Nous vivons tous dans le Noir. Aspirons au Blanc (xLv/25) !

Photo : geralt (Pixabay)
Mon Noir et le grand Noir du monde, c’est pareil.
Dans son Message de 1977 le Créateur n’appelle pas le Mal le Mal ; Il l’appelle le Noir (Signe xviii/1-13, xxviii/12-20). Le Noir est le Mal réel, qu’Il distingue ainsi du Mal que les religions ou les morales restreignent à tort à l’individu ou à un certain groupe d’individus. Si je fais le Mal pour le Mal, mon Mal réel ou Noir n’est pas indépendant du grand Mal ou Noir du monde et même de l’univers, puisqu’au fond de moi demeure, même quand elle gît là comateuse, l’image et ressemblance (Genèse 1/26) du Père de l’Univers (Signe 12/4).
Similairement, la religion qui prépare chaque fidèle à son salut personnel abuse ce fidèle, dont le salut réel n’est pas indépendant du grand Salut de tous. C’est d’ailleurs pourquoi un petit reste de pénitents (Signe 24/1) pourra agir sur la vaste humanité non-pénitente.
L’individu, ermite retiré au fond des bois ou bourreau d’Auschwitz, n’est jamais dissocié de toute l’humanité. Avec des has (âmes) ou sans has la polone demeure (Signe xxxix/5-13). Cette Vérité est le Fond même du Signe qui rappelle que la religion, la morale, la justice légaliste trahissent le Vrai en séparant les saints des pécheurs — le Père seul est Saint (12/4) —, les innocents des coupables.
Mon Noir (mon Mal réel) est du même bois que les boules du grand Noir du monde.
Le Bien est comme un jeu de quilles, que la boule du Noir renverse sans cesse.
Les boules de mes mensonges, égoïsmes, méchancetés, violences renversent les quilles avec l’innombrabilité des boules qui incessamment roulent et sillonnent le Champ (Signe 14/1), qui est le peu qui nous reste de l’Éden de jadis. La vertu, à quoi tout homme, même le monstre, aspire une seconde, une heure, un jour, quand le retraverse fugitivement l’ombre de l’homme clair et blanc (xvii/12) qu’il fut jadis, la vertu relève les quilles, mais les boules sont relancées et les quilles retombent. Cela durera aussi longtemps qu’on relancera les boules et même à un moment le pire pourrait survenir, le péché des péchés (Signe 38/2), si plus aucun homme de bien ne relève les quilles.
Le Noir en moi est le Noir de tous et c’est pourquoi le Bien en moi est par antécédence le Bien de tous. Quand j’entre en pénitence pour rétablir le Bien je ne rétablis pas mon Bien personnel pour moi tout seul, mais le Bien de tous, parce que je suis le frère de mon prochain et que mon prochain, c’est tous. Ma pénitence individuelle est universelle. Contradiction ? Non, mixtion ! Ma pénitence est l’œuvre sociale par excellence. Si je n’ai pas compris cela, je n’ai pas compris ce que sont l’amour, la parole, la créativité, l’individualité et la liberté, les cinq dons que le Créateur fit à la créature humaine en lui donnant son image et ressemblance. Je suis le frère de tous comme le Père est le Père de tous, mais je suis aussi unique en mon genre que le Père est unique.
Le Tout Autre n’est jamais que l’Autre du Tout que je suis.
La culture empêche et même interdit de voir la relation indestructible existant entre mon Noir et le Noir du monde. La culture désigne et isole des coupables. Quelle culture m’a donc ainsi trompé en me déclarant innocent de tous les méfaits et mensonges de l’humanité ?
Si je mens, si je vole, si j’abuse, si je violente, c’est parce que le monde où je vis me ment, me vole, m’abuse et me violente. Mais même si je ne mens pas, ne vole pas, n’abuse pas, ne violente pas, je ne suis pas innocent des mensonges, vols, abus et violences qui meurtrissent le monde. Le Noir, c’est le monde autant que moi. Voilà pourquoi la Vérité, c’est que le monde doit changer (Signe 28/7).
La culture ? Voyons ça ! En 86 ans, j’ai tantôt subi, tantôt vu d’autres subir, chimères et mensonges, tantôt courants d’air insignifiants ou bêtes, tantôt marteaux-pilons féroces ; j’ai cru dans des promesses qui toutes m’ont déçu jusqu’au moment où Toi, Sainteté, Puissance et Lumière — qui ne cesse de créer l’univers infini, dont je ne suis qu’atome, mais nécessaire atome, car l’univers ne peut exister sans moi —, Tu Te tassas à la taille d’un clou (Signe ii/21) pour que mon œil et mon oreille d’ion infime pussent comprendre que je devais non croire — croire ne sauve personne — mais changer ma vie (Signe 30/10-11) pour changer le monde (28/7). Tout ce qui est mauvais, en moi ou dans le monde, est pour moi le même visage du Noir. Ô Père, Tu T’adressas à un homme seul, parce que t’adresser à un homme ou sept milliards d’hommes c’est pareil pour Toi. Le changement qui concerne l’un concerne tous les autres.
Passer de croyance à changement demande une désintégration culturelle, de sorte que je me suis déculturé. Ainsi ai-je suivi Ta Parole, ô Père, depuis 1974 et ainsi mes frères et sœurs L’ont-ils suivie et m’ont-ils suivi, parce que le Bien en Toi est le Bien en eux et le Bien en moi : le Bien en nous tous, Toi compris ô Créateur. Le Bien, réactivé quand l’homme vole devant le Vent du Créateur (xix/9), réveille, à leur insu, le Bien au fond d’hommes qui n’entendent parler ni du Signe ni de nous, mais que notre pénitence fait se relever vers la Lumière. Comme le péché produit des effets malheureux au loin, le Bien produit des effets heureux au loin. Le monde changera en Bien tant grâce à la pénitence lucide que suscitera Le Signe que grâce aux effluves inexplicables de la pénitence sur quantité d’hommes non concernés.
Ainsi le Père nous rappelle-t-il qu’il existe entre humains une interaction aussi invisible que réelle, tout autre que ce que les croyants pensent provoquer par la prière religieuse, qui est seulement demande d’exaucement — Les prières des croyants avaient-elles jamais arrêté une guerre ? —. Cette interaction n’est en fait effective que par le Bien ; c’est pourquoi Jésus, une fois ressuscité, se montra utilement à des gens ordinaires sans pouvoir, mais vecteurs de Bien, comme les saintes femmes, mais non à ses puissants persécuteurs comme Caïphe ou Pilate, ce qui eût été logique, mais n’eût généré que vide et silence. Il est grand temps de réveiller l’intelligence spirituelle (Signe 32/5), seulement active dans le champ spirituel comme l’electricité dans le champ électrique, grand temps de réactiver notre profonde empreinte génétique.
Les promoteurs du monde du XXIe siècle considèrent comme intellectuellement intelligents l’abrutissement des masses, la peur de l’autre et l’isolement des coupables. S’agit-il d’un complot millénaire tramé par des leaders qui gèrent savamment l’humanité comme des naturalistes gèrent l’élevage de singes (Signe ix/2, xxviii/18) ? Au complot je ne crois pas ; cela demanderait plus d’intelligence intellectuelle que n’en a jamais eu et n’en aura jamais l’homme, bon ou mauvais — le soleil se lève sur les bons comme sur les mauvais (Matthieu 5/45) —, créé pour autre chose, essentiellement pour la Vie et l’intelligence spirituelles.
Tout ce que voit le Père, que par Le Signe il nous fait voir, c’est que depuis qu’existe le système d’Adam (Signe 2/1-5, vii/7-16) l’humanité est drivée par la prétention et la stupidité, religieuses, politiques ou intellectuelles. Comment l’asservissement et la guerre auraient-ils jamais existé autrement ? Me revient une pensée de Michel Foucault : « L’Occident n’a eu, au fond, que deux modèles de contrôle des individus : l’un est l’exclusion des lépreux, l’autre l’inclusion des pestiférés. » Dans le beau cadre de l’humanité malade qui veut avoir l’air bien-portant, nos peste et barbarie bien organisées, techniques et prévoyantes, chacun en est réduit à tirer son épingle du jeu selon hasards et opportunités comme au temps de la barbarie brouillonne, primitive et inconséquente d’Attila, qui n’était autre que le Fléau condamneur, mon père, comme Galilée ne fut autre que le Sage condamné, mon père. Je crois que la semence humaine n’est devenue depuis Adam (Signe 2/1-5 , vii/1-7) qu’une purée de restes de grandeur édénique et de restes de vilenie animale, dont éclosent pêle-mêle esclaves et leaders, véridiques et menteurs, capables et incapables, abstinents et goinfres, pudiques et juponniers, débiles et malins, forts et faibles, et que tout naturellement s’imposent quand les circonstances le permettent des leaders. La vie dans l’actuel monde n’est que tribulations.
La médiocrité criminelle de la clique d’Adolf Hitler était horrible, mais réaliste, elle proposait un affreux rêve tellement éveillé, actif et visible qu’il fut possible de l’abattre. Au reste, toute l’Allemagne suivait Hitler… Pour autant fut-elle beaucoup plus méprisable que la France et la Grande Bretagne colonialistes, les États-Unis racistes, etc ?
La médiocrité de nos politiciens actuels est douce, supportable, beaucoup moins visible, comparée à celle d’Hitler ou de Staline, mais je vois qu’elle est peut-être pire et sûrement plus difficile à abattre, si je considère que le pire pourrait ne pas être de tuer, mais d’abêtir. Abêtir, verbe qui s’applique aussi bien à sept milliards d’humains qu’un un seul. Abattre cette médiocrité sera autrement plus difficile, parce qu’elle est plus fourbe encore — fourberie de tous —, et c’est bien pourquoi Toi, Sainteté, Puissance et Lumière créatrice de l’univers infini, Tu intervins en 1974 et 1977. Et que dis-Tu alors ?
Père, tu dis que c’est en nous-mêmes — chacun de nous étant tous — qu’il nous faut chercher les responsables du grand Mal ; du grand Noir. D’où la nécessité salvatrice de la pénitence pour ceux qui ouvrent les yeux.
Abattons le Noir en nous pour abattre le grand Noir du monde ! Âpre lutte par le glaive (Matthieu 10/34) de la pénitence contre l’égo et par la faux (Signe 14/2, 38/4) de la moisson contre la masse aveugle au grand Noir, parce que l’égo comme la masse des hommes ont peur de regarder plus haut et plus loin qu’eux. Âpre lutte contre nos paresses à nous, les convaincus. Âpre lutte contre les non-convaincus qui rejettent Le Signe avant tout examen, contre ceux qui savent que le grand Noir existe, mais le prétendent inévitable, et ceux qui savent qu’il existe et qu’il est abattable, mais qui ne font rien pour l’abattre.
Oubliés sont le questionnement ferme et le raisonnement rigoureux sur la nécessité de ranimer la Vie, de faire que la Vie triomphe sur le Noir = le Mal = la Mort. La vie spirituelle est tenue aujourd’hui pour démodée et terriblement ennuyeuse ; la quête du bonheur matériel remplace partout la quête de la Vie comme si l’un empêchait l’autre ; les croyants font même du spirituel une routine pas trop exigeante, parfois très relâchée. Le Créateur perd-Il son temps à appeler l’humain à la pénitence, qui seule fera reculer le Noir ? Resterons-nous un minuscule petit reste de pénitents, parce que trop d’humains sont incapables de ranimer en eux les valeurs profondes de l’être ? Non, parce que le Père n’aurait pas redonné sa Parole à Arès, s’il la savait irréalisable, mais ne nous trompons pas de difficulté ! Ce contre quoi nous luttons, c’est le danger d’un vrai désastre ontologique, celui de l’homme errant définitivement dans un désert mortel.
Le monde du Noir tourne comme un manège de chevaux de bois au son des soupirs sceptiques, des « je ne crois que ce que je vois ! », des « après moi le déluge ! », au son du verbiage de ceux qui se vautrent dans les prévisions « scientifiques » des media débiles, au son des discours des partisans d’un monde qui devient une machine d’exclusive reproduction sociale, au son des trompettes de ceux qui tolèrent que politiques et souvent religions insultent quotidiennement notre intelligence et des cors des mécréants qui écrasent le sacré et livrent leurs propres enfants au vide spirituel qui tuera le seul être spirituel de l’univers : la créature humaine.
Aux adorateurs du Noir qui se confient à l’institution sans oser se poser la question essentielle de leur vraie nature, de l’image et ressemblance du Créateur qui est en eux. Aux adorateurs du Noir qu’exaspère la religion et terrorise l’inconnu. Aux adorateurs du Noir qui croient que l’hypocrisie, la bêtise et la barbarie sont définitives et que l’idée même du spirituel révolte. Aux adorateurs du Noir qui nous comprennent mais refusent de nous suivre de peur qu’on les foule aux pieds. À tous ceux qui ainsi s’abandonnent au Noir cette entrée de blog est dédiée.
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© Michel Potay 2015 — Tous droits réservés


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