En observant de ma fenêtre les manifestants d’octobre 2010  :
Est-ce là le sublime rationalisme braillard et çà et là haineux, dont autrefois
je fus partie prenante, qu’on oppose à mon « mensonger et risible » Surnaturel  ?

© Christiane et Nina Potay

Il y aura trente-sept ans le 15 janvier que Jésus m’apparut et me parla. Il y a eu trente-trois ans le
2 octobre que le Créateur se manifesta à moi et me parla.
J’ai retrouvé l’un de mes témoignages. Il remonte à une vingtaine d’années, mais sa valeur est perpétuelle  :

« Le Surnaturel surprend et stupéfie. Il surprendrait et stupéfierait même le mystique qui n’a pas cessé d’espérer sa visite, parce qu’aucun humain n’imagine ce qu’est le Surnaturel. Alors, moi qui ne suis pas mystique, qui n’imaginais ni n’attendais rien de tel, vous pensez…
« Le 15 janvier 1974, le Surnaturel me prêta une âme pour que je pusse le voir et l’entendre. Quarante-quatre mois plus tard, le 2 octobre 1977, j’avais, je suppose, une âme pour le voir et l’entendre puisque j’avais fait pénitence entre temps, sinon il m’en prêta une encore. De toute façon, en 1974 et en 1977, ce fut comme s’il me transbordait sur un vaisseau d’émotion et de peur flottant sur une Mer d’inconnu, tellement impressionnant que, brûlant d’une curiosité effarée, mais extrême, je supportai émotions et peurs. Tant que le Surnaturel durait  : 88 jours en 1974, 51 jours en 1977, le terrestre n’était plus présent à moi que comme le fond de l’Eau au-dessus de quoi je voguais et vers quoi je me penchais parfois.
« Le 13 avril 1974, le Surnaturel s’en alla et m’abandonna. Le 22 novembre 1977, il s’en alla et m’abandonna encore et cette fois complètement aux problèmes énormes que son Message me laissait résoudre. Je coulai, je rampai à nouveau comme un crabe faible et maladroit sur le fond terrestre. L’âme, que le Surnaturel m’avait prêtée pour que je pusse le voir, l’entendre et même parcourir l’espace (Signe vi/1-5), se résorba et depuis lors j’ai dû me recréer et développer moi-même une âme par la pénitence.
« Du moins, mon âme, j’espère l’avoir. De cela j’ai douté dans de rares mais pénibles accès de criticisme ou de relativisme. Alors, j’ai douté non du Surnaturel, tellement visible, sonore, tangible, mais de sa connaissance des réalités terrestres. J’ai parfois pensé que tout comme le terrestre est vrai et vécu, le Surnaturel est vrai et vécu, mais que ses idéaux semblaient comme d’énormes vagues innavigables pour l’arche de l’humanité en l’état de sa lourdeur et de sa médiocre connaissance du Vent de Dieu. Je me suis dit, dans ces moments de doute angoissant que, sur cette Mer-là, peuvent rouler et tanguer seulement quelques âmes comme des voiles (Signe 17/4-5, 18/4-5, 20/4), trop rares pour constituer la flotte du Roi (Signe 18/4, 19/2  ; je me suis dit que le petit reste de pénitents censé porter le monde à changer (28/7) serait à jamais trop petit petit pour avoir jamais quelque influence.
« Toutefois, mes accès de criticisme et de relativisme n’ont jamais duré longtemps, parce que Le Signe m’a toujours vite rattrapé. N’est-elle pas tout à fait claire  ? Le pénitent est n’importe quel humain, qui change sa vie (Signe 30/11) non dans un ashram, un monastère ou un ermitage, mais dans le tohu-bohu du monde contradictoire et brutal pour l’amener à changer lui aussi (Signe 28/7) en l’imprégnant peu à peu de l’esprit de pénitence. Personne ne fait son salut personnel sans se soucier du salut général, social. Grand paradoxe  : La pénitence n’est pas un refuge comme le sont religion, idéologie et même politique, mais un exode. Un exode spirituel  ! Le Créateur nous envoie dans le vaste désert des pécheurs pour les aimer, seraient-ils exécrables, leur pardonner, seraient-ils impitoyablement durs, faire la paix avec tout le monde, être libres des préjugés et préoccupations du monde, rechercher et pratiquer l’intelligence du cœur.
« Dans le monde le Surnaturel n’apparaît et ne parle que fugacement, mais le terrestre y est tout aussi fugace  ; le bien et le mal y alternent aléatoirement. C’est dans ce paradoxe  que l’homme retrouve sa nature sacrée. C’est dans l’instabilité du monde que tournera le petit reste (Signe 24/1) de pénitents, moteur du salut, ce n’est pas dans l’isolement et l’élitisme religieux ou idéologique, qui ne donnent que l’illusion d’être durables et prometteurs, parce qu’ils font confondre inertie et immobilisme avec durabilité. »

Simple est le chemin vers le jardin de bonheur et d’éternité  : la pénitence, qui n’est rien d’autre qu’aimer, pardonner, faire la paix, être spirituellement libre et intelligent. C’est se surnaturaliser, mais se surnaturaliser est curieusement impossible sans continuel va-et-vient entre surnaturel et terrestre, entre les sentiments de possible et d’impossible.
Ô fugace surnaturel, ô fugace terrestre  ! Trente-six ans après que Jésus m’eut parlé, je me sens encore incapable, moi la taupe à quoi poussent des ailes, de rester en l’air comme l’Aigle (Signe 23/2). Je monte et descends. Je dois inlassablement faire face à l’inattendu de la vie.
Heureusement, le paradoxe, en y regardant de plus près, est plus favorable au Surnaturel qu’au terrestre.
Le terrestre est beaucoup plus fugace, tellement plus que je plains la masse rationaliste qui ne croit qu’en lui et ne compte que sur lui.
Le Surnaturel se matérialise et se dématérialise, mais il désaltère mon espérance sans discontinuer  ; sa fugacité n’est qu’apparente.
Le terrestre, quand il se matérialise, est une eau miroitante, mais qui ne dure pas. Il s’évapore et laisse un désert au sol durci et craquelé par les problèmes qu’il a causés, il laisse l’homme assoiffé d’acquis, dont il n’a jamais assez, et des idées tracées dans le sable qui s’appellent rêves, incrédulité, insatisfaction, revendications, mort.
Le Surnaturel est, c’est vrai, absent de mon regard depuis trente-trois ans, mais il n’est pas, lui, absent de la réalité  ; il m’a prouvé qu’une autre Vie est accessible, vaut la peine que je gravisse ses sentiers pour une ascension difficile, mais qui m’épargnera de mourir bête… bête et Bête (22/14, xxxiii/6).
Bête,
je l’ai déjà été bien assez, quand je me suis dit  : « Si je n’avais pas  laissé le Surnaturel bouleverser ma vie en 1974, si je l’avais tenu caché, je n’aurais pas eu à subir les théophanies en 1977, on ne rirait pas de moi, je n’aurais ni ennemis ni frères qui posent souvent autant de problèmes que les ennemis, je serais un être socialement bien catalogué. »
Pauvre de moi  ! Par peur de chercher le vrai bonheur (36/23, 37/9) choisirais-je le trompe-l’œil du bonheur social  ? Trompe-l’œil, oui, puisque je ne vois que gens critiquant, vilipendant, assaillant ou fuyant ce monde, la seule chose à quoi ils croient. Trompe-l’œil, que nous avons tant de mal à chasser de nous et dont j’ai et vous avez, mes frères Pèlerins d’Arès, plus de mal encore à délivrer les hommes.
Bête je l’ai été bien assez dans les affres du questionnement, même sans me cacher du monde, en me disant  : « Comment présenter ce Surnaturel improuvable, mais qui, même s’il était prouvé, serait  rejeté, parce que son message déplaît  ?
Ne le traduire qu’en termes qui plaisent au monde comme font depuis toujours ces hypercirconspects qui se gardent bien de monter sur le Parvis du Père (Signe 2/16-18), c’est-à-dire, qui n’en répercutent que les perspectives par avance socialement et culturellement acceptées  ? Non.
J’ai surmonté ma peur du terrestre, parce que j’ai compris que la fugacité du Surnaturel n’a pour cause que mon aveuglant péché, tandis que la fugacité du terrestre est démontrée par l’Histoire d’une humanité qui court après un type de bonheur qu’elle ne trouve jamais, perpétuellement insatisfaite ou déçue, perpétuellement vieillissante et mourante, mais pas encore consciente que sa chimère, c’est ce qu’elle appelle rationalisme, s’est avéré plus fugace que le Surnaturel.
J’ai surmonté ma peureuse bêtise terrestre et je me suis mis à la pénitence et à la moisson des pénitents et je n’en démordrai pas.
Frères et sœurs, même quand vous croirez viser trop haut, vous serez encore au-dessous de ce que le Père attend de vous. Aidez les hommes à assumer de vrais espoirs  !

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