Le Pèlerin d’Arès du petit reste (Signe 24/1) ne s’enferme pas dans des spéculations abstraites ou dogmatiques. Il s’efforce d’accomplir la Parole (35/6) d’Arès. Autant qu’il le peut — chaque Pèlerin d’Arès selon ses moyens —, il est pénitent et moissonneur. Comme pénitent il aime son prochain, c.-à-d. tous les hommes, pardonne toutes les offenses, fait la paix avec tous, tâche d’avoir l’intelligence du cœur libre de tous préjugés ; c’est simple et clair. Comme moissonneur — ou apôtre ou missionnaire — il cherche d’autres pénitents moissonneurs ; mais là il fonce dans le brouillard, qui ne se dissipera pas avant plusieurs générations (24/2), parce que l’humanité qu’est aujourd’hui le Champ (14/1, 35/1, 38/1-3) missionnaire est descendue à un niveau alarmant d’inconscience, de confusion, d’insignifiance et superficialité, quand ce n’est pas de méchanceté. Mais, mes frères et sœurs, courage ! On les aura !
Le Père n’appellerait pas à la pénitence et à la moisson, si l’humain n’avait pas de dispositions naturelles à l’amour, au pardon, à la paix, à l’intelligence spirituelle libre de préjugés et à l’apostolat.
Oui, mais dans quelles proportions ces dispositions naturelles sont-elles encore actives ? Constante incertitude.
Si la personne que rencontre l’apôtre possède encore ces dispositions naturelles, il s’agit d’un épi (Signe 13/7, 14/1-3, 31/6, 35/1). Encore l’apôtre ou moissonneur doit-il tomber dessus ! Incertitude du hasard. Une fois rencontré, l’épi s’avère généralement insuffisamment mûri (5/2, 6/4) et devra, s’il rejoint le petit reste, être déterminé à mûrir sans cesse, à être un toujours meilleur pénitent et moissonneur.
Si — cas commun — la personne que rencontre l’apôtre a perdu par trop de ces dispositions naturelles et si elle accepte d’être convertie (Signe 30/12), elle devra vouloir changer entièrement ou presque. Le changement exige alors d’elle tant de volonté que souvent cette personne abandonne ou s’agrège mal au petit reste et peut rester parmi nous comme un perpétuel prosélyte.

Job comme tout humain n’a ni vocation ni volonté de misère et de maladie. Cependant, il semble tout subir avec une pieuse résignation. En fait, il y a chez lui des traces profondes de voulu et des traces profondes de naturel dans des proportions à jamais inconnues. Job est un cas limite de pénitence. De là sa rédemption dès ce monde !
Source : Job, tableau de Léon Bonnat, 1880 (Domaine Public, Wikimedia)
Le voulu s’oppose aux inclinations négatives que sont
les mœurs,
la paresse,
la nervosité,
les idées reçues, etc.
L’Histoire longue et sombre a réduit l’humain à l’obnubilation, qu’elle soit religieuse, rationaliste ou neutre. Le poids de la culture est énorme. La part de naturel et la part de voulu varient inévitablement selon les individus.
La science tend à prétendre que la psychologie n’obéirait à rien d’autre qu’au naturel de chaque humain, de sorte qu’elle affaiblit plus encore spirituellement et mentalement la volonté de l’homme qui prend cette relativité pour une vérité absolue..
Le prophétisme tout au long l’Histoire a dû faire face à ce problème.
La pénitence n’est pas la morale.
La morale est un ensemble de prescriptions établies comme si toutes les réponses avaient déjà été données aux questions du bien et du mal. La pénitence, elle, recherche le triomphe du Bien sur le Mal.
Le Bien ne consiste pas à respecter une morale ; il vise à la Loi Qui vient (Signe 28/7) : Ne faire de tort à personne, aimer tout le monde, pardonner toutes les offenses, être libre de tous préjugés. De ce fait, la pénitence est unique ; elle peut être pratiquée par des humains vivant dans des milieux moraux très divers.
Les « gens sérieux » de tout poil, rationalistes, matérialistes, croyants ou incroyants, évitent d’expliquer pourquoi ils trouvent les Pèlerins d’Arès crédules, enfantins, stupides de croire en Le Signe et aussi cagots et même plus ou moins artificieux en prêchant la force recréatrice de la pénitence. On se demande pourquoi, parce que les rationalistes et matérialistes, croyants ou incroyants, ne parviennent pas à consolider le monde qu’ils prétendent construire ; tout ce qu’ils ont cru construire leur file entre les doigts, est sans cesse remis en question. Ils veulent un monde sans « croyances », alors qu’ils croient eux-mêmes à des chimères. C’est ici qu’on perçoit clairement l’abîme qui se creuse entre le monde (celui qu’il faut changer, Signe 28/7) et les Pèlerins d’Arès, pénitents et moissonneurs qui apparemment se comportent, s’habillent, travaillent, parlent comme fait n’importe qui, mais dont la vie intérieure et les perspectives sont presque totalement opposées.
Rationalistes et matérialistes ont déteint sur la masse. Comme eux la masse veut maintenant un monde sans attaches spirituelles ni Source immuable. Elle nie toute présence invisible agissante, humaine ou extrahumaine. Comme si toutes les réponses aux grands problèmes métaphysique avaient été données. Aveugle au fait que la question du Bien et du Mal est de plus en plus pertinente, la masse refuse de buter contre cette réalité trop troublante. La masse croit que tout peut être solutionné par la politique et les lois, par le légal et l’illégal. On n’a pas idée de l’abîme que cela creuse entre la masse et nous, un abîme qui explique pourquoi nous sommes encore peu écoutés.
La science triomphante (Signe 26/11, 33/8) — si différente de la science absolue — produit des sons, des notes, mais la musique, qui la produit ? La science triomphante peut dire comment est acoustiquement construit un opéra de Mozart, mais pourquoi Mozart a du génie, nous émerveille, nous rend heureux, seule la science absolue pourra le dire quand on l’aura sortie de prison. La science triomphante peut décrire le ciel, nommer et numéroter les astres, mais expliquer mon émerveillement quand je lève les yeux une belle nuit d’été, elle ne le peut. Quelle est la relation entre le naturel et le voulu ? La science triomphante ne peut pas le dire non plus et son incapacité explique la schizophrénie du monde.
J’ai trouvé la foi vers 1963. Quelles furent alors chez moi la part du naturel et la part du voulu ? Pour le communiste impie que j’étais, état acquis de mon père communiste, glisser aux grandes question métaphysiques — Que suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ? — ne fut pas une action nette et immédiate. Ce fut lent et indécis. J’avais compris par l’observation de faits socio-politiques que je n’avais cru qu’en des demi-vérités, je devinais qu’il n’y avait pas d’issue radicale au Mal, mais j’étais très loin de ce que Le Signe quelque dix ans plus tard appellerait découverte de la Vie (24/5) par la pénitence (30/11-13). Je commençais cependant à comprendre que certains humains sur Terre avaient de bonnes raisons de croire en l’origine surnaturelle de la vie humaine et d’autres de ne pas croire dans le Surnaturel barbu et les saints au plafond de la Chapelle Sixtine.
Qu’est-ce qui dans ma foi, jaillie du tréfonds de mon être au début des années 60, fut naturel et qu’est-ce qui par la suite serait voulu ? C’est inchiffrable, parce que ces choses se passent dans un brouillard qui sur la terre des pécheurs ne se dissipe jamais. Comme humain j’étais, même en étant incroyant, image et ressemblance du Créateur (Genèse 1/26) et ma foi, quand elle prit corps, était donc naturelle, mais étant aussi la foi d’un pécheur, elle ne pouvait qu’être partiellement naturelle. Le vide, la part sans foi en moi, je dus pour la remplir décider d’accepter les leçons de la Bible et de l’Église en 1964, puis le Message de Vérité en 1974 et 1977.
Mystérieux sont le comportement du vivant et celui du Vivant (Signe 24/5) ! Saurai-je jamais pourquoi pour séduire la paonne le paon fait la roue alors que le colibri tout autrement se pare d’une superbe couleur violette pour séduire la colibrette ? Tous deux sont des oiseaux, cependant. Saurais-je jamais pourquoi je plus à mon épouse Christiane quand je la rencontrai en 1966, alors que je déplaisais à d’autres ? Saurais-je jamais pourquoi le Père m’envoya Jésus en 1974 puis vint à moi Lui-même en 1977 ? Et pourquoi ne visita-t-Il pas chacun des autres humains de la Terre et les laissa-t-Il dans l’ignorance ? Pas de réponse. Et pourquoi, me concernant, cette singularité pour moi inintelligible : Avant que tu n’entres dans le ventre maternel, Je t’avais élu (4/3). Encore ne s’agit-il que d’une disposition de départ, car ensuite je pouvais refuser la Parole du Créateur, je pouvais rebrousser chemin, revenir sur mes pas (39/6). Mystérieuse confrontation de la divine Puissance (12/4) et de l’humaine liberté (10/10), aussi mystérieuse que le naturel et le voulu..
Ceux qui prétendent que le sentiment du vrai et du faux, du juste et de l’injuste est naturel se trompent ; ils font passer leur ignorance pour du savoir. Il faut aussi du voulu pour discriminer entre quelque chose et son contraire. Et c’est là que notre divinité surgit ! C’est là que nous voyons que les injustes et les cruels de la terre ne sont ni injustes ni cruels à leurs propres yeux et que la seule façon de résoudre ce hiatus est l’amour. Tout ce qui tend à faire oublier les contraires est réducteur et dangereux en masquant l’urgente nécessité d’aimer, pardonner, faire la paix, libérer sur une Terre en train de s’autodétruire. Dieu ne condamne pas Adam pour son mauvais choix (Signe 2/1-5) ; Dieu ne fait que déplorer ce mauvais choix et il nous demande’ de le réparer. C’est tout. Pourquoi ? Vraisemblablement parce que Lui-même a Sa Part de Naturel et Sa Part de Voulu. L’épisode du Déluge (Genèse 7, 8 et 9) le montre.
© Michel Potay 2018 — Tous droits réservés


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