
Source : https://d-maps.com/
Je sais les arguments par quoi on vante le soi-disant progrès que constitueraient les grandes masses nationales.
Or, c’est très contestable.
Faut-il rappeler, pour ne citer que la France où Le Signe a été donnée, que la révolution de 1789 n’a pas rendu leur liberté aux petites ethnies annexées de force depuis des siècles au royaume qu’elle renversait ?
La république s’est approprié le pouvoir total sur le territoire total dont avant elle s’étaient emparé les engances princières (Signe 1/7).
L’injustice et l’inconséquence, de plus en plus visible, de cet agglomérat livré à la gloutonnerie du pouvoir politique, au nom de quoi pouvons-nous nous y opposer aujourd’hui ?
Au nom du Signe,
La pénitence — l’amour, le pardon, la paix, l’intelligence du cœur et la condition humaine absolument libre — à laquelle le Père appelle ne peut être idéalement vécue que dans des petits groupes humains.
Comment peuvent subsister avec bonheur des petites unités souveraines ? Je ne me suis pas beaucoup intéressé aux quelque 400 micronations, beaucoup éphémères et peu sérieuses, ou à la trentaine de micro-états (Malte, Andorre, Islande, Îles Cook, etc.). Je me suis surtout penché sur deux modèles très différents de nations : L’une tout à fait souveraine religieusement : les Juifs étroitement unis dans la confession la plus libre du monde, le judaïsme et son « insoumission sans âge, proprement immémoriale » (Bernard-Henri Lévy), mais pas du tout souveraine économiquement, totalement dispersée. L’autre moins éloignée de mon idée de petite économie souveraine : Les petits cantons historiques de la Confédération Helvétique ou Suisse, qui sont des états souverains. J’ai pu y faire un voyage d’étude en octobre 2015 grâce au dévouement d’un couple de Pèlerins d’Arès suisses.
La modernité sociale n’est pas dans la grande masse. La lutte séculaire contre l’idôlatrie de la politique, voire même du pouvoir ne peut être menée avec succès que dans les petites nations, dont le Père dit qu’elles reviendront vers Lui (Signe 28/21). Les petits cantons suisses ne sont certes pas peuplés de pénitents, mais quand, s’inspirant de leur modèle concret, existeront des petites économies souveraines de pénitents, le Jour de Dieu (31/8) pourrait bien ne plus tarder.
Je livre aux lecteurs du blog les notes in extenso que j’ai prises sur place. Cinquante pages 14,5×21 de notes manuscrites sans structuration de texte avec des répétitions qu’on me pardonnera, mais je pense que telles quelles sont, ces notes portent la lumière de la sincérité et d’une réflexion qui n’a pas cessé où que je fusse autour du Lac des 4-Cantons. Ceci dit, un homme de mon âge sait que c’est toujours à travers ses propres œuvres et habitudes que l’esprit rencontre la vérité et commet ses erreurs. Alain disait que pour penser juste, il faut « jeter des ponts sur des abîmes ». Aussi, n’ayant jamais mis les pieds dans la Suisse historique centrale avant 2015, j’ai filtré mes observations à travers mon propos crible et j’ai pu mal évaluer certaines choses. Mais enfin, il faut bien commencer par quelque chose !
NOTES PRISES LORS MON VOYAGE DANS LES CANTONS HISTORIQUES SUISSES EN 2015 :
Schwytz (dans la confédération depuis 1291) 146.000 habitants
Uri (dans la confédération depuis 1291) 35.000 habitants
Nidwald (dans la confédération depuis 1291) 41.000 habitants
Obwald (dans la confédération depuis 1291) 35.000 habitants
Lucerne (dans la confédération depuis 1332) 377.000 habitants
Zoug (dans la confédération depuis 1352) 113.000 habitants
Glaris (dans la confédération depuis 1352) 38.000 habitants
Tous ces cantons sont des petites unités humaines. Chacune d’elles est une nation totalement souveraine faisant partie de la Confédération Helvétique.
Toute organisation humaine ne me paraît justifiable que pour des objectifs très limités. L’homme doit être absolument libre (Signe 10/10) — liberté pour laquelle il a été créé — ; aussi la société ne peut-elle garantir la liberté qu’en unités réduites libres.
La politique comme la religion n’est qu’une affaire professionnelle. On est ministre, sénateur ou député comme ailleurs on est évêque, rabbin, prêtre, pasteur, imam, ayatollah, gourou. Or, si la politique ne devait être que la bonne gestion de la société, elle devrait être le fait de n’importe qui et non le fait d’initiés, de professionnels. Que la politique comme la religion ne soit plus qu’une fonction d’initiés donne aux autres, aux administrés, le droit à la curiosité. La gestion de la société ne devrait reposer que sur quelques règles de bon sens simples. Ce n’est plus le cas parce que les nations sont trop grandes, trop nombreuses, trop diversifiées à l’intérieur d’elles-mêmes.
Pour que l’homme pèse sainement les conditions de son bonheur, il doit percevoir clairement sa situation au milieu de sa société. Cela ne peut pas se faire hors d’une petite unité humaine.
Je ne peux pas exercer mon droit à la curiosité si je vis dans une nation trop nombreuse et par là même inévitablement trop complexe, sinon compliquée. Des hommes ont compris cela il y a longtemps et pour maintenir leur droit à la curiosité ils doivent réduire leur habitat à des petites unités humaines. Cela me semble être le cas des Suisses des Cantons…..
© Michel Potay 2017 — Tous droits réservés


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