Le volcan de Bien, qui remplacera le volcan de lave, est déjà en vous.

Photo : hrns (Pixabay)
Le Signe conclut par :
Je lave ton cœur (et toi) tu laves le cœur du frère.
Le Fer, tu en es le fil.
Je souffle, ton cheveu (tombe comme) la pierre de feu coule, il couvre la terre,
il ouvre la porte (du monde comme) la pierre de feu (le volcan, porte de la terre) (L/1-6).
Ces mots mêlent le présent et l’avenir, parce que le présent frère pénitent et moissonneur élabore l’avenir ; il est l’avenir.
Le monde changé (Signe 28/7), le Jardin (ii/18, xxviii/21) d’Éden, est certes l’avenir extrême, celui du Jour où le temps s’arrêtera, mais il vit en puissance dans la pénitence d’aujourd’hui.
D’ici là, et dès aujourd’hui, quantité de petits, voire même de tout petits jardins peuvent naître.
Tout pénitent et moissonneur peut créer, houer (xvi/17, xxx/7), cueillir et entretenir son jardin. Sa postérité s’en nourrira et le jardin grandira de génération en génération.
Si le Jardin (Signe xxviii/21) du monde changé où le Fruit (i/17-19) murira perpétuellement et où le bonheur (36/23) coulera comme la pierre de Feu ne germe pas déjà dans le petit jardinet du pénitent, si le Bien n’y fume pas déjà d’un tout petit volcan, quelque chose n’est pas encore accompli dans sa vie spirituelle.
C’est aujourd’hui qu’on prépare les grands volcans d’où jaillira le Bien au lieu de lave, le Fer de l’amour au lieu du fer des chaînes et des armes.
Miracle de l’accomplissement, le tout petit jardin avec son tout petit volcan contient déjà les trésors spirituels que le vaste Jardin d’Éden et ses grands volcans de Bien contiendront en absolue multiplication.
Immensité ou petitesse, la taille n’est pas l’affaire. C’est la pénitence et la moisson des pénitents qui décident, qui donnent son Bien au présent qui est avenir.
Le Bien, que le public ne voit pas, parce qu’il s’imagine le Bien autrement, n’est encore perçu que par le frère au cœur lavé. Lui seul voit actuellement s’ouvrir la porte par où sort la pierre de Feu, le logos — « parole », « discours », « raison », « Le Logos \ ce qui est toujours \ les hommes sont incapables de le comprendre » (Héraclite, entrée 128) — et ses concepts encore inimaginables pour un monde fait à d’autres valeurs.
Mais peu à peu le Bien sera perçu par le public et là commencera pour nous un problème. Quand notre propre pensée se répandra, elle risquera de s’uniformiser et s’affadir et pour éviter cela la mission devra sans cesse remplir les trous d’air qui feraient tomber les anges de l’apostolat et s’installer à leur place une religion. La pierre de Feu, c’est aussi l’imagination sans cesse en éveil et fertile. Tout croyant est apôtre et l’apôtre n’est jamais au repos comme Dieu n’est jamais au repos, créant l’univers sans cesse.
Tout ce qui est très simple est très difficile. Très difficile ne signifie pas impossible. Mais c’est là qu’on s’aperçoit que Le Signe refait de l’homme le co-créateur du monde que fut Adam avant son mauvais choix (Signe 2/1-5). Le Créateur ne fait pas de nous, comme l’enseigne la religion, des brebis qui suivent le Berger sans se poser de questions. Il fait de nous des brebis qui créent, qui re-fabriquent le monde (28/7) et qui donc doivent se poser, sans cesse, beaucoup de questions et les résoudre. Chacun de nous, pénitents, est donc la 100ème brebis retrouvée et non l’une des 99 autres. Chacun de nous, la brebis dont le retour réjouit le Père (Matthieu 18/12-13).
© Michel Potay 2012 — Tous droits réservés


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