En 1974 le Messager du Père, Jésus, me proposa un destin. Je l’acceptai sans passion alors.
Quarante-trois ans après je l’accomplis (Signe 35/6) avec Feu (x
Li/3-10). Je vieillis, mais chaque jour le Père souffle plus fort sur mon Feu.
Mon crépuscule commence, mais chaque jour plus ardent est le brasier de foi et d’espérance que je suis devenu.
Mon crépuscule sera-t-il court ou long  ? Qu’importe  ! Un jour mon cœur s’arrêtera de battre et mon âme prendra le relais et étirera vers l’infini le fil d’Or de la Parole que Dieu m’a donnée, que mes frères et sœurs amarreront chaque jour de plus en plus solidement à la Terre tandis que, prophète, je l’étirerai jusqu’aux confins des étoiles où, déjà, le Père me fit courir (Signe vi/1-4).

Le sein d'Abraham (Musée Unterlinden, Colmar) (Photo : Gzen92, Wikimedia)

Le sein d’Abraham (Musée Unterlinden, Colmar)
Photo  : Gzen92 (Domaine Public ; Wikimedia)

J’irai dans le sein d’Abraham. Sa paternité universelle est dans l’écartement éternel de ses bras. Son giron contient l’Univers sans limites où volent les âmes. Quand le Docteur House, mécréant absolu d’une série télé, dit que « de l’autre côté il n’y a rien », il ignore à quel point il dit vrai  : L’au-delà est tellement inimaginable qu’on ne sait rien, en effet, parce qu’il n’existe pas de langage pour le décrire.
Le rien est le Tout.
La mort n’existe pas. Pourquoi aurais-je peur de la mort  ?
Je ne suis qu’un chaînon de vie de la chaîne sans fin de la Vie (Signe 24/5). Avant moi une longue ascendance  ; après moi une longue descendance. Nul besoin de me réincarner, puisque la Vie ne cesse pas. Ce qui va cesser c’est juste ma vie petite, ma vie de sang, d’insignifiante durée, qui n’est qu’une minuscule maille de l’infiniment Étalé  : Yahwé, Dieu, Père, Allah, Brahma, Mazda, le Grand Esprit, Celui à qui l’on a donné une foule de noms, parce qu’Il n’a pas de Nom. Il est la Vie.
« Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme, » énonça Lavoisier, qui ne pensait pas ainsi citer le Créateur Lui-même.
C’est parce que la religion se fait de Dieu et de la mort des idées fausses, que par millions les humains ne croient ni en Dieu ni en l’au-delà. Ils ont raison. Après avoir été témoin des Théophanies d’Arès en 1977, d’une part, et avoir au cours de ces Théophanies volé à travers l’univers (Signe vi/1-4) par devancement de ma mort, d’autre part, j’ai dit et redit que je ne savais plus grand-chose à propos de Dieu et de la mort. Dieu n’est pas le roi et juge souverain absolu qu’on dit et l’au-delà n’est pas une transposition de bonheur (paradis) ou de souffrances (enfer) terrestres. Dieu est Vie et Bien et croire en Dieu est retrouver la Vie (Signe 24/5) et le Bien (12/3, xxxiii/11, xxxviii/3), dont tout humain est une particule, qui peut rester vivante ou se glacer (Signe 2/11, 4/7, 13/4, 16/5, 17/7, 24/1, 28/3, 30/9, 31/12, 33/33), parce que glacé est celui ou ce qui ne peut pas Vivre. Ici commence l’indescriptible, ce dont aucun langage ne peut faire part. La description du processus de la mort dans Le Signe (x
L/12-17) ne concerne que les jours qui suivent l’arrêt du cœur. La Parole ne dit rien sur le plus lointain. Vladimir Jankélévitch disait  : « La mort est le problème par excellence et même, en un sens, le seul problème, » et il ajoutait  : « J’emporterai mon secret, si secret il y a, dans la tombe. » Je lui réponds  : Il n’y a pas de secret  ; il n’y a donc pas de problème  ; il n’y a que de l’inconnu et l’indicible. La mort est simplement autre chose, quand le rien devient le Tout.

Les apôtres Jacques avec son bourdon de pèlerin et André avec sa croix élevant une âme au Ciel(Cathédrale st-André, Bordeaux) (Source : M. Gaborit, Des Hystoires et des couleurs, p. 177-180).

Les apôtres Jacques avec son bourdon de pèlerin et André avec sa croix élevant une âme au Ciel
(Cathédrale st-André, Bordeaux)
Source  : M. Gaborit (Des Histoires et des couleurs, p. 177-180).

Je vais donc passer, un jour, du rien au Tout. La mort est irrévocable pour la totalité des humains, à de rarissimes exceptions près  : Élie échappant à la fosse (Signe 2/10), Jésus ressuscité (Matthieu 28/1/10), qui m’a visité en 1974.
Bouddha, qui n’échapperait pas à la mort, dit  : « Je ne vous ai parlé ni de l’existence, ni de l’inexistence, ni de ce qui n’est ni l’un ni l’autre. Pourquoi n’en ai-je pas parlé  ? Parce que c’est sans rapport avec la vertu, ni avec le fond de la loi (qui sera, Signe 28/8), et ça ne tend pas à la conversion de la volonté, à la cessation du désir, au repos, à l’acquisition des pouvoirs supérieurs, à la sagesse suprême, au Nirvana. » Autrement dit, c’est au-delà des possibilités explicatives et descriptives du langage terrestre. Le Nirvana est la finalité de la pratique bouddhique, l’Éveil (bodhi), mais moi je dis  : C’est la finalité de la pénitence, c’est le Bien sous forme de transcendance, le Bien au-delà de la conception cérébrale, le Bien dans sa conception universelle, ce qui se noie dans le Père de l’Univers(el) (Signe 12/4).
Abraham, premier patriarche, fondateur de la foi en un Dieu unique, est le père des croyants. Le Sein d’Abraham est une très belle image pour une société qui se pense comme un réseau de parentés et qui voit cette image comme l’idéal du Salut (Signe 28/25), la réali­sation ultime de la parenté spirituelle, laquelle prévaut sur la parenté charnelle. Cette primauté est illustrée par Abraham lui-même. La parenté spirituelle est aussi la réunion des croyants des trois religions abrahamiques : judaïsme, christianisme et islam, sur le Sein d’Abraham.
Voyez l’image en-haut  : La paternité univer­selle d’Abraham y est exprimée avec une radicale efficacité, par l’écartement total de ses bras, qui fait de son Sein un lieu généreusement ouvert, et par la bonté du sourire. Il y a là équivalence entre le Salut et la  réunion au Tout dont le Père est le centre universel. On retrouve la même idée dans l’image des apôtres Jacques et André.
Pour moi, la question essentielle concernant l’après-mort est celle de la conscience. On me dit parfois  : « Vous savez ce qu’est la mort, puisque Dieu vous l’a fait vivre (Signe vi/1-5). » Je réponds  : « Il y a quand même une grande différence entre l’au-delà vécu en 1977, dont j’avais conscience dans mon cerveau vivant, et l’au-delà après mon dernier soupir, dont j’ignore quelle conscience j’aurai une fois mon cerveau mort. » Je crois que, quand il ne reste que l’âme, on n’identifie pas du tout de la même façon le noyau fondamental de son être avec sa situation. On fait forcément face à une tout autre réalité. Le soi disparaît probablement pour laisser place à un état d’universalité. On fait irruption dans un tout autre monde et la façon dont on ressent cette nouvelle vie est totalement imperceptible pour des yeux de sang.
Que ferai-je dans l’Univers  ? Puisque je suis une parcelle de la Puissance Créatrice, je contribuerai à la Création sans fin.

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