Ce qu’on lit ci-après, je l’ai noté cette nuit vers 4 h 30.
Je ne l’ai pas noté pour le publier. L’idée de le publier m’a passé par la tête tout à l’heure en m’installant devant mon ordinateur pour rédiger l’entrée 0105 sur un sujet très sérieux. Je me suis ravisé : « Pourquoi toujours enquiquiner mes lecteurs avec un « déballage intellectuel » (commentaire 104C17) ? Ce blog étant personnel, pourquoi ne pas partager avec tous un peu de mes petites pensées brutes, ces nains qui trottinent avec moi sur le sentier de ma petite vie ? »
Donc, aujourd’hui, un peu de mon cogito brut de fonderie : la dernière note de mes carnets.
Des carnet j’en ai eu des tas, des gros, des minces, de formats différents selon les tailles de mes poches, les lieux et les circonstances (au bureau, au lit, en voyage, etc.) J’en ai perdu, j’en ai oublié ici et là et j’en ai retrouvé quelquefois. Le destin de mes carnets ne me tracasse pas. Ceux qui m’ont laissé dans mon coin — vox populi vox Dei (voix du peuple, voix de Dieu), mais est-ce vrai ? —, avec raison ne me considèrent pas comme un penseur. Pour les autres, curieux de ce que je pense malgré tout, voilà ma note de la nuit dernière :
Cette nuit, je priai, écrasé sur moi-même, les cous-de-pied et le front plaqués au sol de mon appartement, à ce béton enfoncé quelques étages au-dessous dans cette terre que le Créateur m’a donnée : « Fais-en ce que tu veux ! » (Genèse ———)* et je me déniaisai une fois de plus. Chez certains la prière est un moment d’illusion mystique, de rêve éveillé. Chez moi c’est le contraire, le moment où je me déniaise, où j’atteins le scepticisme qui depuis 1974-1977 me sauve !
Dieu ? J’ai entendu une Voix s’élevant au milieu d’un carnaval de lumières et de coulées de lave de lumière et d’un concert effrayant de craquements de charpente. J’en suis même resté un peu sourd. Jésus ? Il était de chair, oui, mais s’habillait-il de chair uniquement pour me parler ou bien la gardait-il là où il allait chaque nuit en me quittant ? Comment vit-il ? Respire-t-il ? Mange-t-il ? Je n’en sais rien. J’ai seulement entendu son Message. Autrement dit, je ne sais pas grand-chose des choses auxquelles je crois. Je suis donc un croyant sceptique.
J’ai la foi, mais je ne crois qu’à ce que j’ai vu et entendu. Communiste, je croyais déniaiser la morale bourgeoise autour de moi. Puis la Bible me fit déniaiser mon communisme, puis Jésus et le Père me firent déniaiser ma Bible (interprétée par mon église) et la théologie.
Je suis un sceptique. Pas un incrédule, un sceptique.
Alors, sortant sur mon balcon dans l’intense froid humide de février j’ai vu par un trou dans le voile opaque les étoiles et je me suis émerveillé de ce que je vive au milieu de ces espaces infinis et j’ai vu, constaté, que je ne pouvais être qu’un tabernacle de Dieu, voire même Dieu lui-même, fait Dieu par Dieu…** Je suis un homme, une merveille. Si je n’étais pas sceptique je ne pourrais pas comprendre ce tout petit peu qui fait de moi — un petit homme — tout et Tout.
* Genèse 1/28-30, 9/1-3
** Signe 2/13

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