Nous du petit reste croyons en Le Signe en oubliant parfois que nous avons besoin comme apôtres d’être crus nous-mêmes.
Plus encore, nous espérons mais en oubliant que nous sommes espérés.

La désespérance est un vaisseau mort (Photo : fauve othon, Unsplash)

La désespérance est un vaisseau mort
Photo  : fauve othon (Unsplash)

L'espérance est sous la voile de l'âme un vaisseau vivant (Photo : Kristel Hayes, Unsplash)

L’espérance est sous la voile de l’âme un vaisseau vivant
Photo  : Kristel Hayes (Unsplash)

Le langage est toujours insuffisant.
Chacun de nous ressent sous un même mot quelque chose « d’autre », qui fait que chacun, au fond, a sa propre langue, sa propre compréhension de ce qui est dit. De là l’inévitable part d’incommunicabilité ou de difficulté d’entente entre humains.
De sorte que pour certaines personnes foi et espérance signifient la même chose, par exemple la non-possession consciente de vérités que par ailleurs ils croient voir exister sans preuve.
Mais pour le témoin du Père que je suis foi et espérance ne signifient pas la même chose.

La foi est ce que j’ai avec preuve.
L’espérance est ce que je n’ai pas, mais que je pourrais avoir
sans preuve que je l’aurai un jour.

J’ai la foi parce que j’ai tout à la fois Le Signe et sa preuve, puisqu’elle m’a été dictée sonorement par Jésus, Messager du Père, puis par le Père Lui-même, tous deux venus physiquement du Ciel.
J’ai la foi, parce que j’ai la preuve du Père de l’Univers (Signe 12/4) qui s’est manifesté à moi dans une fantastique conflagration et qui m’a parlé.
J’ai la foi, parce que j’ai acquis la vraie piété (Signe 31/6) et la preuve qu’en prononçant la Parole je me rappelle effectivement chaque jour mon indissoluble lien avec le Tout et le Tout Autre, l’Univers, la Vie.
J’ai la foi, parce que je pratique la pénitence (Signe 30/10-11) qui m’a permis de vraiment changer ma vie et qu’ainsi j’ai la preuve qu’un homme peut changer.

Espérance évoque ce que je ne peux qu’espérer avoir déjà sans certitude  : mon âme (Signe 4/4-8, 17/4) ou mon salut (11/2, 17/6, 32/4) par exemple, parce que je ne peux jamais être sûr que ma pénitence soit suffisante.
Aussi, si la foi est mon état évident, l’espérance n’est-elle pour moi que tension, mouvement vers le but.
L’espérance est un grand et merveilleux voyage dont je connais le but, mais pas les péripéties.

Les Pèlerins d’Arès ne fêtent pas la naissance de Jésus à Noël, parce que rien ne dit qu’il naquit un 25 décembre. Il naquit plutôt aux beaux jours selon plusieurs indices. Mais pour les Pèlerins d’Arès Noël célèbre l’espérance. L’espérance était déjà célébrée dans l’Antiquité au solstice d’hiver quand allait croître la lumière du jour  : On donnait aux pauvres, on accordait aux esclaves un moment où les maîtres les servaient, on comblait les enfants parce qu’ils représentaient l’espérance par excellence. Les hommes antiques manifestaient déjà l’espérance qu’un jour il n’y aurait plus de misère, d’esclavage, de malheur et que la vie serait une enfance heureuse sans fin.
Inversement, dix siècles plus tard, Dante Alighieri dans sa « Divine Comédie » imaginerait au-dessus du portail de l’Enfer une pancarte disant  : « Abandonnez toute espérance, vous qui entrez  ! » Il appliquerait à espérance le sens que lui donnerait la théologie de l’époque, chrétienne ou musulmane. L’enfer était alors vu comme éternel. Quelle absurde disproportion entre un péché ou quelques péchés sur terre, même terribles, et une atroce douleur éternelle  ! Invraisemblance qui dure encore à notre époque moderne, où minoritaires sont encore les croyants qui réfléchissent à cette absurdité avec l’intelligence du cœur (Signe 32/5).
J’ignore quel sera mon sort quand mon cœur s’arrêtera, mais j’espère qu’il sera clément, parce que l’espérance des humains n’est autre que le miroir de l’Espérance du Père, Laquelle est généreuse.
« Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme, » dit Anaxagore vers 440 avant Jésus-Christ, termes repris par Lavoisier vers 1780. En effet, tout est en transformation perpétuelle (Signe xxii/12) dans l’Univers du Père (12/4).
Donc, tout est perpétuelle espérance dans la Création.

L’angoisse, la peur, l’affliction, le rationalisme, marquent des manques ou des problèmes d’espérance. L’espérance apparaît à l’intersection de la santé et de la maladie, de l’heur et du malheur, de la vie et de la mort. L’espérance, telle que je l’entends, n’appartient pas à ceux qui ne se fient qu’à ce qu’ils voient, qu’à ce qu’ils sentent ou qu’aux probabilités mathématiques. Voir et sentir froidement ou calculer, c’est se résigner. L’espérance n’appartient qu’à ceux qui crient dans le désert, qui chantent dans la détresse, qui tiennent bon dans la tempête.

Tous les grands obstinés, Brutus, Colomb, Zénon,
Ont ce mot flamboyant qui luit sous leur paupière  :
Espérance  ! — Il entr’ouvre une bouche de pierre
Dans l’enclos formidable où les morts ont leur lit,
Et voilà que don Juan pétrifié pâlit  !
Il fait le marbre spectre, il fait l’homme statue.
Il frappe, il blesse, il marque, il ressuscite, il tue  ;
Nemrod dit  : « Guerre  ! » alors, du Gange à l’Illissus,
Le fer luit, le sang coule. « Aimez-vous  ! » dit Jésus.
Et ce mot à jamais brille et se réverbère
Dans le vaste univers, sur tous, sur toi, Tibère,
Dans les cieux, sur les fleurs, sur l’homme rajeuni,
Comme le flamboiement d’amour de l’infini  !
(« Les Contemplations ») Victor Hugo

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