Avec de telles représentations de Dieu (le barbu à droite), la religion ne pouvait que rester superstitieuse et générer l'athéisme.De plus, ici (Chapelle Sixtine, Rome), on se demande si c'est Dieu qui crée Adam ou Adam qui crée Dieu. (Source : Michel-Ange, chapelle Sixtine, Public domain, Wikimedia)

Avec de telles représentations de Dieu (le barbu à droite), la religion ne pouvait que rester superstitieuse et générer l’athéisme.
De plus, ici (Chapelle Sixtine, Rome), on se demande si c’est Dieu qui crée Adam ou Adam qui crée Dieu.
Source  : Michel-Ange, chapelle Sixtine (Domaine Public, Wikimedia)

En 1974, quelqu’un me parle par l’intermédiaire de Jésus (Signe 2/15). En 1977, quelqu’un — qui se présente comme le Retour (I/1), il s’agit donc du même — me parle sans intermédiaire cette fois. Il y aura 30 ans en octobre. Quelqu’un qui a généré toute la terre, toute vie, tout homme (4/10) et même l’univers (12/4) et que dire de sa paternité sur moi qu’il a réduit à rien (40/6) pour laver mon cœur (L/1)! Quelqu’un qui craint si peu qu’on le confonde avec un autre qu’il se désigne simplement par Moi ou Je (2/13, XXXVIII/3, etc.). C’est Dieu, oui… et non ! Dès que des mots humains paraissent, le mot Dieu notamment, tout se brouille : Jésus fut fait un Dieu (2/13), mais n’est pas Dieu (32/2), et le flou s’accroît… C’est un Christ qui est Dieu né de Jésus, ce qui, pris au pied de la lettre, paraît dire que Dieu est né de l’imagination d’un homme nommé Jésus d’une femme nommée Marie (32/2). En fait, il s’agit d’autre chose, que l’intelligence d’homme, faible lumignon, ne peut plus comprendre (32/5).
Sages étaient donc les chrétiens antiques avec leur intuition que Jésus avait quelque chose à voir avec Dieu, mais qui se bornaient à cette intuition. Insensée fut donc l’église qui changea l’intuition, où nage la Vérité vivante, en dogme — trinité (23/7, XVIII/1, croix rédemptrice (XXXI/1) —, où la Vérité n’est plus qu’épave attendant son renflouage. Le renfloueur est arrivé, c’est Le Signe. Si l’église, la plus belle récolte de Dieu (14/2-3) avant qu’il moissonne les Pèlerins d’Arès, entend l’Appel (4/4), elle ramènera lentement à la surface l’intuition, la foi d’Abraham, de Jésus, la foi dans le Bien (XXXIII/1) et dans sa servante, la beauté des propos et des actes (12/3). Nous croyons que le Créateur n’a pas vainement parlé à Arès et que la religion s’abandonnera, d’une façon ou d’autre autre, aux mille soleils du Souffle qui fondent (2/14) l’obscur langage du dogme en un langage d’intelligence (23/4), la Vie qui pour l’heure se cache encore sous le désert des mots (24/3-5). L’idée même de Dieu, aujourd’hui largement réfutée, est la première concernée par ce renflouage. En attendant, nous allons voir qu’il n’est pas toujours faux de dire que Dieu sort de l’imagination, mais que Dieu n’en est pas moins vrai.

Avant 1974 je croyais savoir ce qu’était et qui était Dieu. Depuis que j’ai reçu Le Signe je ne sais plus. Je sais seulement, à travers ma faible jugeote spirituelle (32/5), certaines choses qu’il dit comme : La Vérité, c’est que le monde doit changer (28/7), et certaines choses qu’il fait comme trop aimer (12/7) l’homme et créer l’univers sans s’arrêter : Je cours (encore et tout en courant) Je fais mille nouveaux soleils (XXII/12), mais je le soupçonne d’être, de faire et de pouvoir nous donner beaucoup plus.

Le Signe emploie souvent le mot Dieu avec le pomposo religieux ou un sotto voce sceptique, pour nous reprocher de dire « Dieu » à tort et à travers. On comprend que Le Signe préfère le mot Père : Père de l’Univers, Toi seul est Saint (12/4). Dieu se désigne aussi par J’ai, Je suis (Signe II/1)… ou bien c’est Je qui parle (XLVIII/3), qui correspondent exactement au Tu diras : Je suis m’envoie du Livre de L’Exode (3/14). « Où donc dans sa Parole, me demandent certains, J’ai-Je-suis donne-t-il la liste de ce qu’il a et de ce qu’il est, afin qu’on puisse plus sûrement l’identifier ? » Je réponds : « Il n’y a pas de liste, parce que, possesseur et être absolu, le Père a et est absolument. » Cette réponse, je le sais, sent l’argument plus que la lumière. Elle rappelle les arguments ontologiques ou téléologiques des théistes et déistes. Par exemple celui-ci, aussi creux que fameux : « Dieu existe parce qu’il est nécessaire, » que j’estimais faux quand j’étais un communiste athée, puis vrai après que je fus devenu chrétien vers 1962, et que depuis 1974 je pense vrai et faux, Dieu étant pour moi nécessaire, puisque je l’ai vu (37/3), mais restant non nécessaire pour les très nombreux qui disent que j’ai eu la berlue.
À propos de communiste athée, mes enfants se souvenant que j’avais beaucoup affectionné René Char dans ma jeunesse m’ont offert, pour mes 78 ans, ses œuvres complètes (La Pléiade). J’y retrouverai sûrement, quand j’aurai le temps de relire Char, quelques protestations de son athéisme, que je partageais. J’en cite une de mémoire : Les hommes se sont cuisiné Dieu et l’ont garni — plutôt mal que bien, notait-il — de leurs phantasmes… Char fut quand même un très grand poète, une intelligence et une sensibilité de haute qualité, preuve qu’on peut être un homme de bien, quoiqu’on ne reconnaisse pas la Voix de Dieu (28/1-12).
Heidegger et Sartre, à l’existentialisme desquels Le Signe ajoute et ajoute décisivement son propre existentialisme, étaient-ils athées ? Oui, répond le prêtre, le pasteur, le rabbin, l’imam. Non, répond le Pèlerin d’Arès. Heidegger et Sartre réfutaient le Dieu de la religion, mais Le Signe, qui n’est pas athée tant s’en faut, le réfute encore plus. Heidegger parlait d’une réalité ultime, mais atteignable : l’Être. Sartre, lui, s’il jugeait impossible l’idée religieuse de Dieu maître et providence de l’homme, parce que cette idée nie l’évidence du libre choix humain, n’aurait pas réfuté le Dieu qui confirme cette évidence en disant : Adam a choisi… (2/1-5). Le Signe ne contredit pas non plus chez Sartre l’idée que l’essence ne peut pas avoir été créée avant l’existence — « L’Existence Précède l’Essence » —, parce que l’homme peut à tout moment « décider de son projet fondamental, » qui pour les Pèlerins d’Arès est le salut personnel et celui du monde, et peut même « décider de son propre caractère, » ce que s’efforcent de faire les Pèlerins d’Arès par la pénitence.
Hegel disait — dans sa « Petite Logique, » je crois — que ce qui fait la finité des choses et des êtres, c’est que leur existence se distingue de leur notion, mais que, s’agissant de Dieu, la pensée et l’existence, la notion et l’être, sont inséparables. Je crois que Dieu se reconnaît à ça et se reconnaît à ça dans l’homme même. À défaut de preuve de Dieu, Hegel donna ce que je crois être la bonne façon de le repérer, sa juste image (Genèse 1/26-27), le Tout indivisible qu’est l’être et la pensée de Dieu, ce tout que le pénitent retrouve en retrouvant l’image de son Créateur. Dieu, finalement, est d’abord expérience.
Dieu est expérience pour moi, le témoin du Signe, mais il l’a été, il l’est, il le sera, pour beaucoup d’autres de multiples façons, prodigieuses ou très discrètes. Seulement voilà, la plupart ont caché leur expérience (2/16-18) à un monde d’idées reçues psycho-socio-politiques où parler librement de Dieu passe pour aussi « irresponsable » et « insupportable » que de parler d’amour absolu ou de liberté absolue entre les hommes. C’est pourquoi Le Signe rappelle en substance que ne pas prouver Dieu est sans importance, parce que le but, c’est le Bien. D’ailleurs, qui court après le Bien court après Dieu, même inconsciemment. Les Pèlerins d’Arès recherchent le Bien par la pénitence, mais en dehors d’eux une myriade d’hommes n’en ont cure et les croyants parmi eux ne réalisent même pas qu’ainsi ils font moins qu’ignorer tout de Dieu, ils vivent dans le vide — De là le besoin de théâtre religieux pour remplir ce vide et l’angoisse devant le vide de la mort —. Expliquer ou prouver Dieu n’apporte rien à l’homme qui ignore le Bien. Le petit reste de pénitents qui moissonnent d’autres pénitents ne peut mieux remplir sa mission qu’en testant chez les hommes leur intérêt pour le Bien. La conscience de Dieu viendra ensuite et la connaissance de Dieu plus tard encore.

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