
Photo : Iqro Rinaldi (Unsplash)
Le surpeuplement a deux conséquences, l’appauvrissement et la déspiritualisation.
La pauvreté et plus encore sa prématuration : la peur de la pauvreté, sous-jacente aux agitations sociales comme celle d’octobre 2010, sont deux composantes de cette faiblesses immenses, cause d’endurcissement matérialiste, que notre mission affronte et dont elle devra de plus en plus tenir compte (Signe 36/5).
J’eus déjà cette question à l’esprit entre 1974 et 1977, quand le Père attendait que j’aie compris ce que m’avait dit Jésus avant de descendre Lui-même me parler.
Cette question me poursuit aujourd’hui, surtout au moment où j’apprends que le nombre des pays très pauvres a doublé depuis 1970 et celui des individus vivant dans la misère, tous pays confondus, a également doublé depuis 1980 (Rapport de l’ONU, 2010).
Voyez Haïti ! Un frère haïtien depuis près de vingt ans s’efforce d’y faire entendre Le Signe comme la Lumière et la solution. Sans résultat. La raison ? « Comme les animaux en surnombre mes compatriotes ne pensent qu’à survivre, » me dit ce Haïtien, un jour au Pèlerinage.
Au taux de natalité impressionnant de 28 contre un taux de décès de seulement 9, il y a maintenant 9.500.000 Haïtiens pour un pays vingt fois plus petit que la France. C’est comme si la France sur son étroit hexagone devait nourrir, scolariser, soigner, bref, faire vivre 190.000.000 habitants, la population du Brésil ! Survivre serait en France — comme c’est en Haïti — si essentiel que l’existentiel et le spirituel y seraient impossibles ; les gens seraient réduits aux expédients, leur attente politique à la quête de quelque main de fer et leurs soucis métaphysiques aux espoirs superstitieux et païens.
Si l’on me dit que les Français, qui ne sont encore que 63.000.000, montrent déjà une déspiritualisation due non à la pauvreté, mais au matérialisme, je réponds que j’ai observé l’Histoire et bien vu que toujours et partout une progression démographique continue commence par installer le matérialisme avant que n’apparaissent le surpeuplement et la pauvreté. La pauvreté ensuite endurcit le matérialisme en asphyxiant les restes de ressources existentielles et spirituelles sous l’urgence de survivre.
Au reste, gardons à l’esprit que le sentiment de pauvreté et plus encore la peur de la pauvreté sont relatifs à un étalon imaginaire de manque (un Français se sent pauvre là où un Haïtien se sent aisé), cause d’inquiétude qui réduit, en attendant qu’elle la dévore (péché des péché, Signe 38/2), l’image du Créateur (Genèse 1/26-27) dans l’homme.
Le surpeuplement et ses détresses s’installent dans le monde insensiblement.
L’humanité trouve même le moyen d’accélérer et de perfectionner son autodestruction : Allocations familiales, etc — Oh là là ! Je n’ai pas fini de passer pour un vilain « facho réac » —. Je comprends les soucis des familles nombreuses, vu le coût élevé de la vie, mais puis-je ne pas me demander comment spiritualiser une humanité qui, proliférant infiniment plus vite que ses ressources, se déspiritualise ?
Aporisme ? Le Père se serait-il égaré en lançant son Appel de 1974-1977 ? Je réponds oui, si je rationnalise. Je réponds non, si ma foi prévaut. La foi comme Einstein extrapole et atteint à la relativité qu’est la Vérité absolue. C’est pourquoi aucune utopie n’a été résolue sans foi.
Or, c’est une utopie de taille qu’il me fallut méditer et admettre après ces mots fatidiques : « Désormais tu es Mon Messager, tu n’es plus rien pour toi-même (Signe 40/6, 13 avril 1974), » quand le Créateur cessa de m’envoyer son Messager Jésus, que je ne devais plus apercevoir qu’une seule fois, sous les éclairs d’un orage nocturne, le 5 juillet 1977 (« Les Piliers de la Pénitence », Le Pèlerin d’Arès n°1 1978, p.53).
Du 13 avril 1974 au 2 octobre 1977, je n’eus d’autre secours spirituel et moral que celui de ma conscience. Ce fut de ma vie la période la plus tourmentée : Quarante mois de lutte intérieure et d’irrésolutions et résolutions se succédant.
Mon tourment n’était pas de doute fondamental : L’événement surnaturel de 1974 n’avait été que trop réel, j’en avais compris le sens et j’avais édité « L’Evangile Donné à Arès » dès septembre 1974.
Mon tourment était de renoncement à tout ce que à quoi j’avais cru et qui avait fait mon bonheur, mais beaucoup plus d’autocritique, de constat de ma piètre valeur et de mes risibles moyens matériels face à l’hydre d’une humanité en rapide prolifération sociologique et technologique. Cependant, je devinai que le Père ne pouvait pas envoyer un petit reste de pénitents, des avortons (Signe 23/1), à l’assaut de la citadelle du monde (Signe 13/7-8) avec quelque chance de Victoire, si la citadelle ne présentait pas un point faible. Je cherchai ce point faible en lisant et relisant L’Évangile Donné à Arès et son contexte entier finit par me parler. Comme le fameux Pasteur Thomas Malthus, qui avait compris, à l’approche de l’an 1800, que l’humanité subirait tôt ou tard pauvreté et détresses matérielles et morales, parce que sa population s’accroissait beaucoup plus vite que ses ressources, je compris que le Père en personne appelait l’homme à la pénitence à l’approche de l’an 2000, parce que le mal allait empirer et s’étendre plus vite avec le surpeuplement, mais allait inversement causer à l’humanité un affaiblissement de ses garde-fous politiques, religieux et économiques.
C’est alors que je réalisai que l’intensité de ma foi en la Parole que j’avais reçue du Messager Jésus et la qualité de ma pénitence allaient compter plus que des raisonnements fondés sur les nombres et les forces terrestres, parce qu’après tout celles-ci n’avaient jamais résolu le problème du mal quand la terre était encore peu peuplée. Je compris que le mal serait vaincu non par des sacrements ou des lois, mais dans le cœur de l’homme et, pour commencer, dans mon cœur. Alors, ma pénitence devint plus profonde et vaillante, parce que j’avais enfin compris qu’il n’existait qu’un seul cœur humain, dont mon propre cœur ne serait qu’une molécule.
Non seulement tous les hommes sont frères, qu’ils le sachent ou non, qu’ils le veuillent ou non, mais encore dans la discorde et l’inégalité comme dans la concorde et l’égalité ils forment une seule et unique chair — Comme Adam et Ève furent une seule chair (Genèse 2/23-24) et c’est pourquoi l’adultère brise beaucoup plus qu’un couple, l’humanité, comme un meurtre tue plus qu’un homme, toute l’humanité ! Vérité, même si la rappeler au monde n’est pas une moindre gageure pour notre mission.
Si au moins un petit reste de pénitents devient d’abord une seule chair, puis ensuite une seule âme, la polone (Signe xxxix/12-13), ils formeront un seul cœur. Alors, ils vaincront le mal, ce mal même qu’aggrave chaque jour le surpeuplement, et feront se lever le grand Jour (Signe 31/8) du Bien rétabli.
Quatre générations de pénitents n’y suffiront pas (Signe 24/2), car l’humanité revient de loin, des obscurs bas-fonds du péché, et nous-mêmes, Pèlerins d’Arès de cette première génération, sommes plus qu’imparfaits, mais c’est cette pénitence transformatrice et unificatrice menée sans découragement (Signe 13/8) qui nous caractérise.
Tout cela, je le compris donc très tôt, entre 1974 et 1977, et malgré les tourments que tout cela me donna, je me mis à rassembler un petit reste de pénitents (24/1) sous les ramparts de la citadelle surpeuplée.
© Michel Potay 2010 — Tous droits réservés


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