Le pénitent éloigne, outre le mal identifiable,ses masques et ses catalyseurs. la peur du monde entre autres. (© Estate of Jean-Michel Basquiat Licensed by Artestar, New York, © 2023 The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Licensed by ADAGP, Paris Crédit photographique : Courtesy Nicola Erni Collection, © Reto Pedrini Photography)

Le pénitent éloigne, outre le mal identifiable, ses masques et ses catalyseurs. la peur du monde entre autres.
(© Estate of Jean-Michel Basquiat Licensed by Artestar, New York, © 2023 The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Licensed by ADAGP, Paris Crédit photographique  : Courtesy Nicola Erni Collection, © Reto Pedrini Photography)

Le sens général du Signe est bien connu. C’est le Fond, que voici résumé  :
Le salut individuel ne vient pas par la foi et la prière, mais par l’effort d’accomplir le bien, et le changement du monde en bien ne résultera que de la propagation des saluts individuels.
Mais c’est par le Fond des Fonds, le non-dit, que les pénitents acquièrent l’Œil (Signe xxxiv/6) par lequel ils distinguent le spirituel de l’éthique et comprennent que, oui, le bien est au mal ce que le blanc est au noir, mais attention, l’homme bon, image du Sublime (Genèse1/7) se lassera du bien s’il ne le sublime pas, s’il n’y introduit pas les couleurs, qualités et forces, qui donnent à l’Univers cette sublimité, cette Sainteté, que le Père l’invite à partager (Signe 12/4).
Corollairement, un similaire approfondissement de l’idée de mal affine la perception qu’en a le pénitent  ; le Fond des Fonds attire son attention sur des remous et des ombres, qui ne sont pas le mal, mais de dangereux catalyseurs du mal comme la peur (Signe xxiv/3, xLv/6).
Que celui qui a des yeux pour voir voie  ! Celui qui retrouve l’intelligence spirituelle voit que, si la foi et la prière ne donnent pas le salut, elles instruisent et fortifient puissamment l’irremplaçable ouvrier du bien qu’est le pénitent et qu’elles aident notamment à éloigner de l’âme la peur qui rode autour comme un loup rusé (Signe 22/2).

Je n’entends pas par peur l’effroi, souvent un salutaire réflexe.
La peur d’aimer et de pardonner des personnes et des actes réputés détestables et impardonnables ou la peur de témoigner dans des circonstances qui permettraient le témoignage sont des peurs qu’il faut vaincre absolument, mais ces peurs-là tracassent assez le pénitent pour ne jamais être inconscientes.
Je parle ici de la peur permanente non perturbante et même confortable, parce qu’elle suit la normalité du quotidien. Je parle, par exemple, de la peur de la morale en vigueur, des chefs et des lois.
Cette peur-là, vous ne la vaincrez pas en vous par la révolte — la révolte n’est qu’imprudence et violence  —, mais par la délivrance intérieure, la sérénité, la force, qui vous maintiennent conscient de la mission civilisatrice que vous confie Le Signe et prêt à changer quelque chose dans le monde quand les occasions s’en présentent.

Le bien n’a rien à voir avec la morale — Et de quelle morale sortirait-il  ? De la morale catholique, républicaine, fasciste, communiste, eskimo, papoue  ?.— Le bien n’a rien à voir avec la loi, non plus — Et quelle loi parmi toutes celles en vigueur sur terre  ? — Le bien a à voir avec la création. Il devrait être création continue de l’homme comme l’Univers est création continue du Père (Signe 12/4, xxii/12), mais chez l’homme, depuis Adam (Signe 2/1-5, vii/13), cette création s’est annulée ici, a rétrogradé là, s’est dénaturée ailleurs sous la patte des princes et de leurs personnels serviles (Signe 3/4), des hypocrites(12/8, 21/3, 28/8) et rationalistes aujourd’hui triomphants qui réduisent l’humanité à une animalité pensante sans honneur ni magnanimité et maintenue en état de peur.
Certes, mieux vaut pénitence peureuse que pas de pénitence, comme mieux vaut avancer essoufflé que ne pas avancer, mais la pénitence sans peur trouve la plénitude de sa puissance.

Prenons la peur des princes du culte (Signe 1/4, 2/9-17… 36/21), la peur des princes du culte de la religion, du culte de la politique, du culte de la loi, etc. de tous les cultes que Le Signe ramène à une seule et même engeance (1/7, 4/2) génératrice du pouvoir et de la peur qu’il inspire.
Les princes ne disparaîtront pas demain, mais la peur que nous en avons peut disparaître aujourd’hui si, soufflant sur la braise de notre intelligence spirituelle (32/5) pour la raviver, nous comprenons quelques réalités fondamentales, par exemple celle-ci  : L’agriculture nous nourrit, la menuiserie nous meuble, la maçonnerie nous loge, la musique nous égaie, la médecine nous soigne  ; c’est leur consistance venue de savoirs, prouvés et inchangeables, qui n’ont pas besoin de faire peur pour exister, mais la politique, la loi, la religion ne sont nulle part prouvées et de ce fait ont continuellement changé  ; ainsi  inconsistantes, elles se réduisent à un seul savoir, celui qu’ont les princes pour être princes, pour faire peur à des hommes qui en savent cent fois plus qu’eux sur la vie.
Le pouvoir et la loi visent à notre «  sécurité  » et notre «  bien  », non à notre soumission, déclarent nos princes aujourd’hui plus bruyamment que jamais. Donc, plus l’homme, assagi par l’expérience des siècles, s’améliorerait, s’éduquerait, se pacifierait, se policerait, plus il engendrerait d’insécurité  ? D’où, pour son «  bien  », les interdictions, obligations, surveillances, répressions, contrôles, les dramatisations et criminalisation des débordements de vie, le laminage qui uniforme tout et menace génie, créativité, conscience… Qui croira jamais que le voile ou la burqa de certaines de nos sœurs humaines ou que trois mètres carrés de plus que le COS — coefficient d’occupation des sols — ne le permet dans votre nouvelle construction menacent notre «  sécurité  » et notre «  bien  »  ?

Mais le plus préoccupant pour nos âmes est un paradoxe fondamentalement pernicieux. Alors que, pénitents, nous sommes censés retrouver notre intelligence (Signe 32/5), nous abandonnons à la politique le pouvoir de prévoir pour nous les contingences de l’Histoire, autrement dit l’avenir, ce qui est inintelligent. Nous attribuons à la politique le pouvoir même du Père ou de son image (Genèse 1/27), que la politique n’est pas. À preuve les circonstances innombrables où la politique s’avère incapable de prévisions justes. Au XXe siècle, deux guerres mondiales — 80 millions de morts et d’énormes ruines — et le communisme dictatorial réduisant en quasi-esclavage 400 millions d’Européens sont deux exemples titanesques et dramatiques de l’incompétence politique. Des peuples non politisés peuvent se montrer belliqueux, mais seuls les peuples hautement politisés peuvent réunir des moyens de répression et destruction massives.
Nous ne changerons pas le monde (Signe 28/7) en nous confiant à ses pouvoirs. Par ailleurs, l’anarchie n’a pas dans l’Histoire prouvé ses capacités. Pourtant, le Père dit  : Tu ne seras le chef de personne (Signe 16/1), et prophétise que c’est d’un noyau spirituel sans pouvoirs que viendra le salut universel. Nous avons donc à beaucoup faire réfléchir nos cerveaux pénitents, à beaucoup aimer le monde et faire évoluer nos concepts pour trouver la troisième voie. Commençons par préparer notre terrain intérieur en éteignant en nous la peur de la morale, des chefs et des lois.

En 1987 eut lieu la première mission «  L’Œil S’Ouvre  » à Bordeaux conclue par une grande conférence publique à L’Athénée. Je commençai mon allocution par  : «  N’ayez pas peur  !  » Le public me fixa, interloqué. Je poursuivis  : «  Homme, n’aie pas peur de changer ta vie (Signe 30/11 et de te créer une âme. C’est elle, l’âme, qui par ta bouche appellera le monde à la vie spirituelle, la seule solution quand surviendra la crise des crises. Car elle surviendra […] Le Signe n’appelle pas l’homme à se révolter, contrairement à ce que disent les rumeurs, mais à remplacer le culte de ses chères idées religieuses, philosophiques et politiques par l’accomplissement du Bien. La révolte engendre seulement de nouveaux pouvoirs pas meilleurs que les précédents, mais par la pénitence d’un petit reste d’humains bons, aimants, libres et assez intelligents pour rester vigilants même quand la Bête disparaîtra derrière l’horizon faute de raisons d’exister (Signe 22/14), l’horloge du temps et même la mort s’arrêteront (Signe 31/8-12). N’ayez pas peur  ! Le mal dont vous cessez d’avoir peur est déjà comme vaincu au fond de vous  ! Où meurt votre peur renaît la Vie. Le monde n’est jamais loin de changer dès que vous n’en avez plus peur  !  »

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