddhique ou en position de méditation — j'ai vu quelques photos de lui dans ces attitudes-là —, mais est-il vraiment ainsi ? Ce n'est pas l'impression qu'il me donne.
Je dis aux hommes : "Regardez au loin, regardez l'avenir ! Le mal menace le monde. Il faut porter l'homme à la bonté, sinon le pire arrivera !" Le Dalaï Lama ne tient-il pas des propos similaires
Je dis aux hommes : "Regardez au loin même quand vous êtes pénitent !" parce que je ne crois pas que le reploiement soit la bonne attitude de pénitence, laquelle n'a de sens que liée au souci qu'il faut avoir du monde. Presque toujours l'homme qui se replie sur soi, le méditant invétéré, s'égare, se trompe de sentier. La pensée du croyant n'est pas faite pour cette courte distance entre cerveau et estomac, elle est faite pour voler au loin, dans l'espace comme dans le temps.
Si la pensée se porte au loin, la tête est libre, lucide.
Je dis : "N'essaie point de te briser seul, même par une volonté de fer, parce que t'aimer toi-même tu peux et tu dois, pour honorer en toi la créature du Créateur, mais tu dois le faire en aimant aussi toute l'humanité, à laquelle tu appartiens, et même tout l'univers, pas alternativement, mais en même temps ! Aussi, essaie en même temps de briser le mal en toi et le mal qui envoûte le monde !" Une telle pensée vous lance sans cesse dans la mission pratique. Je crois que le Dalaï Lama dit cela de façon différente, mais, puisqu'il parcourt le monde, me rejoint sur le fond. Je me trompe peut-être... En tout cas, si le Dalaï Lama ne le dit pas, je crois que Bouddha le disait. Pour moi la méditation doit certes procurer une certaine relaxation personnelle, mais fait penser en myope, en homme qui ne voit pas le monde. Le Dalaï Lama ne me paraît pas être un méditant de ce genre. Si Bouddha a trouvé l'illumination, c'est parce qu'il est sorti de lui-même. C'est du moins ce que je crois.
Il faut que la pensée délivre l'homme de lui-même, le rende au monde et à l'Univers, qui est notre vraie destination. J'en ai fait l'expérience que raconte la chapitre VI du Livre. J'ai l'impression que le méditant endurci, tout au contraire, se refait à lui-même ses propres discours sans cesse, comme l'amoureux ressasse cent fois ce qu'il va dire à la femme aimée quand il la verra — C'est une image que j'utilisais souvent dans les années 80 par ma parabole de l'apprenti pâtissier amoureux de la fille du charcutier (je ne brille pas toujours par la finesse) —. C'est sans fin, alors que nous, Pèlerins d'Arès, devons trouver une fin à nos espérances. C'est pour cela que nous nous donnons à la mission. Savoir quoi accomplir, c'est voir loin, c'est comprendre que tout homme est lié à toute l'humanité et à tout l'univers.
Si je ne suis pas mystique, c'est peut-être parce que mon horizon va bien au-delà de l'horizon du mystique. Je suis seulement un homme du temps qui vient, qui ne peut pas s'arrêter aux attitudes qu'il faudrait attendre, selon certains de celui qui a vu et entendu le Créateur et son messager Jésus. [081C25*27/04/2008]
Une origine divine et des risques d’échec partagés
Il n'existe aucune indication des circonstances dans lesquelles Jésus a reçu la Parole avant sa vie publique (peut-être dans son atelier de charpentier... J'ai bien vu Jésus à Arès dans une maison alors transformée en chantier et atelier) ou dans lesquelles il recevait la Parole au cours de sa vie publique.
De toute façon, l'homme qui a reçu le charisme de Vérité, le prophète, reçoit aussi cette Vérité par la réflexion. Les circonstances spectaculaires n'ont pas d'autre importance que d'être un Message en elles-mêmes, quand ce Message est nécessaire, ce que le Créateur a estimé tel à Arès par exemple.
L'essentiel est qu'il n'y ait aucun doute quant à l'origine divine de son enseignement, et pour moi il n'y a aucun doute concernant Jésus. Pour moi c'est la même chose concernant Bouddha, qui avait vécu cinq ou six siècles auparavant, à la réserve près que l'on n'est sûr de rien, de rien d'exact ou de précis, concernant la Parole qu'il transmettait, mais on peut être sûr que l'ensemble, la lumière de cet ensemble, qui nous est parvenu de l'enseignement de Bouddha signe sa divine origine.
Comme tous les prophètes, Bouddha dut adapter son Message à la mentalité culturelle de ses contemporains. De là sa description du Créateur : ...Non Né, Non Devenu, Non Créé, Non Composé, qui est d'ailleurs très exacte et très belle. Dieu n'a pas besoin d'être nommé pour exister, de toute façon, à la différence de l'homme. De là aussi l'insertion dans le cycle réincarnationniste du chemin à parcourir jusqu'au nibbana (ou nirvana, puisque vous préférez en sanscrit), car l'idée de mort pour le peuple auquel il s'adressait était alors mentalement inséparable de l'idée de réincarnation, incompréhensibles l'une sans l'autre, mais son enseignement vise clairement à sortir de cette idée, puisqu'une seule chose compte, l'aboutissement au Bien suprême : la libération finale, le nibbana.
On sent l'enseignement extrêmement subtil (de là une transmission historiquement zigzagante), parce que nécessairement prudent, d'un homme qui dut durer pour le transmettre et qui, dans ce but, dut prendre des précautions dans un milieu où la vie humaine ne comptait pas, sauf pour les puissants, et se trouvait exposée à une violence permanente.
Il y a des parallèles évidents avec les sentiers chevriers ou rocailleux sur lesquels le Père nous a lancés, nous Pèlerins d'Arès.
Le point très important que cela souligne réside dans les conséquences historiques de ce que nous ferons, car nous lançons un Appel de pénitence laquelle, on ne peut se le cacher, nécessite une foi d'effort, de reconstruction de soi. C'est pour cette raison que le bouddhisme de masse a échoué parce que, désireux de se faire une belle place au soleil, il a trop vite sombré dans la religion superstitieuse, évidemment plus séduisante. Nous nous trouvons dans la même situation, avec une mission aussi difficile. Aussi devons-nous réfléchir profondément à la bonne façon de démarrer l'assemblée (la sangha en quelque sorte) pour qu'elle ne tourne pas au ritualisme des religions superstitieuses. C'est un souci qui me hante chaque nuit. [081C31*29/04/2008]
Des espérances communes, liées à l’amour du prochain
Je me souviens d'avoir, en 1950, fait partie d'un groupe de marins qui purent s'évader trois jours à bord d'un Catalina (hydravion) vers le temple d'Angkor pendant un répit au cours d'opérations militaires sur le Mékong. Sur place je rencontrai quelques pèlerins bouddhiques khmers (cambodgiens) venus aux ruines du temple qui avait été un sanctuaire bouddhique avant que la jungle ne l'ensevelisse. Ils nous parlèrent un peu de leur foi, qui semblait plutôt une philosophie. Je n'étais pas croyant alors, mais ces gens n'étaient visiblement pas des ritualistes comme l'étaient les moines à robe jaune et les fidèles superstitieux avec leurs baguettes d'encens, que j'avais observés ailleurs. Ils me parlèrent de leurs espérances en termes d'amour du prochain et de la recherche de la "propreté" intérieure. Là, on était à mille lieues du tantrisme. Les propos du Dalaï Lama me rappellent beaucoup les propos de ces quelque dix Khmers rencontrés sous les banians et les bananiers. Peut-être le Dalaï Lama a-t-il un double langage ? Peut-être est-il en train de réformer le bouddhisme arriéré du Tibet et procède-t-il à un retour aux sources ? [081C27*27/04/2008]
Bouddha a montré la voie de l'essentiel : changer sa vie, changer le monde
Que le bouddhisme ne parle pas de l'âme comme Le Signe en parle, c'est plus que probable, bien que je ne connaisse pas assez les écrits bouddhiques pour le vérifier. Mais quelle importance cela a-t-il, puisque Bouddha a montré la voie du bien, que nous appelons pénitence, qui aboutit à la création de l'âme, qu'on en soit ou non conscient ? Un athée qui aime son prochain, qui pardonne, qui fait la paix, etc., est pénitent et à une âme sans le savoir. Donc, Bouddha a montré la voie de l'essentiel, que rappelle Le Signe : changer sa vie, changer le monde.
Le christianisme attribue une âme à tout nouveau-né. Le Signe nous rappelle que ce n'est pas le cas, parce que l'âme ne naît pas du ventre de la mère, mais de l'homme déjà né, c'est-à-dire déjà conscient du bien et du mal (Signe 17/3-4). Cela signifie que l'âme représente le rapport le plus intime avec le mouvement ou dynamisme que doit avoir la vraie foi, ou si vous préférez, avec l'ascension vers les Hauteurs du bien, que tout homme a pour nature de rechercher, si l'obscurité ou le calcul (le compte) n'a pas trop voilé son regard spirituel inné. Dans la vie de foi fixe, engluée dans les crédos et le répétitif ritualiste, ce mouvement n'existe pas ou n'existe que si le croyant a, hors la foi elle-même, une active vie de bien, d'amour, de pardon, de paix, etc. L'âme a une signification considérable dans la connexion qu'elle établit entre l'homme et sa perspective spirituelle de re-création de soi.
C'est pourquoi l'âme peut recevoir d'autres nom. Celui de mouvement ne serait pas impropre mais trop vague. Dans Le Livre l'âme est appelée ha (Signe xxxix/5-11), qui montre bien que le Père n'est pas attaché aux mots fixes.
De plus, mais n'anticipons pas, il y a une entité collective, résultante des forces que sont les âmes ou has, une résultante que le Créateur appelle polone (Signe xxxix/12-13). C'est pourquoi à la page "Espérance" de mon site michelpotay.info j'ai mis l'image d'un vol d'oies dans le ciel, qui attend sa légende, que je n'ai pas encore eu le temps de rédiger claire et lisible pour les profanes. Cette légende dira que les distances fantastiques que les oies peuvent parcourir, le mouvement qu'elles peuvent faire, en groupe (polone) aucune oie seule (âme ou ha) ne peut le faire et pourtant elle a la même puissance de vol que chaque oie du groupe. [081C34*30/04/2008]
Sur l’invitation à tout dépasser, bouddhisme compris, pour ne pas échouer
Cette entrée 0081 n'a pas d'autre origine que l'expérience très brève (la traversée de la Manche) de l'Anglais Mark Boyle, qui espérait marcher jusqu'en Inde en comptant, matériellement, sur la seule charité des hommes, comme un moine bouddhique compte sur l'aumône. L'intention derrière le projet de Mark Boyle et l'Inde m'ont simultanément conduit au Dalaï Lama. Coïncidence heureuse, puisqu'elle nous donne l'occasion, et peut-être les anges nous y ont-ils un peu conduits aussi, de parler d'une spiritualité qui mérite toute notre attention par les parallélismes qu'elle offre avec la foi arésienne, même si, comme je l'ai dit, les Pèlerins d'Arès sont appelés à tout dépasser.
Pourquoi à tout dépasser ? Parce que comme le judaïsme s'est lui-même enfermé dans une impasse, comme le christianisme a jusqu'ici échoué, comme l'islam dans l'état actuel des choses est en difficultés, trop politisé, trop rigidifié, le bouddhisme a jusqu'ici échoué, planétairement parlant. Clairement, le Créateur à Arès relance le véhicule de spiritualisation du monde, mais tous les mouvements qui nous ont précédés ont balisé la route. Nous ne pouvons pas les ignorer. [081C29*27/04/2008]
Sur l’utilité du pardon qui n’est pas soumission
On ne pardonne jamais assez. Le pardon n'a pas de limite.
Par contre, ne confondons pas pardon et soumission ou abandon de soi, ou abandon de ses biens, ou abandon de sa liberté ou de sa vie, bref, ce que j'appelle familièrement à-plat-ventrisme. Le pardonneur n'est pas un homme à plat vente. Le pardon n'exclut pas la légitime défense, la légitime protection des biens légitimes, à plus forte raison de la vie.
À quoi sert le pardon, alors, me direz-vous ?
Il sert à ceci, qui est capital pour le changement du monde, que si l'adversaire, le voleur, voire l'assassin, découragé par votre calme mais ferme opposition à ses attaques, renonce au mal qu'il voulait faire, vous ne le poursuivrez pas de votre rancune, parce que vous n'aurez pas de rancune, vous aurez brisé le cycle infernal de la vengeance sans fin (Signe 27/9) qui gouverne le monde pour le monde avec ses lois, ses cours de justice, ses polices de répression et de mise au pas, ses guerres d'agression ou de rétorsion, etc. [081C33*29/04/2008]
Sur la vocation du site généraliste du frère Michel
Pour mon site généraliste www.michelpotay.info j'ai l'intention d’y placer Le Signe en entier, mais dans la présentation sur laquelle je travaille actuellement pour qu'elle soit plus facile de consultation à la fois sur le net et sur le papier.
Il faut être patient, c'est un très gros travail et je n'ai malheureusement pas que cela à faire. L'expérience de trente-quatre ans m'a démontré que les profanes et autres incroyants ne lisent pas Le Signe, dont le langage les rebute, leur est même incompréhensible, mais ils acceptent parfois de lire un mémo explicatif. Ce mémo, c'est ce site généraliste, que je viens d'installer à l'usage des profanes pour lesquels ce site a été conçu justement. [081C36*01/05/2008]
Sur la réincarnation dont le Créateur dit qu’elle n’existe pas
Voilà ce que dit le Créateur par Le Signe à propos de la réincarnation :
L'homme fou compte les vies,
alors que l'homme n'a qu'une vie.
La tête du ver morte, la queue souffre,
mais l'homme, lui, ne souffre pas la mort vieille.
L'homme a une seule mort...
Haoua (Ève) ne pleure qu'une fois (v/1-2).
Je ne commets aucune erreur et je n'insulte personne en rappelant cette Parole qui dit clairement que la réincarnation n'existe pas.
Par ailleurs, la Vérité étant universelle, je suis universel comme tout prophète. C'est ma mission pratique, temporelle, parce que ma vie d'homme est limitée par le temps, qui est limitée à une aire culturelle particulière de l'humanité (Signe 5/5-7), mais ceux que le Père appellera pour prophétiser hors de cette aire-ci ne diront rien d'autre que ce que je dis, mais ils le diront seulement à travers des mots préparés par la Sagesse pour être compréhensibles hors de la famille d'Abraham. [081C37*01/05/2008]
Que le monde change, peu importe ce qu’il croit et peu importe par qui !
Une commentatrice s’exclame : "Finalement, ce beau discours sur le dépassement de soi et le changement de la vie et du monde vient d'un bourgeois bien rangé, frère Michel, et ses disciples, tous bons citoyens comme-il-faut. Bouddha c'était autre chose ! Un total refuznik, qui dormait à la belle étoile, poursuivi par les milices des rajahs, vrai, authentique anarchiste. […] Nous finissions une époque économiquement faste pour entrer, c'est évident, dans des temps économiquement difficiles. Nous aurons bientôt froid, faim et nous serons malades, nous ne pourrons plus circuler faute de carburant. C'est sûrement à ce moment-là que vos Pèlerins d'Arès seront l'avant-garde existentialiste des temps difficiles…". Michel Potay répond :
Vous n'êtes pas croyante, mais si votre analyse de la situation morose qui attend cette société est bonne, le mouvement des Pèlerins d'Arès réussira. Qu'importe qu'il réussisse sans que le monde croie au Signe, parce que celui-ci dit bien que l'essentiel est que le monde finisse par changer, parce que cela seul est la Vérité (Signe 28/7). Le Père ne m'a pas dit : "Le monde devra changer en proclamant comme vraie et glorieuse la Révélation que je te donne avec des étendards où Mon Nom sera brodé de fil d'or et la foule en génuflexion sur leur passage," mais il dit simplement que "la Vérité, c'est que le monde doit changer." Rien de plus.
De même, il n'a pas dit : "J'interdis que des "bourgeois convenables" fassent changer le monde. Le monde ne devra changer que par la mission de refuzniks vociférant, à la barbe farouche et aux fringues repoussantes, poursuivis par les polices des rajahs." Si le monde change par les "bourgeois convenables", n'est-ce pas mieux que de ne pas le voir changer du tout ? [081C40*02/05/2008]
Sur les fruits grâce auxquels on reconnaît l’arbre
À un commentateur qui demande : "Comment fait le profane, qui n'y connait rien en révélation, pour distinguer une bonne révélation d'une mauvaise, un prophète d'un charlatan ? ", Michel Potay répond :
La réponse est simple. Elle a déjà été donnée il y a deux mille par Jésus, en gros : "C'est au fruit qu'on reconnaît l'arbre. Voyez vous-même : Des aveugles deviennent des voyants, des bons fruits, et vous dites que c'est par Satan ?"
Et moi, frère Michel, je dis de même : "C'est au fruit qu'on reconnaît l'arbre. Voyez vous-mêmes, des cyniques deviennent des hommes de cœur, des hommes mauvais se mettent à être bons, des menteurs cessent de dire des mensonges, et selon vous ce serait l'œuvre d'un charlatan ? Alors, que la terre soit demain couverte de charlatans !" [081C47*05/05/2008]
Sur l’intérêt de noter que dans le monde, d’autres hommes que nous prêchent le Bien
Tout ignorer du bouddhisme ne compromet en rien notre heureux état de pénitent et de moissonneur de pénitents selon Le Signe. Dans cette entrée, je rappelle seulement qu'il est intéressant, au passage, de noter que dans le monde d'autres hommes que nous, Pèlerins d'Arès, prêchent le Bien et comprennent que le mal ne sera vaincu que par la pratique du bien, pratique que nous appelons pénitence.
Ceci dit, les Pèlerins d'Arès apportent un plus d'une ampleur capitale et incomparable : La Vérité toute fraîche revenue du Créateur, régénérée, permettant de relire des enseignements anciens usés, gâtés, réduits par le temps, les oublis, les censures et les déformations, l'enseignement de Bouddha par exemple, momifié en religion ici et là comme dans le bouddhisme tantrique tibétain. Il semble, ai-je fait remarquer, que le Dalaï Lama s'efforce de faire ressortir le souffle fondamental du Bouddha par-dessus les particularismes du tantrisme tibétain. [081C48*06/05/2008]
Sur le sens du mot nation dans Le Signe
Le mot nation, dans Le Signe désigne un ensemble d'hommes liés par une même aspiration à la vie spirituelle, une même pratique du bien. Rien à voir avec 'l'esprit de la nation en France" dans l'état actuel des choses. [081C49*06/05/2008]
Une expérience similaire (mais qui a réussi)
Voici un extrait de magazine que m'adresse un frère, le témoignage d'une expérience réussie, une intéressante comparaison avec l'expérience ratée de Mark Boyle :
ROME, Mercredi 9 avril 2008 (ZENIT.org)
5788 km à pied : Vivre la pauvreté est accepter d'avoir besoin des autres.
Entretien avec Edouard et Mathilde Cortès
"Nous avons choisi de nous abandonner totalement dans les mains des hommes et de Dieu pour élargir notre cœur. Pauvres, nous le sommes devenus parce que nous attendions tout des autres." Après un pèlerinage à pied de près de 6000 kilomètres, de Paris à Jérusalem, Edouard et Mathilde Cortès sont de retour. Ils expliquent pourquoi ils ont choisi de faire ce pèlerinage et comment ils l'ont vécu.
Zenit - La décision de faire ce pèlerinage en mendiants a profondément interpellé les gens. Elle était un peu vu comme « une folie. Avez-vous regretté cette décision ?
E. et M. Cortès - Nous sommes partis à pied, sans argent, sans téléphone portable, en mendiant notre nourriture et un toit pour dormir. C'est fou, surtout dans une société où on prône la sécurité maximale, cette prise de risque minimale. Nous avions de petites besaces de 4 kilos pour Mathilde et 7 pour Edouard.
Nous avons tout lâché (appartement, boulots, comptes en banque...), quitté nos familles et nos amis une semaine après notre mariage. Nous avons voulu nous dépouiller du surplus matériel dans lequel nous vivons. Même notre carte bancaire. Nous avons choisi de nous abandonner totalement dans les mains des hommes et de Dieu pour élargir notre cœur. Pauvres, nous le sommes devenus parce que nous attendions tout des autres. En sept mois et demi nous avons vécu avec peu mais n'avons manqué de rien. Se faire pauvre, devenir pauvre, ce n'est pas un jeu. C'est une urgence dans notre société où le matérialisme est un cancer des cœurs. C'est une nécessité si on veut aller vers l'autre. Nous étions en position de demandeurs.
Nous avons reçu des Hommes. 103 accueils pour la nuit dans des maisons. Plus de 250 repas reçus dans des familles. Notre survie a tenu à un seul mot : la CONFIANCE.
Bien sûr, nous avons aussi eu faim. Nous avons souvent dormi dehors, 82 bivouacs en pleine nature ou dans des lieux abandonnés. Plus que le pain, nous avons mendié ce qu'il y a dans le cœur des hommes.
Zenit - Pouvez-vous nous décrire l'un des plus moments les plus durs de ce pèlerinage ? Et l'un des plus beaux ?
E. et M. Cortès - 232 jours, 5788 km, parsemés de joies et d'épreuves, 14 pays traversés, des centaines de personnes croisées, cela veut dire une multitude de beaux moments et une myriade de difficultés.
Le plus dur pour nous n'a pas été d'avoir faim ou froid mais d'être rejetés. Par exemple par un prêtre catholique en Croatie, qui n'a pas voulu venir nous voir et nous parler mais qui, par personne interposée, nous a envoyés dormir loin de son église. Nous faisions "pas très propres" sans doute, installés pour dormir devant le porche de la maison de Dieu.
Un autre moment dur : en Syrie, suspectés par les services de renseignements, pris pour ce qu'on n'était pas, suivis en permanence, interrogés tous les jours et de ce fait en semi-liberté et en proie à la paranoïa. Le plus difficile a été d'avoir peur des hommes.
Vaincre ses peurs, voilà le vrai défi. Pour cette marche, pour la vie. Il a alors fallu apprendre à redonner sa confiance et expérimenter que "l'amour parfait chasse la crainte." Les beaux moments, c'est de découvrir l'extraordinaire dans le quotidien. Une main qui se tend, une porte qui s'ouvre alors qu'on n'a rien à donner en retour. Particulièrement, ce moment où tu as faim et froid et où, sans que tu ne demandes rien à personne, quelqu'un t'invite. Cela nous est arrivé bien des fois, comme ce jour de brouillard au Monténégro après le passage d'un col, où nous avons été accueillis à déjeuner par une famille qui faisait des confitures. Nous sommes repartis avec 5 kilos de pommes de terre dans les sacs.
Ou bien le souvenir de Marta, une petite fille serbe de 6 ans, qui nous a offert son unique jouet : "Tenez, ce sera pour votre premier enfant !"
Ou encore Ender, un riche diamantaire en Turquie, musulman pratiquant, qui a lavé nos habits après 8 jours de marche.
Zenit - Avez-vous parfois eu envie d'abandonner ? Quand ? Qu'est-ce qui vous a aidé à tenir ?
E. et M. Cortès - À plusieurs reprises nous avons voulu arrêter notre marche. Les moments de découragement sont venus systématiquement après un coup dur : des disputes au sein du couple, des rejets, une agression en Turquie, la neige ou la pluie incessante, des pressions psychologiques des services de renseignements syriens, les jets de pierres et les insultes d'enfants au Proche Orient, l'expulsion à deux reprises par les douaniers israéliens.
Mais notre force a été d'être à deux. Rarement le découragement est venu ensemble. Il y en avait toujours un pour porter l'autre. Et quand nous avons flanché tous les deux, Lui [Dieu] était là, pour porter notre couple.
Zenit - Quelles "leçons de vie" tirez-vous de cette longue marche ? Tout d'abord sur le plan humain. Qu'avez-vous appris à travers les innombrables rencontres que vous avez faites ?
E. et M. Cortès - Cette route a été pour nous image de la vie. Car, qu'on le veuille ou non, nous sommes en route et il faut marcher. Malgré la pluie, le vent, le soleil qui brûle, les cailloux du chemin... Avancer, malgré les obstacles et les fatigues. Avancer "au large", vers son idéal. Idéal qu'à l'image de la ligne d'horizon on n'atteindra pas, sur cette terre.
Toute vie humaine est aventure. Nous en prenons ses risques puisqu'en dépend une éternité. Ce fut un voyage de noces pour le meilleur et pour le pire. Nous avons vu des hommes, au cœur dur et fermé.
Nous avons vu l'emprise du mal et de l'injustice. Et pour la première fois de manière si vive, nous l'avons senti et expérimenté dans nos cœurs et nos chairs.
Il y a des hommes au grand cœur. On en croise peu, car ils sont souvent discrets ou cachés. Ils ne parlent pas de charité, ils la vivent. Avec eux, une vraie rencontre est possible, entre celui qui accueille et celui qui reçoit. La joie est alors partagée. Une harmonie se dégage, et la langue qui nous faisait barrière, ne sert plus. On est dans un cœur à cœur où le pauvre est aussi heureux que celui qui donne. Comme si l'hospitalité qu'ils pratiquaient nous humanisait et eux avec. Comme si ce qu'ils donnaient gratuitement les transcendait et nous avec.
Nous nous sommes mis à l'école de la simplicité : prendre le temps comme il vient, les gens comme ils sont. Pendant 7 mois et demi, nous avons porté les mêmes vêtements, mangé ce qu'on nous donnait, bu avec la même soif de l'eau, de l'alcool, du café, du thé. Tel des métronomes de la route, nous avons vécu au tic-tac du cœur, laissant la vitesse et le temps à ceux dont la vie est une course. Enfin, nous avons fait l'expérience de l'effort et du sacrifice.
Nous avons dépassé bien souvent nos limites. Physiquement, psychologiquement, quand on est à bout, ou quand on croit l'être, il y a toujours une part de possible dans l'Homme. Cela nous invite à l'Espérance.
L'ascèse n'est pas à la mode. Peu importe, nous l'avons vécue tous les jours. Les hédonistes grimaceront, mais nous avons découvert la joie profonde qu'il y a à se dépenser pour plus grand que soi.
Un chemin de croix que l'on accepte est un chemin de joie.
(Propos recueillis par Gisèle Plantec) [081C50*09/05/2008]
Tester l'impossibilité plutôt que la possibilité de faire appel au bon cœur ?
Calais est une ville de passage depuis des siècles, un endroit où l'on voit passer dans le sens Nord-Sud comme dans le sens Sud-Nord, voire dans le sens Est-Ouest, quantité de vagabonds et aventuriers cherchant Shangri-la ou simplement du travail au Nord ou au Sud, et la population de Calais doit, comme on dit, "en avoir sa claque" d'être sans cesse sollicitée sous l'angle de la charité.
Donc, Mark Boyle a pu mal préparer son voyage. Il aurait dû savoir avant de partir que dans toutes les villes de passage du monde les habitants sont fatigués de voir sans cesse des passagers plus ou moins démunis débarquer ou s'embarquer, et que la charité y est toujours très difficile à trouver. Mais enfin, me dis-je au fil de la réflexion, il aurait pu aller à l'Armée du Salut, dont l'implantation à Calais est sans doute importante. Il y aurait trouvé des compatriotes pour le nourrir, le réchauffer, l'affranchir... Or, il ne semble pas l'avoir fait (à ma connaissance). Ce fait m'a porté à réfléchir au-delà.
Que conclure de cela, me suis-je dit ? Que si je me refuse à être présomptueux, si je me refuse à penser que Mark Boyle était un homme un peu léger ou pas assez volontaire pour l'entreprise qu'il ambitionnait, je me dis qu'il savait pertinemment par avance quels obstacles il allait rencontrer et que, par conséquent, son but réel était uniquement, et consciemment, de tester vraiment, réellement, l'impossibilité de faire appel au bon cœur des hommes où qu'on soit. Tester l'impossibilité et non tester la possibilité.... Il y a une grande différence entre les deux ! Il a trouvé presque immédiatement la preuve qu'il était impossible de faire appel au bon cœur des hommes où qu'on soit, qu'importe que ce fût à Calais, et ayant trouvé la réponse à sa question dès le début, il n'a pas estimé utile de poursuivre. Dans ce cas, son recul n'est pas celui d'un lâche, mais d'un philosophe. Il demeure que le fait qu'un homme, philosophe ou non, en nos temps d'abondance, ait risqué de "mourir de faim et de froid" dans une ville moderne, est tellement significatif que je n'ai pas résisté au besoin d'en faire une entrée de blog. Avoir laissé ce gentil garçon "quasiment mourir de faim et de froid" n'est pas à la gloire d'humains de rencontre. [081C52*10/05/2008]
Il faut appeler au bon cœur tout en cherchant les moyens d’infléchir les structures sociales qui empêchent cet épanchement vers le bien
Le bon cœur existe. Même s'il existe beaucoup moins immédiatement que potentiellement, il existe potentiellement au sens très fort d'existence, sinon pourquoi le Créateur serait-il revenu parler aux hommes à Arès pour relancer la marche du Bien ?
Il n'est pas non plus aisé, si l'on veut pousser plus loin la réflexion, de réellement savoir pourquoi les gens de Calais, qui ne sont sûrement pas plus mauvais que d'autres, ont laissé ce brave jeune homme "mourir de faim et de froid", sinon que vivant dans une ville de grand passage, ils sont sollicités beaucoup plus que d'autres ailleurs et tendent à une rétention naturelle des dons qu'ils peuvent faire. C'est bien pourquoi le Père dit : Tu ne jugeras pas ! On ne sait jamais pourquoi un homme donne ou ne donne pas.
Quand je pars en ville, je mets dans mes poches dix pièces de 1€ pour distribuer à ceux qui mendient. Il y en a de plus en plus. Je rencontre un, puis deux, puis d'autres qui mendient et quand je n'ai plus de pièces (je ne suis pas si riche et donner 10€ chaque jour aux mendiants qui souvent sont plus riches qu'on ne croit, c'est raisonnable pour ma bourse), je passe sans rien donner évidemment aux autres mendiants que je rencontre (il y en a absolument partout) et qui me considèrent comme un radin. Certains me font d'amères réflexions et même, actuellement, des femmes visiblement venues des steppes d'Europe de l'Est me font des signes de malédiction, qui ne m'impressionnent guère, mais qui me font penser que nous allons avoir beaucoup de travail pour sortir ce monde de ses jugements hâtifs et de ses superstitions.
Il est vrai qu'il faut apprendre à donner à ceux qui peuvent donner, mais ils ne le peuvent jamais que raisonnablement. C'est pourquoi il faudra aussi apprendre à être raisonnables à ceux qui demandent qu'on leur donne. En fait, on revient ici à ce que dit Le Signe : Il faut changer de société, il faut changer le monde (Signe 28/7), car les rapports du pouvoir aux hommes est tel que le pouvoir récupère d'eux tout ce qu'il peut. Les gens sont ratissés : TVA ; taxes (l'essence est chère, mais combien de taxes déjà ?), charges et impôts, amendes de toutes sortes, parce que le pouvoir veut toujours attirer l'attention citoyenne vers lui et implicitement la détourner des mouvements du bon cœur (sauf ceux qu'il encourage, évidemment ; la Fondation de France).
Il n'est vraiment pas facile d'y voir clair dans une société qui a autant structuré les mentalités. Notre mission est difficile, parce qu'encourager à la bonté, au pardon, à la paix, etc., c'est aussi le faire en sachant que la structure sociale moderne ne permet pas cet épanchement vers le bien. C'est donc chercher aussi les moyens d'infléchir ces structures et sans recourir à la politique qu'abhorre le Créateur... Nous ne pouvons pas nous réfugier derrière des schémas globaux comme celui qui dit "l'homme ne partage pas, n'a pas bon cœur." Si je juge les hommes ainsi, je désespère et je me dis que seules la loi et la police peuvent les obliger à donner. Je m'y refuse comme mon Père du Ciel s'y refuse. La seule chose dont je suis absolument sûr, c'est qu'il me faut commencer par ma propre pénitence. [081C53*12/05/2008]
Sur la mission et la mise en garde contre les idées personnelles
Même si je laisse mes frères libres de leur mission dont je ne me mêle pratiquement jamais, c'est mon devoir, quand quelque chose d'inapproprié me tombe par hasard sous les yeux, de mettre en garde un frère moissonneur contre certaines idées auxquelles il croit, mais qui ne se trouvent pas dans Le Signe. [081C20*25/04/2008]