Celui qui me sauve du feu n'a plus ni visage,ni nationalité, ni religion. C'est mon sauveur. Je dois voir ainsi mon prochain. (Photo : Jarden Bellamkonda, Unsplash)

Celui qui me sauve du feu n’a plus ni visage, ni nationalité, ni religion. C’est mon sauveur. Je dois voir ainsi mon prochain.
Photo  : Jarden Bellamkonda (Unsplash)

Bonne année, prochain  !
Qui est mon prochain  ?
C’est apparemment simple  mon prochain, c’est l’autre.
Oui, mais l’altérité est infinie, tellement qu’elle est opaque  ! Qui est l’autre, enfin  ?
L’autre vu sur l’étendue du monde et dans toutes les circonstances est tellement divers, infini ou indéfini en tous points, que je me surprends à voir quantité d’autres dont je doute que chacun d’eux soit bien mon prochain.
En 1492, l’année même où Christophe Colomb découvre l’Amérique dont nous Européens allons massacrer tous les Caraïbes et Peaux Rouges, Isabelle la Catholique expulse les Juifs d’Espagne. Le Caraïbe, le Peau Rouge ou le Juif n’est pas le prochain d’un Européen.
Vingt-et-un ans plus tard, en 1517, Martin Luther fonde le protestantisme. Le Catholique et le Réformé vont s’entretuer ou se nuire pendant des siècles. Le Protestant n’est pas le prochain du Catholique et vice-versa.
Même enfin résignés à des religions différentes, les européens ne connaissent pas l’amour  : On ne s’intéresse vraiment à l’autre, en, somme, que pour le détruire et de cela il n’y a encore que 100 ans : guerre de 1914-1918, 70 ans  : Auschwitz, ou 25 ans : le Goulag, etc. Peu de temps, en fait, presque rien à l’échelle de l’Histoire.

Par exemple, M. Sarkozy hier ou M. Hollande aujourd’hui. Est-il mon prochain, dès lors que je ne peux pas penser à lui sans appréhension  ? J’ai la franchise non de douter du principe évangélique, mais de douter que je sache réellement ce qu’est mon prochain chaque fois que je pense à un homme pour qui l’homme de Dieu que je suis compte moins que son chien. J’ai encore à apprendre ce qu’est l’autre pour moi.
L’altérité est toujours le repli de chacun sur soi, sur sa famille, sur son village, sur ses idées, simplement pour exister, dès qu’on n’existe pas pour l’autre.
Oh  ! les humanistes n’ont pas manqué pour m’appeler à l’amour, de Jésus à Érasme, à Albert Camus… dans les livres.
Mais, dans la réalité, je ne suis pas sûr que les choses aillent mieux.
Elles ne vont mieux qu’en apparence. L’autre prend mon travail, il met ses sales pieds sur les sièges de mon train ou de mon bus, il prend mes allocations familiales et ma sécurité sociale. Les « sorcières de mon voisinage », comme disait Montaigne, sont encore là, avec leurs voiles sur la tête, leurs boubous ou leurs langues de commères.
Quand je pense à la quantité de gens qui s’intéressent à leurs chiens, à leurs chats ou aux extraterrestres avant de s’intéresser à leur prochain.

Tout bien considéré, le prochain est encore quelqu’un à créer dans mon esprit.
Alors, vraiment, ce n’est pas du luxe que de souhaiter à mon prochain de naître en moi chaque jour en 2013 et à ma mission de répandre infatigablement deux idées concomitantes  : Il faut être pénitent, c’est-à-dire aimer, pardonner, faire la paix, chercher l’intelligence et la liberté spirituelle, et il faut que les pénitents cherchent d’autres pénitents et ainsi de suite en chaîne au cours des générations qui viennent.
C’est le Message fondamental du Signe.
Le travail ne va pas manquer à mes vieilles années.

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