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Le monde est usé. C’est une cause de grandes difficultés missionnaires.
Nous nous efforçons de faire écouter par des hommes déçus, désacralisés, qui ne s’engagent plus hors du cadre très étroit de leurs vies personnelles, un Appel sacré qui sollicite un courageux engagement.
Non qu’ils ne s’interrogent plus sur des questions de fond, mais celles-ci ne se transforment plus en action. Refus de mettre en avant ses espérances, de les exposer sur la place publique, de changer sa vie (Signe 30/11).

Depuis quelques décennies, je ne cesse pas d’être intrigué par cette humanité qui, quoiqu’elle soit de plus en plus inquiète de son avenir, de l’avenir de ses enfants et petits-enfants, pratique l’esquive.
L’Occidental se dissimule à ses adversaires  : la religion chrétienne quoique mourante, la politique incapable, la loi qui entrave la vie bien plus qu’elle ne l’aide  ; il préfère se soumettre à eux  ; il a peur de s’en détacher ouvertement, s’enterre dans le non-dit et l’inertie.

Quelle sécurité l’homme espère-t-il de sa pusillanimité  ? Sécurité naufragée en 1914-1918 et 1939-1945, re-naufragée plus lentement mais plus profondément encore dans la guerre économique actuelle  ? L’homme actuel est issu de générations qui ont connu en 100 ans dix fois plus de désastres et d’épreuves que leurs ancêtres n’en avaient jamais subis en un siècle. Moi-même, né en 1929, je réalise que le monde de mon enfance a disparu sans laisser de traces. J’ai, par surcroît, l’impression de finir ma vie comme un criminel face à des hommes qui me prennent pour un idéologue dangereux, quand je suis, comme le furent tous les messagers du Père, un initiateur d’âmes libres sauvées.
Loin de me désespérer, cette situation me rend avide du grand retournement dont Le Signe me fait voir la possibilité depuis 1974. Jamais je n’ai aussi bien compris qu’aujourd’hui ce que le Père veut dire par  : La Vérité, c’est que le monde doit changer (Signe 28/7). Mais pourquoi si peu d’hommes le comprennent-ils  ?

Je cours d’autant moins après ma lointaine jeunesse que je me sens jeune. J’ai grand besoin de cette force, d’ailleurs. Décider les hommes déspiritualités, indécis, sceptiques, à se libérer par le canal spirituel, quel travail  ! Changer le monde, où rien n’est plus ferme ni stable, où tout est maintenant ambigu et indéterminé, un monde qui glisse aveuglément vers le péché des péchés (Signe 38/2), voilà le défi qu’ont relevé les Pèlerins d’Arès. Nous sommes encore peu écoutés, oui, mais nous sommes partis dans une quête opiniâtre de la liberté absolue, que la pénitence nous assurera. Nous l’avons parfaitement compris et les hommes et femmes du dehors le comprendront lentement, mais sûrement.

Nous voulons une planète sans passeports (Signe 22/11), sans loi des rats (xix/24) sans autre tribunal (16/13, 21/7) que notre conscience (Dieu ou le Bien en nous). Nous voulons l’amour, le pardon, la légèreté de l’intelligence contre la politique qui complique et alourdit de plus en plus la vie, les échanges, la gestion, la « justice ». Les pieds gouvernementaux et administratifs chaussent des godillots de fer pour faire plier la nuque de l’homme, le forcer au destin qu’ils veulent pour lui. L’homme s’écrase, sa résistance au destin d’animal dompté qu’on leur fait est presque nulle  ; cela dépasse toute explication rationnelle. Les raisons que les gens de la rue nous donnent, quand ils en donnent, de leur résistance nulle, ne clarifient rien. Ils nous semblent tous soumis et pourtant quand on leur demande  : « Êtes-vous soumis par civisme  ? », ils ne répondent pas « Oui ». Le doute leur fait secouer la tête. On devine qu’ils sont des rebelles refoulés, des chiens battus qui ne mordent plus.
Ils ne mordent plus et c’est bien, parce que mordre ne sert à rien. L’Histoire l’a démontré. Mais si l’on donne une autre façon de se libérer et de trouver le bonheur à ces humains usés psychologiquement  ? Ils sont peut-être devenus lâches tout simplement convaincus du triomphe définitif du rationalisme politique et matérialiste partout, alors que celui-ci s’approche tout au contraire du pied du mur où il va échouer, incapable de faire gravir ce mur à une humanité qu’il a épuisée en lui enlevant tout idéal. Mais il reste un idéal, que nous crions aux hommes de saisir pour y puiser des forces libératrices, c’est celui du Signe.
C’est pourquoi plus l’horizon politique et économique s’obscurcit, plus braves et espérants nous devons être.

Ce monde a encore des couleurs, cachées mais vivantes. Dans ce monde chacun se croit obligé de prendre parti pour ou contre la gauche, la droite ou le centre — « Votez  ! » crie la propagande politique, même si ce pour quoi nous voudrions voter n’existe pas ou n’existe plus —. De plus en plus de gens réalisent que ce privilège de leur citoyenneté les encâble et que des tendeurs invisibles tendent les câbles. Les virtuoses de l’ironie cynique et de la diffraction sont à l’œuvre, nous font croire que plus notre espace de liberté se réduit plus nous approchons de l’infini et de la lumière. De là vient que les abstentionnistes sont de plus en plus nombreux. Jamais l’inanité des discours n’a été plus visible. Jamais notre mission de Vérité n’a été plus nécessaire pour redonner aux hommes le sens de la réalité.
La pénitence peut redonner à chaque homme sa liberté.
Aussi faut-il prêcher la pénitence sans relâche.

Expliquons et ré-expliquons ce que le Père entend par pénitence, clé de la resacralisation, de la libération.

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© Michel Potay 2013 — Tous droits réservés