Il n’y a pas si longtemps, le porteur d’une mauvaise nouvelle vous préparait en vous posant la main sur l’épaule et disant : « Va falloir être fort (forte, forts)! » Ce porteur de mauvaises nouvelles est devenu le journal quotidien. Il ne vous prépare plus. Il vous jette tout de suite dans l’urne qui pue et qui pue de plus en plus (notre terre, Signe XIX/15) devant laquelle tous les pouvoirs, religieux, politiques ou économiques, tremblent de plus en plus dans leurs manches (XIX/16). Ce monde moderne, miracle de technologie, se déglingue justement sous le poids, le bringuebalement, les broutements, les fuites de sa technologie qui le dévore vivant.
Le journal de ce matin n’apporte que des mauvaises nouvelles, sauf le 80e anniversaire d’Elisabeth II en chapeau bégonia. L’industrie automobile US décline : Ford annonce une perte de 1,2 milliards de $ et la General Motors 323 millions pour le seul premier trimestre 2006. La situation empire au Moyen Orient : en Palestine, en Irak (insoluble impasse politique), en Afghanistan. Les tensions s’aggravent entre l’Occident et l’Iran. Il n’est pas sûr du tout que le passage de Berlusconi à Prodi soit favorable à l’Italie. La visite du président chinois Hu Jintao à George W. Bush tourne au vinaigre à Washington. Au Népal le passage non improbable de la monarchie au maoïsme, dont la guérilla a répandu les idées, n’arrangera sans doute rien dans le pays. En France Chirac et de Villepin au plus bas dans les sondages : 70% d’insatisfaits pour l’un et 73% pour l’autre. Et le pétrole qui monte, qui monte…

Photo : Larry D. Moore, Wikimedia

Photo  : Larry D. Moore (Wikimedia)

Le pétrole a dépassé $74 le baril, grimpe vers $80, atteindra probablement $100 dans quelque temps. C’est la Chine, dont l’industrie croissante a un besoin d’énergie énorme, qui fait de la surenchère. Elle allèche les producteurs de pétrole en offrant de payer des prix tout aussi énormes. Comme la Chine débourse en salaires et frais sociaux exagérément moins que nous Occidentaux, elle a pour l’énergie des disponibilités monétaires dont nous allons bientôt manquer. « Mais non, me dit-on, l’état n’aura qu’à réduire ses taxes sur l’essence et le fuel. » Il le fera sûrement, mais cela n’empêchera pas la pénurie de carburant (certains pays européens ont déjà imprimé des tickets de rationnement), parce que les réserves de pétrole augmenteront moins vite que les besoins de la Chine, de l’Asie et même de l’Afrique un de ces jours. De toute façon, moins de taxes sur l’énergie, c’est moins d’allocations, moins de scolarisation, moins d’équipements et moins de pétrole (qu’il faut payer de toute façon) pour les citoyens. Autrement dit, nous paierons la hausse du pétrole d’une manière ou d’une autre. Sans compter que ça n’arrangera pas le chômage.
En fait, les choses sont beaucoup plus compliquées, mais une brève est une brève. Une bonne façon d’abréger est de rappeler que des doctes analystes, à la fin des années 70, étudiaient Le Signe et me disaient, avec le petit rire avisé des sagaces : « Votre soi-disant révélation annonce pas mal de catastrophes. Pour un bouquin, c’est généralement une garantie de succès, mais ça va contre les réalités économiques. » La situation du monde était plutôt bonne en 1974, c’est vrai. Trente ans plus tard, on voit combien prophétique était cette Parole et combien raisonnable son invitation à changer le monde (Signe 28/7) radicalement.

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© Michel Potay 2006 — Tous droits réservés