
Photo : Tani Eisenstei (Unsplash)
Dans Le Signe le mot bonheur est rare.
C’est que le bonheur y est partout, en fait.
Il est l’air invisible que respire son lecteur.
Comme l’univers dans le télescope astronomique, le bonheur est le Grand Tout vers quoi la Parole nous mène.
Pourquoi changer le monde (Signe 28/7), si ce n’est pour aboutir au bonheur ?
Le bonheur est la Raison même qui active notre foi.
Le mot heureux est plus rare encore dans Le Signe.
Au verset (28/15-22) heureux qualifie un seul et même type de croyant, celui ou celle qui reste indéfectiblement pénitent dans les dures circonstances dont parlent les béatitudes : le scandale, la pauvreté, la servitude, la faim et l’injustice, tout en gardant vertu, amour, paix, générosité dans le partage.
Bonheur désigne au verset (9/6) le bonheur intime des époux ; en (37/9) le bonheur gardé dans la peine ; en (xxvi/12) le bonheur gardé dans les épreuves.
C’est seulement au verset (36/23) qu’il évoque le bonheur au sens absolu : Le bonheur ne se mesure pas en années mais en éternité. Tout est là ; pas besoin de développement. Le bonheur absolu et éternel est celui auquel je pense en intitulant cette entrée bonheur.
Le monde, lui, depuis la nuit des temps utilise le mot bonheur continuellement et sous toutes les formes possibles et imaginables. La chaîne de télévision M6 a présenté le 31 janvier une émission « J’ai décidé d’être heureux » et annonce une prochaine émission « Le bonheur, ça s’apprend. » Non les prostituées, mais les marchands de bonheur forment à mon avis le plus vieux métier du monde.
Le philosophe moderne Vincent Cespedes, auteur de « Je t’aime, une autre politique de l’amour » s’insurge contre les « marchants de bonheurisme » mais il ne fait que rejoindre tous ceux qui, depuis des millénaires, prétendent que le bonheur n’est qu’une question d’apprentissage ou de recette, ou comme le pensent les poètes une évasion des réalités, une question d’exaltation ou d’euphorie.
Un autre philosophe moderne, Pascal Bruckner, écrit antinomiquement : « J’aime trop la vie pour ne vouloir qu’être heureux, » ce qui ne signifie rien, mais lui permet de publier une sentence qui le distingue. Bref, sur terre on ne parle, et particulièrement à tort et à travers, que de bonheur relatif ou momentané.
Nous Pèlerins d’Arès ne refusons pas les moments de bonheur de nos vies terrestres, mais nous visons au bonheur absolu, éternel, dans ses prémices que sont les joie et fête de la pénitence (Signe 30/10-11), et par là nous déroutons ceux qui ne voient le bonheur que comme une ivresse ou un enchantement du moment sans rapport avec la pénitence, triste à leurs yeux autant qu’elle est joyeuse à nos yeux.
Nous sommes heureux dans la pénitence et par là nous sommes déjà ailleurs.
Nous savons que le sentier qui monte au bonheur absolu n’est pas celui des chercheurs de bonheur terrestre. En fait, nous acceptons le bonheur terrestre comme le bonheur absolu, mais nous ne les confondons pas.
Nous savons que le bonheur absolu, qui fut celui d’Adam dans le Jardin d’Éden, ne se mesure pas en années mais en éternité (Signe 36/23), c’est la Vie en absence totale de souci, de maladie, de vieillissement et de mort.
La Vie au-delà de la vie.
© Michel Potay 2013 — Tous droits réservés


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