
Céline nettoie la tournette (xxxvi/9) en mai 2010 (photo prise par sœur Christiane pendant le ménage de printemps des Saints Lieux d’Arès)
© Christiane et Nina Potay
Céline, ma sœur, vous venez d’entrer dans le déjà grand panthéon de tous les frères et sœurs qui nous ont précédés dans la mort.
C’est au milieu d’eux que je dis ma prière de nuit. M’agenouillant, je les appelle : « Venez autour de moi ! Venez Alphonsine, Eugénie, les Pierre, les Claude, Michel, les Bernard, etc. ! (avalanche de noms). Prions ensemble ! »
Cela je le racontais hier 27 décembre au micro du crématorium de Montussan devant tous ceux venus vous dire adieu, Céline, alors que moi, je venais vous dire bonjour, parce que je vais désormais vous dire beaucoup de bonjours. Alors, je vis les regards des incrédules, nombreux, me fixer comme un attardé.
Je n’avais pas préparé de discours.
Rentré de voyage quatre heures auparavant, je dis simplement ce que je vivais et pensais.
Je ne parlai ni comme un religieux, ni comme un nécrologue bien comme il faut du XXIe siècle, mais comme un Pèlerin d’Arès, comme quelqu’un de complètement nouveau mentalement pour la majorité de l’assistance.
Votre famille, vos amis, vos collègues, Céline, comprirent que je ne croyais ni au paradis ni à l’enfer, mais que pour moi le monde des vivants et le monde des morts, c’est tout un, parce que nous sommes tous en transition, soit des vivants qui vont mourir, soit des morts qui attendent de redevenir vivants au Jour où triomphera le Bien, et parce que ce qui nous sépare est léger, un simple voile d’invisibilité entre la chair et les étendues infinies de l’univers.
Bien aimée et respectée Céline, d’un côté je comprends l’immense chagrin de votre époux, parce que j’imagine sans mal mon propre chagrin si je perdais mon épouse Christiane. D’un autre côté, je ne peux pas faire mortification (Signe 33/32-34) pour vous spécialement parce que je fais mortification déjà, en permanence, pour tous mes frères et sœurs défunts.
Contraint au travail jusqu’à mon dernier souffle : missionnaire, épistolier, blogger, administrateur, je ne peux pas manger moins que je ne mange, dormir moins que je ne dors, bref, faire plus simple, plus mortifiant que je ne fais.
Alors ma mortification à moi, c’est ma prière de nuit que je vais désormais faire avec vous, Céline, en plus de Catherine, Maximin, Sylvie, Reine, Raoul, Maurice, Armand, Caroline, etc. (avalanche de noms).
Mais parmi les défunts que je ne cite plus tous, parce qu’ils sont beaucoup depuis 1974, vous allez tenir une place à part dans mes pensées.
Votre pénitence, votre mission, votre dévouement à accomplir Le Signe m’étaient plus sensibles, parce que vous étiez plus proche de moi, de sorte que sous mon regard limité, partial, injuste, qui ne peut pas voir tous ceux qui vous valent ou vous dépassent, vous étiez plus remarquable, un chouchou… Vous étiez à l’œuvre pour retrouver la Vie (Signe 24/5), comme fait tout Pèlerin d’Arès, et vous continuerez d’œuvrer pour retrouver la Vie, parce que cette Vie vous concerne autant là où vous êtes maintenant qu’elle nous concerne ici bas.
Alors, bonne année Céline, dans votre nouveau séjour !
Travaillons ensemble !
Que le Père de l’univers vous donne un peu de sa Puissance et de sa Lumière (Signe 12/4) pour nous aider dans cette tâche que nous accomplissons si difficilement dans l’obscurité du monde qui, si on l’observe bien, est déjà à cause du péché comme une tombe. De ce fait, Céline et nous humains, nous ne sommes vraiment pas loin l’un de l’autre.
© Michel Potay 2012 — Tous droits réservés


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