
© Keith Allison
Les Steelers de Pittsburgh gagnent le fameux Superbowl, la finale du championnat de football américain. Ils sont acclamés comme des gladiateurs triomphants et leurs adversaires sont éclipsés par les couloirs des vestiaires comme les gladiateurs morts. Les sports d’équipe ne sont-ils pas propres à exalter le fort écrasant le faible plutôt que la saine compétition, source d’émulation et non de dure rivalité ? C’est une question qui n’a pour le moment abouti nulle part, sans doute parce que, l’humanité n’ayant pas encore évolué autant qu’on l’imagine, la masse a encore besoin de jeux de cirque.
Le frère Michel raconte qu’en 1960 il avait assisté à une corrida à Nîmes pour la première et unique fois de sa vie. Bien qu’athée à cette époque, il avait été indisposé par « l’excitation barbare » des spectateurs. Il avait compris que « si l’on amenait des chrétiens dans l’arène pour y être dévorés par des fauves, il y aurait encore eu du monde pour venir voir ça à notre époque. » Il ne supporte plus les films violents, mais il admet qu’il prend encore un « plaisir de gosse à voir un match de rugby. » Peut-être parce ce sport « de course, de fougue et de corps à corps » lui rappelle les « bagarres à la sortie de l’école communale » dont il sortait « débraillé et amoché, mais extraordinairement vivifié. »
Il s’est souvent interrogé sur cette question et n’a trouvé qu’une seule réponse : il faut se déculturer et se déculter encore pour devenir des hommes du temps qui vient. Ce n’est pas nier l’exercice physique et ses bienfaits que de se former à écarter totalement les exercices de pugnacité.
© Michel Potay 2006 — Tous droits réservés


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