Prudence ! La laïcité politique est un totem.
Agenouillez-vous devant et elle fait de vous
exactement ce qu’elle prétend écarter :
une religion !

Source : Roses_Street (Pixabay)
Rien n’a jamais été plus laïc qu’Éden. Pas la moindre trace de religion dans sa description (Genèse ch.1 et 2).
Rien n’est plus laïc que Le Signe et ce qu’il nous demande d’installer sur terre : le Bien éminemment laïc.
La pénitence (Signe 30/10-11) que nous prêchons depuis plus de quarante ans est l’inverse absolu de l’idéologie ; la pénitence est laïque, neutre, parce que c’est à être libres de tout préjugé que nous porte Le Signe.
Or, ce qui est clair dans Le Signe ne semble pas aussi clair dans la République.
La foi n’est pas nécessairement une idéologie — à preuve la foi des Pèlerins d’Arès —, mais une idéologie, déiste ou athée, confessionnelle ou politique, est nécessairement une religion. Elle engendre partisanerie, suffisance, puis hautaineté et violence. Venue d’en-haut : croisades, inquisition, goulag, chambres à gaz, ou venue d’en-bas : Hashashins (mot dont dérive « assassin »), Ravaillac, les destructeurs du World Trade Center, les Kouachi, pour n’en citer qu’une poignée, la violence, quand elle n’est pas pathologique, a pour origine une idéologie.
Cela signifie que si la laïcité devient à son tour une idéologie ou une loi, elle engendre les mêmes calamités et prolonge la nuit du Mal.
La vraie laïcité doit être aussi naturelle que la vie.
À l’Assemblée Nationale, le 13 janvier, le premier ministre Valls tape des poings et tonne : « Seul enjeu important : la laïcité ! La laïcité ! La laïcité, qui est le cœur de la République… un gage d’unité et de tolérance ! » La laïcité de M. Valls peut être un gage d’unité, flou quoique bien intentionné aussi longtemps qu’il ne tourne pas en idéologie ou en loi imposée aux citoyens, c.-à-d. un danger. Mais elle n’est pas un gage de tolérance. « Charlie Hebdo » ajoute au discours de M. Valls : « Dire ‘Je suis Charlie’ c’est dire ‘Je suis la laïcité’… Pas la laïcité positive [?] Pas la laïcité inclusive [?] Pas la laïcité je-ne-sais-quoi, la laïcité point final. Elle seule permet l’exercice de la l’égalité, de la liberté et de la fraternité. » Où était la fraternité dans la caricature de Mahomet que « Charlie Hebdo » publiait dans son numéro spécial de janvier ?
La loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État déclare la laïcité du pouvoir ; elle ne déclare pas la laïcité des citoyens. Mais ce principe reste brouillé, quand l’État par la loi de 2004 interdit le voile aux Musulmanes et par la loi de 2010 leur interdit la burqa. Le fossé entre laïcité et liberté est alors très visible : L’État respecte-t-il les consciences des Musulmanes en leur interdisant de porter voile et burqua ? J’en doute.
Le pouvoir a raison d’inviter les citoyens à ne pas voir les assassins de « Charlie Hebdo » et de l’Hypermarché Casher comme des laïcs mais comme des sacrificateurs religieux. Mais dans ce crime sont seulement impliqués 3 violents au milieu de 65.000.000 Français et il faut calmer le zèle de certains députés qui préconisent une extension de la loi de 1905 pour considérer tous les croyants militants comme de possibles fanatiques. Si la laïcité devenait un outil légal de discrimination entre incroyance et croyances, qu’en serait-il de la liberté de conscience ?
La politique ne peut pas définir la laïcité. On ne peut la définir que par le Bien et la pénitence qui y conduit, tels que les neutralise totalement Le Signe. Il serait temps que le gouvernement français porte enfin son regard vers nous Pèlerins d’Arès et nous aide à répandre l’idée de la neutralité du Bien et des voies qui y mènent l’homme. Nous avons quarante ans d’expérience de mission laïque, en prêchant l’effort personnel de bien au lieu de promettre miséricorde, miracles, secours et justice d’En-Haut ; de sorte que nous connaissons les difficultés de prêcher une foi constructive au lieu d’une foi réceptive à une société qui, quoique se vantant d’être rationaliste, attend toujours la pâtée.
Certes, croire est un verbe dynamique. Croire engendre une action, qui pour nous Pèlerins d’Arès est tant la quête privée que la propagation publique du Bien par la pénitence. Tout ce qui est dynamique est risqué. La Création, Œuvre du Tout Autre, comme nous le croyons, ou de la nature, comme la masse le pense, a été une prise de risques. De même, le Bien et la liberté sans risque ne seraient plus le Bien et la liberté
Aussi, vous gens de gouvernement, vous prendrez des risques en nous faisant confiance, mais vous en prendriez de beaucoup plus grands en imposant la laïcité par une loi. Vous planteriez un totem face auquel la population devrait communier, vous institueriez une religion obligatoire qui pour finir serait totalement contraire à ce que rechercheriez et à ce que dit Le Signe.
Vous gens de gouvernement allez me dire que Le Signe invite l’humanité à se délivrer de tous les pouvoirs idéologiques allégorisés par les princes du culte — culte religieux, culte politique, culte financier, culte rationaliste —, le roi blanc (religion) comme le roi noir (politique, affaires, argent, etc.), tous les chefs et leurs guetteurs(Signe xLv/11). et vous allez me rétorquer : « Nous ne pouvons pas appeler à l’aide les Pèlerins d’Arès qui espèrent notre disparition. » Je réponds : « C’est vrai, mais nous n’en sommes pas là. Pourquoi pour le moment ne pas faire un bout de chemin ensemble ? »
Faisons la laïcité aussi naturelle que la vie.
© Michel Potay 2015 — Tous droits réservés


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