Depuis toujours le monde se cache de la vérité et ignore ceux qui la disent. Le refus de l’exceptionnel n’a jamais cessé d’être une institution chez les pécheurs.
Quand on me demande : « Que faites-vous dans la vie ? » et que je réponds : « Je suis prophète, » on me regarde comme on regarda Élie, Jérémie, Ézéchiel, comme si j’étais un crapaud aux grands yeux myopes portant un casque à pointe. Si je réponds : « Je retrouve la Vie et j’aide d’autres à retrouver la Vie (Signe 24/5), » on est inquiet et incompréhensif et l’on s’éloigne de moi prudemment. Alors, soucieux de ne pas faire fuir, je réponds : « Je suis pasteur, » ce qui n’est pas vraiment faux, mais qui est vraiment très réducteur.
Quiconque change sa vie (Signe 30/11) pour changer le monde (28/7) vise à retrouver la Vie (24/5). Ce mot est aussi problématique que pénitence (30/10) par rapport à la pénitence de l’Église ou que (vraie) piété (35/6) par rapport à la piété religieuse.
La masse a donné à ces mots des sens confondants, divergents de ceux que leur donne Dieu ou la Vie, d’où se propage éternellement dans tout l’Univers (Signe 12/4) l’impérissable Vie, que la maladie du péché ou du mal a réduite à la périssable vie (2/5, vii/7-10) sur Terre.
De sorte qu’il y a vie et Vie.
Il y a la courte vie de l’éléphant (Signe 36/10), de l’araignée (xiii/12, xL/14), du pécheur (12/3) qui vieillit dès qu’il naît. C’est la vie en masse, le grouillis (iii/2).
Ma vie biologique n’est qu’un soupir, un pâle reflet de la Vie perpétuelle que je m’efforce de retrouver (24/5).
Le grouillis, c’est ça ! Milliards d’évanescents, de pré-défunts orientés
dans l’unique direction du pouvoir, de la loi, de la culture, de l’urne qui pue.
Dans la masse le Vivant n’est pas reconnu.
Être Vivant est pour longtemps encore anormal.

Le grouillis, c’est ça ! Milliards d’évanescents, de pré-défunts orientés dans l’unique direction du pouvoir, de la loi, de la culture, de l’urne qui pue. Dans la masse le Vivant n’est pas reconnu. Être Vivant est pour longtemps encore anormal.
Photo : davide ragusa (Unsplash)
La Vie, dit dans tout son contexte Le Signe, est la seule explication naturelle et rationnelle de l’Univers.
La Terre est dimensionnellement poussière dans l’Univers infini et l’homme est poussière de cette poussière, mais la Vie, qui n’a ni dimensions ni degrés, qui est ou qui n’est pas, qui peut être tout à la fois étalée (Signe ii/4) sur l’infini et réduite au bâton de lumière des Théophanies d’Arès (1977), s’y posa en plénitude jadis.
L’homme, créé libre (Signe 10/10) de choisir (Signe 2/1-5), pour une raison ou pour une autre — qui n’est pas le sujet ici — tua en lui la Vie, n’en gardant qu’un reflet dans le pauvre miroir de la nature. Mais Le Signe rappelle à l’homme qu’il peut retrouver la Vie (24/5).
Quand j’étais athée, ma vie semblait parfaitement adaptée à la vie de masse comme la mouche est adaptée à l’air. Devenu chrétien et ecclésiastique au cours des années 60, je me sentis déjà détaché de la vie de masse, bien que celle-ci m’admît. Mais après que j’eus été témoin d’un Fait Surnaturel vu comme inconcevable, voire même inadmissible par la masse — quarante visites de Jésus, Messager du Père en 1974, puis cinq visites du Père Lui-même en 1977, pfut ! — je fus considéré tantôt comme un esprit dérangé, tantôt comme un escroc.
Puis, quand on sut que je serais ami de Dieu (Signe xxxix/16) et comme Dieu le négateur de la religion, de la politique, de la loi humaine et le prêcheur de la vie quotidienne libre (10/10) comme embryon de la Vie absolue par le Bien accompli (35/6), par l’amour pour tous les hommes, le pardon de toutes les offenses, la paix avec tous et l’intelligence du cœur libre de tous préjugés, on me vit comme un fou dyssocial, on me crucifia sur la moderne croix de la folie, de l’inexistence, voire même de la dangerosité.
Je relève aujourd’hui du degré zéro de la société. Plus inclassable et incommodant que moi il n’est pas.
Mais je suis Vivant ; quelque chose de la Vie est entré en moi.
Selon la masse mon souci ne saurait être l’homme, son bonheur et son salut. Pour la masse je suis discordant, négatif, dangereux. La masse prétend qu’elle n’a de sécurité qu’avec ses chefs et leurs lois et que ce que je déclare Parole du Père ne peut être qu’invention ou rêve. Si j’objecte : « Et les guerres de 1914, 1939 et de Syrie dernièrement n’ont-elles pas été provoquées par les chefs et leurs lois ? », on s’indigne. « La société, me réplique-t-on, ne peut pas vivre sans drapeau, sans croix, sans croissant, sans gouvernement, sans armée, sans tribunaux, sans police ; tout le monde sait que la guerre est un inévitable incident sur la voie sacrée du bonheur social. » Je réponds : « Tout le monde, c’est la masse. Tout le monde est un terme inconnu de la Parole du Créateur. Celle-ci dit : Sois Un ! (Signe xxiv/1) Elle ne dit pas : Sois comme tout le monde. »
La défiance du Signe, donc la mienne envers la masse ne date pas d’hier. Si le Père nous dit qu’il faut retrouver la Vie (Signe 24/5), c’est que ce qu’on appelle ici vie n’est pas la Vie. Les prophètes le rappellent depuis quatre ou cinq millénaires. L’ancrage des prophètes reste sur le Fond (xLiv/1), mais tous les pouvoirs du monde, religieux, politiques, financiers, ont rompu les chaînes qui les reliaient aux vaisseaux (17/3-5), lesquels sont ainsi partis à la dérive vers un monde différent de celui créé par le Père. Ces pouvoirs sont nos adversaires. À preuve, aujourd’hui encore ils ferment hermétiquement devant nous les portes de tout ce qui peut nous aider à changer le monde (28/7).
La Vie est libre (Signe 10/10) de toute religion ou Églises. Je suis croyant, mais libre. Justement parce que je suis libre, je ne fais rien d’inconsidéré, je me sens responsable du Bien tel que le conçoit le Créateur, dont je suis l’Enfant. Mon identité ne repose pas sur des gribouillis dans un registre, mais sur la conscience, qui est la matrice de l’âme. Je n’entretiens aucun rapport institutionnel avec des communautés religieuses, philosophiques ou politiques, même si je regarde avec un intérêt familial tout ce qui se passe chez mes frères humains.
J’ai un idéal spirituel libre, le corridor vers la Vie. J’appartiens à une Assemblée qui se constitue spontanément. Certains me décrivent agnostique, d’autres même incroyant, parce que je ne me plie aux règles d’aucune religion et que j’affirme trouver la Lumière et le Salut et contribuer à changer le monde (Signe 28/7) seulement par ma pénitence qui est une joie pour les hommes pieux (28/25) et en cheminant sur mon sentier vers les Hauteurs (25/4-5).
J’accomplis Le Signe (Signe 31/6), qui ne contraint personne à rien, qui propose seulement à l’humain d’échapper au péché des péchés (38/2) et à la triste fin du spectre (16/17) en pratiquant la pénitence, le Sermon sur la Montagne, cœur de l’Évangile.
« Et Dieu dans tout ça ? me demande-t-on. Dieu n’est pas la Personne, unique en son genre ou bicéphale, ou tricéphale, des religions. Il est Sainteté, Puissance et Lumière en permanence créatrices (Signe 12/4), sur Son Fond est copié mon fond (Genèse 1/26), il est en moi autant qu’il est l’Univers, c’est-à-dire Tout, même le vide entre les astres. Il fait plus qu’exister, donc ; Il est Ce qui est. Mais savoir ce qu’est ou n’est pas Dieu n’est pas plus fondamental que savoir ce que je suis comme homme, car si je n’étais pas, je n’existerais pas, la question ne se poserait pas ; comme je suis je suis et me demander pourquoi je suis ne change rien à ce que je suis.
Mon existence n’est qu’un atome, mais un atome nécessaire de la Vie qui est absolue partout. Aussi conçois-je tout à fait que n’importe quel humain puisse sans l’avoir cru être promis à la vie éternelle.
Voilà qui n’est peut-être pas facile à comprendre. Si vous n’avez pas compris, relisez lentement. Merci.
Cette rarissime méduse Halitrephes vit normalement à de grandes profondeurs (1.000 à 2.000 mètres). On la voit ici filmée exceptionnellement près de la surface au large de la Californie. Elle ne vit pas spirituellement, c’est vrai, elle ne vit que biologiquement, mais sa grande beauté et dans l’immense océan sa solitude font penser à l’unicité de la Vie, la Vie comme nécessité absolue, la Vie sans commencement ni fin, la Vie perpétuelle qui est le Père de la Vie lui-même. Les pécheurs sont des alinéas sur l’inépuisable rouleau de la Vie, où Tout est écrit pour l’Éternité, mais Tout, même avec alinéas, garde son sens. LÉternité que Basile le Grand ne décrivait pas comme temps jamais commencé ni fini, mais intense. C’est parce qu’en tombant dans le Mal ils perdirent le sens de cette intensité, laquelle ne vit que dans le Bien, que les hommes vieillissent, meurent et entraînent dans ce cycle vie-mort tout ce qui respire sur terre.
Mais en triomphant du Mal par le Bien l’homme retrouvera la Vie éternelle, tout simplement Ce qu’on a cassé en mille morceaux appelés : Dieu, le Père, le Créateur, Adonaï, l’Éternel, Allah, Brama, Mazdâ, Grand Esprit, Kidjé Manitou, etc.
© Michel Potay 2018 — Tous droits réservés


Vous pouvez les consulter en cliquant sur ce lien.