
Une religiosité aux antipodes du Signe,
mais un courage insurrectionnel spirituel à méditer.
(Domaine public, Wikimedia)
Méditer sur des gens et des idées qu’on aurait plutôt le réflexe de fuir, voilà un bon exercice d’amour, de respect des autres et même d’intelligence.
En ce jour où la chrétienté d’église fête l’Ascension de Jésus, aspiré là-haut où l’homme sauvé ne boit plus l’air (Signe vi/1), j’entre en communion avec les Catholiques, non communion de dogmatisme mais d’immanence — des frères et sœurs humains de part et d’autre de ce qui les distingue — en méditant sur un point de leur histoire : Port-Royal.
Oui, Pèlerin d’Arès en effort permanent d’être libre (Signe 10/10), libre de tous préjugés et en quête de liberté absolue, puisqu’étant existentiel je refais mon destin (Signe 30/11) et le destin du monde (28/7), je trouve matière à réflexion dans Port-Royal comme dans n’importe quelle autre expérience de la foi en quête de liberté à l’image et ressemblance du Créateur : irréductible.
Même disparu depuis trois siècles, Port-Royal n’en finit pas de proclamer de concert avec tous ceux qui en appellent à la conscience universelle, qu’aucune loi des rats (Signe xix/24) ne soumettra jamais, la dignité et la liberté absolues de l’homme face aux pouvoirs du monde, religieux, politiques, intellectuels, anciens, présents ou futurs.
J’entends d’ici les habituels protestataires : « Quoi encore ? Vous méditez sur ce couvent catholique, de surcroît janséniste (prédestinationniste), où la foi s’était égarée aux antipodes du Signe ? »
Ne me jugez pas étourdiment ! Je me désole des excès d’erreur commis par les religieuses de Port-Royal pour fuir les péchés et corruptions de leur siècle et de leur propre église,
ainsi je me prémunis contre les étranges radicalismes qui tentent ceux qui désespèrent de voir le monde changer en bien
et je trouve une occasion nouvelle de louanger le Père qui à Arès a rappelé aux hommes que les plans théologiques ne servent à rien, parce que seuls les actes bons — la pénitence — sauvent,
mais en même temps je médite le superbe courage de Port-Royal dans l’insurrection spirituelle.
Libres d’oublier Port-Royal sont tous ceux et celles que Port-Royal révulse ou n’intéresse pas, mais c’est pour moi, personnellement, aujourd’hui l’occasion d’une méditation personnelle sur deux point :
Port-Royal, le contre-exemple :
Ne nous y trompons pas, le contre-exemple absolu du Pèlerin d’Arès n’est pas la religieuse de Port-Royal ; c’est Adolf Hitler. Mais comme contre-exemple de foi, Port-Royal se posait là ! On y suivait les dogmes catholiques : Dieu-trinité (le dieu à trois têtes, Signe 23/7), la rédemption par la mort de Dieu lui-même sur la croix, le magistère incontournable de l’église et du pape, etc., des croyances dont Le Signe nous éloigne. Mais l’erreur des nonnes était plus grave encore. À Port-Royal on croyait à l’enseignement de deux ecclésiastiques, Cornélius Jansénius (le cerveau) et l’abbé de st-Cyran (la flamme prêcheuse du précédent), selon lesquels le salut dépendait non seulement du bon vouloir de Dieu, mais aussi d’une une certaine prédestination. C’est tout le contraire de ce qu’enseigne la Parole d’Arès qui rappelle que le salut de l’individu et du monde dépend uniquement du bon vouloir humain et que n’importe quel homme est promis au salut pour la simple peine d’une pénitence qui est une joie pour l’homme pieux (Signe 28/25).
Port-Royal, l’exemple :
Port Royal fit preuve d’une résistance pacifique mais résolue aux pouvoirs religieux et politique. Sa force spirituelle insurrectionnelle, tant celle des religieuses que celle de leurs amis, pourtant dépourvus de toute puissance temporelle comme nous, Pèlerins d’Arès, le sommes, est un exemple « d’insurgeance » (Le Pèlerin d’Arès 1989, p.236) et d’extrême courage à méditer.
Port-Royal a fini effacé de la société par les princes, mais pas effacée des mémoires, ne serait-ce que pour avoir donné asile à des caractères d’une trempe exceptionnelle autant qu’à des grands esprits libres comme Blaise Pascal, auteur de « Pensées » qui allaient jusqu’à aujourd’hui nourrir les cœurs croyants libres.
Là où Port-Royal échoua, parce que cette communauté de foi partait d’un rigorisme sec, pas du tout orienté sur le changement du monde (Signe 28/7), nous réussirons. Le Signe nous fait partir d’une tout autre base spirituelle et sociale, d’assemblées souveraines d’elles-mêmes (Signe 8/1), parce que faites de pénitents qui n’attendent pas leur salut et le salut du monde de la Miséricorde et d’une Loi de prédestination, mais d’eux-mêmes en activant dans leurs vies l’amour, le pardon, la paix, l’intelligence du cœur et en se rendant libres de tous préjugés, se rendant ainsi capables de poser sur l’homme et les choses un regard neuf et créateur.
© Michel Potay 2010 — Tous droits réservés


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